mercredi 29 décembre 2010

 
L'écrivain et le poète ne sont pas des théoriciens, des analystes littéraires encore moins.
Ils utilisent des figures de style, des techniques narratives ou rhétoriques, bien sûr, mais jamais, au grand jamais, ils ne sont conscients d'être en train de les utiliser, à peine en connaissent-ils le nom ou en soupçonnent-ils l'existence...

lundi 27 décembre 2010

 
Un écrivain ne devrait jamais s'abaisser à commenter ou expliquer ses productions.
 

mercredi 22 décembre 2010

VESTIGES ATAVIQUES APRÈS LA PLUIE



Salvador Dalí, Vestiges ataviques après la pluie, 1934




Que reste-t-il
De nos amours
Après la pluie
Et après avoir

Bu l'eau des
Fleuves de l'Oubli
La pluie est venue
Tant de fois

Et j'ai bu tant de
Cette eau que je
Redoute à présent
La vue de la moindre

Goutte d'or annonçant
L'heure proche d'une nouvelle
Mort pour un des tristes corps
Qu'il m'ait été donné

D'incarner et dont
Je ne me souviens
Parfois au détour
D'une sombre ruelle

Ou au plus profond
D'un songe que m'offrent
Par erreur le sommeil
Et la nuit je croise

Un regard un sourire un parfum
Qui me rappelle un être
Que je sais avoir aimé
Si fort et dont le simple

Nom m'a été ôté
Pour l'Éternité
Se souvenir
Est insupportable

Mais
Oublier
L'est
Tout autant
   

Certitudes

  
La certitude est la seule incertitude permanente de l'esprit humain.
  
Les certitudes sont le pire obstacle sur le chemin de la Vérité.
  
Ce que je considère aujourd'hui comme certain fera rire aux éclats les millions de générations qui se succéderont après moi.
 
 
Les germes du bonheur ?
L'oubli et le pardon...
 

Le plus triste des joueurs d'échecs ?
Celui qui joue pour gagner...


Le plus grand des génies est le génie qui s'ignore.

mardi 21 décembre 2010

 
La plus grande erreur qu'un joueur d'échecs puisse commettre ?
Penser qu'il est le maître du jeu !
 
 
Le Monde est un  vaste échiquier où les pions que nous sommes sont déplacés d'une main experte par les forces du destin.


Si je n'existe pas, je ne peux pas souffrir.
Voilà sans doute pourquoi le non-être est un état préférable à l'être.
 
 
Le bon berger
prend grand soin
de son troupeau
avant de le mener
à l'abattoir
  

Une armée de fantômes
aux Portes des Ténèbres
attend son heure
 

samedi 18 décembre 2010


L'inspiration est le secret le mieux gardé de l'esprit humain.
 

La dernière analyse aux rayons X de la Joconde vient de nous révéler son véritable et ultime secret : il s'agissait tout simplement d'une peinture par numéros.
 

L'Art est quelque chose qui dépasse la volonté et la raison de l'artiste.


La poésie est un souffle qui vient du plus profond de nos êtres ; c'est sans doute pour cela qu'il n'existera jamais d'écoles de poésie, de théorie poétique absolue, figée, de quelconque forme de perfection poétique.

jeudi 16 décembre 2010


Les mots sont gouttes
d'eau qui un jour
peuvent devenir
ruisseau torrent

fleuve voire océan
capable de terrasser
le plus puissant
des Empires

comme de caresser
les hanches
d'une plage
de sable doré


Un vieux souvenir traine au fond de ma mémoire,
Et ce doit être lui qui me dit : "Quelque part..."
 

Les mots coulent comme un ruisseau dans la vallée
de nos souvenirs
 

Si Mike Tyson te mord l'oreille gauche, lui tendras-tu la droite ?
 

Le huitième nain



Nous savons tous que les Trois Mousquetaires étaient quatre, mais qui connaît le nom du huitième nain ?

 

vendredi 10 décembre 2010

Désir


Caresses
Chaleur
Tendresse
Douceur
Toi
Moi
Nous
Quelques rires fous
Des souvenirs flous
Un rêve
Une espérance
Une vie
Des envies
Des larmes de bonheur
Ton odeur au creux de mon cœur
Ton sourire ravi
Tes désirs assouvis
Toi
Moi
Nous
Tout
Simplement


Des aveugles qui guident d'autres aveugles... Voilà tout ce que nous sommes, et tout ce que nous pouvons prétendre devenir.
 

vendredi 3 décembre 2010

The Sad Queen


In the North of Norway, in a land covered all the year by a thick snow mantle, a graceful and youthful princess was crying the death of her prince, speared in a battle versus the troops of the Kingdom of Denmark.

Ten years later, the Sad Queen was still crying and all the Norwegian people was very worried about her strange behaviour.
She said that a phantom was coming every night, at midnight, to kiss her voluptuous lips, and she was thinking that it was the spectre of her beloved lord and master... She had never wanted to remarry, and she was ruling alone in the old old castle of her resignedness.

On the day of the national holiday, the spokeswoman of the royal family reported the frightful news which spoiled the celebrations: the queen hanged herself in a lost chapel of the gloomy area of Lyngsfjellan. Some people say that, since this day, every night at midnight, some joyful laughter can be heard in this place...




Notre cœur
est
le vitrail
de
l'Univers



et bat
au son
de la 
lumière
divine



lundi 29 novembre 2010


Il est des passions dévorantes qui naissent au cœur des nuits glacées
et qui font fondre l'amas poudreux de nos trop longues solitudes

Cornélius Farouk mène l'enquête



Cornélius Farouk découvrit le corps inanimé de Lorretta Smith gisant au milieu du salon style Louis XV, avec un chandelier maculé de sang à ses côtés...

Le cendrier d'ivoire posé sur une petite table en chêne était rempli de mégots de quatre marques de cigarettes. Deux tasses à moitié vides lui tenaient compagnie. Une troisième, à moitié pleine, était posée sur le rebord de la fenêtre qui donnait sur une petite cour tout ornée de géraniums et de lys d'un rose sanguin...
Dans le grand parc du domaine familial, les branches des pêchers et des cerisiers ployaient sous le faix des fruits murs et du lourd soleil de la fin de cette après-midi de fin d'été indien.

Cornélius Farouk, comme à son habitude, se torturait l'esprit pour comprendre... Aucun détail ne lui échappait jamais, c'est d'ailleurs pour cela qu'on faisait appel à lui quand tous étaient prêts à jeter l'éponge.

Pour une fois, il était un des premiers sur les lieux du crime, un peu par hasard, puisqu'il promenait son chien, un grand boudin blanc aux raisins nommé Hortense, non loin de là... Il avait reconnu John John, un jeune inspecteur plein d'avenir et quelque peu prétentieux, qui fumait un cigare cubain de contrebande fabriqué à Munich, devant la grille de la riche propriété...
Le lacet gauche de la chaussure de daim beige de Lorretta Smith n'était pas noué... La montre qu'elle portait au poignet droit indiquait 14h34. Il regarda la sienne : 14h36. Est-ce la mienne qui avance, ou la sienne qui retarde, se demanda-t-il ?

Lorretta Smith était l'héritière de la famille Smith, qui fit fortune grâce au génie d'Archibald Smith, qui fut le premier, en 1847, à avoir l'idée de mettre les cornichons en bocaux et les sardines en boîtes.

La première personne que Cornélius Farouk interrogea fut Nestor, le jardinier. C'était un homme grand, aux tempes grisonnantes. Il travaillait pour la famille Smith depuis qu'il était sorti de prison, en 1998... Une sombre histoire de trafic d'organes, au Chili... Il s'était assagi, et la justice n'avait plus rien eu à lui reprocher depuis lors, bien qu'il ne puisse s'empêcher de saliver excessivement lorsqu'on lui présentait, à la boucherie des faubourgs de la ville où il vivait, les abats de poulet qu'il avalait tous les soirs. Le passé était bien là, et Nestor était nerveux... Quelques gouttes de sueur commençaient même à perler sur son front.
- Quelle heure avez-vous ?
- 15h47, répondit-il un peu surpris.
- Étrange... J'ai 15h44... La montre de la victime retarde de deux minutes par rapport à la mienne, tandis que la vôtre avance de trois... Je dois téléphoner... Vous permettez ?
- Euh... Bien sûr...
Il saisit le combiné, tapote sur le cadran de ses doigts maigres...
- ... et cinquante secondes... au troisième top, il sera 15h46...
- J'avais raison, une fois de plus, s'exclama-t-il.
Nestor pâlit, son cœur cognait de plus en plus fort dans sa poitrine... Il était au bord de l'évanouissement... Non, non, il ne voulait pas retourner en prison...
- Voyez-vous, mon cher Nestor (c'est bien votre prénom, n'est-ce pas ?), c'est bien ma montre qui indique la bonne heure. Je vérifie tous les dimanches, et nous sommes jeudi... Il est toujours possible que la pile soit usée ou que le mécanisme soit un  peu dérangé... Lorsque cela arrive, je cours tout de suite chez Fu Harj, l'horloger chinois du petit village tout près de chez moi... Un expert ! Il voit tout de suite ce qui ne va pas... Un expert, je vous dis...
Savez-vous, enchaîna-t-il de but en blanc, avec qui Mme Smith a-t-elle mangé ce matin ?
- Euh, non, je n'ai vu personne... Vous savez, je n'ai aucun contact avec les gens qui visitent Madame... Vous devriez plutôt interroger Maria, c'est elle qui s'occupait du service ce midi, je le sais parce que quand elle travaille, elle aime bien faire un grand tour dans le parc avant de commencer... Alors, des fois, je me cache derrière un des arbres, et je l'observe recueillir entre ses doigts la rosée du matin qui dort au calice d'une pensée vagabonde pour la porter à ses lèvres... Ah, qu'est-ce qu'elle est belle Maria... Enfin, bref, euh, excusez-moi, elle doit savoir avec qui Madame a déjeuné...


Maria, une jeune fille au pair vénézuelienne de 23 ans, qui était là surtout pour perfectionner son anglais, et qui rêvait d'être un jour camériste de la Reine d'Espagne...
- Alors, Maria, qui Mme Smith recevait-elle ce matin ?
- Comme tous les jeudis, il y avait ses deux amies, Domenica Corleone et Pamela Aarthrow. C'est une tradition entre elles, paraît-il, depuis qu'elles ont quitté le lycée. Ce devait être il y a bien longtemps, hi hi hi !
- Elles étaient donc trois, c'est bien ça ?
- Oui, trois, Madame et ses deux amies...
- Trois... Vous êtes bien sûre ?
- Oui, oui, trois... Un, dos, tres, vous comprenez ?
- Oui, oui, trois... Très intéressant. Et qu'ont-elles bu ?
- Je leur ai servi du café, des biscuits et de la marmelade d'orange.
- Ont-elles toutes bu du café ?
- Non, Mrs Pamela m'a demandé un verre d'eau. Elle avait des aigreurs d'estomac, m'a-t-elle dit.
- Et cette Pamela a donc bu son eau dans un verre, et non pas dans une tasse ?
- Oui, Monsieur, dans les bonnes familles, on sert l'eau dans un verre, et pas dans une tasse !
- Bien, bien... Trois personnes, deux tasses et un verre... Et quand vous faites le café, jetez-vous le marc dans l'évier ?
- Pourquoi cette question ?
- Répondez, Madame. Jetez-vous ou non le marc de café dans l'évier après avoir fait le café ?
- Vous êtes drôle, vous...
- Répondez, Maria !
- Non, non, calmez-vous... Tout le monde sait que si on jette du marc de café dans un évier, cela risque de le boucher. Vous êtes vraiment de la police, vous ? Je commence à avoir peur !
- Ce n'est rien ; une vieille histoire que je n'arrive pas à oublier...
- Si vous le dites...
- Reprenons. À quelle heure ces dames sont-elles arrivées ? Et reparties ?
- Elles sont arrivées toutes les deux vers 9h15 et sont reparties vers 10h30, comme à leur habitude.
- Et que font-elles, habituellement, durant cette heure ?
- Impossible à savoir, Monsieur, il paraît que c'est un rituel secret, c'est tout ce que j'ai pu savoir. Madame ferme toujours la porte à clef dès que je sors. Et les rideaux... Et les volets du salon aussi... Peut-être un rituel vaudou ! J'ai déjà vu ça dans des séries à la télé...
- [sans broncher] Qui a découvert le corps ?
- C'est moi. J'ai tout de suite appelé la police. Quel choc ! Ce sang... Sur un si joli tapis...
- Quelle heure était-il ?
- 12h30, plus ou moins...
- Êtes-vous sûre que ces dames ont quitté la maison à 10h30 ?
- Oui, je les ai vues repartir bras dessus, bras dessous pendant que je nettoyais les vitres du deuxième.
- Connaissez-vous des personnes qui auraient pu en vouloir à Mme Smith ?
- Non, pas vraiment... Puis, vous savez, moi, je ne suis ici que depuis quelques mois...
- Et parmi le personnel ? Comment était-elle avec vous ?
- Assez distante... Elle aimait bien montrer que nous n'étions pas du même monde... Mais je ne l'ai jamais entendue mépriser les personnes qui travaillaient pour elle... Pas du genre à piquer une crise pour une petite cuiller mal lavée ou une lampe pas éteinte dans la salle de bain, vous voyez...
- Oui, oui... Et Nestor ?
- Oh, Nestor, le jardinier ? Un gentil monsieur qui ne ferait pas de mal à un mouche. Entre nous, je crois qu'il est un peu simplet, si vous voyez ce que je veux dire... Dès fois que je me promène dans le parc au petit matin, je sens son regard dans mon dos. Alors, hi hi, je m'arrête... Et alors là, lui, il se cache derrière un arbre... Alors, moi, je fais toujours la même chose : je cueille une petite fleur qui traîne par là, je la renifle, puis je la porte à mes lèvres et l'embrasse... C'est mon petit jeu avec lui. Katerina m'a dit qu'il les ramassait, et qu'ensuite il les faisait sécher, puis qu'il les collait dans un grand cahier (il lui a montré, mais sans lui en raconter l'histoire). À quarante-cinq ans, vous vous rendez compte ?
- Katerina ?
- Oui, Katerina, la grande dame russe qui travaille à la cuisine et prépare les repas pour la famille depuis cinquante ans...

[to be continued...]

vendredi 26 novembre 2010

Quelques jours quelques nuits parmi nous



Il est des nuits cauchemardesques
Peuplées d'êtres carnavalesques

Il en est de tout aussi étranges
Peuplées de nymphes de fées et d'anges

Il est des jours de joie et d'amour
Quand le cœur se soulève et palpite
Pour un regard un sourire une pépite
un toujours...


Tableau de fin d'automne



À Mireille Wertz


Il est six heures du matin.
Elle ouvre les yeux et, distraite par le maigre souvenir des songes de la nuit, en oublie presque l'homme qui dort dans son lit.

Elle tire les tentures en bâillant.
- Tiens, il a neigé... Tant mieux, les gosses du quartier me foutront la paix pendant quelques jours ! C'est pas que je ne les aime pas, mais ils pourraient quand même trouver un autre endroit que la cour d'en bas pour taper dans leur ballon après les cours, tant est soit peu qu'ils y aillent encore...

Le percolateur crachote dans la cuisine, Arlequine se faufile et ronronne entre les mollets de Mireille, qui a maintenant complètement oublié l'homme qui dort dans son lit en se mettant à chantonner l'air entraînant que la radio lui offre... Toujours le même chant, ce chant que des millions de voix ont porté jusqu'à ce jour, où se mêlent à la fois toutes les joies et les peines de millions de vies, leurs amours heureux et malheureux, où l'on parle de Fleurs et d'Enfer, de celle qui attend et de celui qu'on attend...

Après les courses, la vaisselle et le dentiste, un ronflement sourd suivi d'un soupir trouble son attention... Ce n'est pas Arlequine, qui est sur la table du salon et semble cligner de l'œil à un être invisible connu d'elle seule... Il se réveille, pense-t-elle tout à coup...

- Bonjour mon amour, tu as bien dormi ? Sais-tu qu'il est déjà midi ? Levée depuis longtemps ?
- Pas si longtemps que ça... Une heure ou deux...
- Sympa cette musique... Ouf, chaud le café... Tu as vu qu'il avait neigé ?
- Non, je n'ai pas fait attention... Tu aimes la neige ?
- Oh, ma foi, oui... J'adore sentir son petit craquement sous mes pieds quand je marche dedans, mais, par contre, je déteste devoir la bouger de sur la voiture... Bon, c'est pas tout ça, mais il va falloir que j'y aille... Allez, je t'embrasse !

Il traverse la cuisine, le salon, ouvre la porte de l'appartement, la lumière se fait dans le couloir...

Pour une fois, elle ose :
- Georges ? (elle dit Georges comme elle aurait pu dire Jacques ou Martin)
- Oui ? (il répond oui comme s'il était Georges, Jacques ou Martin)
- Dis-moi, tu reviendras ?

Publié dans le n°38 des Chemins de Traverse

mardi 23 novembre 2010

LIBERTÉ


J'envie le vent
qui souffle dans
la ramure
des arbres verts

Et tente en vain
d'oublier
les émeraudes
qui sommeillent
en l'écrin
de ma
mémoire

lundi 22 novembre 2010

Le vol d'un baiser

  
Un baiser léger léger
s'échappe de mes lèvres
et traverse les nuées
qui nous séparent
pour sur les tiennes
aller se poser
  

dimanche 21 novembre 2010

Osiris, papyrus et pain d'épices


Ils ont tout fait pour me faire taire et me chasser...
Ils m'ont brisé bras et jambes avant de me démembrer...
Ils m'ont crevé les yeux, le cœur, le foie et les reins avant de me les arracher...
Ils ont voulu m'empêcher de donner la vie en me privant de ma virilité...

Une femme une sœur un ange une déesse après eux est passée
 

samedi 20 novembre 2010

Sur le quai de l'oubli





Une gare évanescente
Un train qui passe avec fracas
Quelques larmes sur le quai de l'oubli
Une nouvelle vie qui commence
Une autre qui s'évanouit
 

Continuons à nous amuser avec quelques proverbes


Un chien vaut mieux que deux gros rats.

C'est en mangeant que l'on devient mangeron.

Un homme à Visé en vaut deux.

La parole est dedans, le silence est dehors.
 

mardi 16 novembre 2010

Le grand Seigneur et le petit homme


Le grand Seigneur prit la parole, et dit de sa grosse voix tonnante : "Que celui qui m'a un jour manqué de respect se mette à trembler, car désormais toute injure passée, présente ou future sera passée au fil de l'épée !"
Le petit homme, qui assistait ce jour-là aux débats, se dit que c'était une philosophie intéressante...
Mais  pensa-t-il un seul instant à ceux qu'il avait lui-même blessés, et qui pourraient aussi se mettre en tête de l'appliquer ?


Ma Muse me souffle ces mots, pleins à la fois de tendresse et de sens : "Écrire est la plus noble des révolutions !"
 

lundi 15 novembre 2010

MUSE



Ce n'est que pour les quelques instants que je passe dans tes bras que la vie a un sens pour moi. C'est en eux que je puise la force de continuer à me mêler à la ronde sotte de ce monde.

Derrière la façade inexpressive que sont mon corps et mon visage, c'est l'étincelle qui brille au fond de tes yeux qui fait s'allumer au jour nouveau le feu faisant battre mon cœur.

C'est l'odeur de ta peau et les caresses soyeuses de tes cheveux tout contre la mienne qui seules me consolent et m'apaisent.

Il me suffit de penser à toi qui, pourtant si loin de moi toi aussi t'agites et te débats, pour retrouver le calme d'une mer d'huile juste après la tempête...


dimanche 14 novembre 2010


Un poème peut s'écrire en cinq minutes, mais il n'a aucune valeur si derrière ces cinq minutes de grâce ne se cache pas une longue maturation.
 

RODÉO


Le poète chevauche les mots
Jusques au jour béni
Où ce sont les mots
qui commencent à le chevaucher
 

samedi 13 novembre 2010

 
Les gens qui disent qu'ils ne doivent rien à leurs enfants ne doivent pas s'attendre à recevoir une considération sans borne de leur part...
 
 
Il est des mots qu'on oublie
Comme ces chants lointains
Perdus dans la vallée
de notre enfance
 

vendredi 12 novembre 2010

 
Le génie ne s'attarde pas aux considérations actuelles...
Toute sa force mentale et psychique est tournée vers un seul point : l'avenir.
 
 
De la poésie sont nés toutes les sciences et tous les arts.
 
 
La poésie n'est pas un jeu ou un métier, la poésie est l'essence de la vie.
 

La poésie est l'essence de la vie.
On peut vivre quelques semaines sans manger, quelques jours sans boire, quelques minutes sans respirer...
Mais vivre sans poésie, ce n'est plus vivre, c'est se transformer en automate, en machine à consommer, c'est se couper de sa nature la plus profonde.
 

jeudi 11 novembre 2010

 
Rien n'est jamais perdu...
Si tu as osé, tu retrouveras tout !
 
 
No justice under the skies
Just tears and cries
 
 
Prenez un fou, placez-le au milieu de millions de personnes normales, et tout le monde s'accordera pour le trouver fou.
Prenez une personne normale, placez-la au milieu de millions de fous, et ???
 

Une tempête

 
Et même si les temps pètent
Comme souffle la tempête
Sur la ville endormie
En arrachant rosiers et charmilles

Nous resterons debout
et vivrons jusqu'au bout
la destinée
qui nous est assignée

En d'autres lieux
Avec d'autres dieux
De nouveaux parents
De nouveaux enfants

Tellement
différents
et pourtant
et pourtant...
 
  
L'exemple le plus pernicieux et le plus frappant de la dérive capitaliste est sans conteste le domaine médical.
En effet, les médecins, les thérapeutes, les pharmaciens, les centres médicaux, les hôpitaux, les chercheurs des sociétés pharmaceutiques et leurs agents commerciaux n'ont aucun intérêt à ce que les gens soient en bonne santé, sans quoi ils ne viendraient plus consulter, n'achèteraient plus de médicaments, etc.
On en est arrivé à un point où l'on invente des maladies, des virus, ou autres joyeusetés, simplement pour pouvoir écouler tout un stock de pilules colorées joliment  qui dorment dans un hangar depuis trente ou quarante ans...
Et tout le monde, moi y compris, je l'avoue, ferme les yeux, puisque chacun y trouve son compte...
 
 
Une journée sans musique, sans poésie, est une journée perdue...
 

mercredi 10 novembre 2010

 
Le plus grand des poètes est sans nul doute celui qui n'a nulle conscience d'être poète...
 

Les derniers mots du Prophète

 

Ah, je les vois déjà, tous ces cinglés qui voudront suivre mes pas ou diffuser ma parole par-delà les mers et les monts, dans des pays dont je ne connais même pas le nom...

Non, mais, regardez-les donc par la fenêtre ; ils sont là, quelques centaines, quelques milliers peut-être, à s'être amassés en espérant un signe de ma part... Même pas moyen de crever en paix !

Certains voudront écrire ma vie, d'autres penseront que visiter tous les lieux que j'ai visités les rendront plus sages ou plus humains... Ils sont tellement fous qu'ils voudront sans doute bâtir des cités, des cathédrales  ou que sais-je d'autre non loin d'un quelconque arbre contre lequel j'aurais uriné il y a plus de vingt ans, en voyant cela comme un signe du ciel...

J'ai tout fait pour les chasser ; je leur ai crié les pires insanités, je leur ai craché à la figure, je les ai menacés avec une hache, je leur ai dit que s'ils continuaient ainsi, les foudres du ciel s'abattraient sur eux... Rien n'y fit, ils devinrent même de plus en plus nombreux à vouloir me pister comme un vulgaire gibier. J'ai alors fait semblant de ne plus ni les voir ni les entendre... Il fallait les voir se prosterner devant moi comme devant un fantôme, entrer en transe quand je leur adressais un simple sourire...

"Les chemins qui mènent à Dieu sont différents pour chacun d'entre nous...", voilà l'épitaphe que je voudrais voir  gravée dans le marbre, en priant pour qu'ils ne viennent pas fleurir ma tombe pendant quinze mille ans...


mardi 9 novembre 2010

 
L'Univers est une grande assiette de soupe, avec une fourchette à sa gauche, un couteau à sa droite et une petite cuiller au dessus, posée sur le dos d'une tortue volante...
 

Les bons petits esclaves

 
Tu as travaillé toute ta vie ? Il n'y a donc aucune raison de t'arrêter...
De toute manière, même si tu le faisais, il n'y aurait personne pour le remarquer !
 

lundi 8 novembre 2010

 
Chaque jour est un nouveau combat, une nouvelle quête, une nouvelle joie...

dimanche 7 novembre 2010

La solution au chômage

 
Avec quelques vieux amis, après plus de trente ans de réflexion (bon, j'exagère un peu...), nous avons trouvé la solution au chômage en Europe...
Il suffirait en effet de faire creuser un grand trou par tous les chômeurs européens. Une fois celui-ci creusé, et bien, il suffirait de le leur faire reboucher... Des générations de chômeurs pourraient ainsi se relayer pour creuser et reboucher à leur tour le grand trou...
(Toute ressemblance avec des faits ou des personnages ayant existé ailleurs que dans mon cerveau  délirant serait évidemment fortuite...)
 

Le suicide est une solution d'avenir

 
Si tous les sans espoir, tous les imbéciles, qui peuplent cette planète se tiraient une balle dans la tête au lieu de nous empêcher de respirer, cela nous ferait des vacances... Mais qu'est-ce qu'on s'ennuierait alors ! (Enfin, c'est même pas sûr... Mais, ce qui est sûr, c'est que ça éviterait au moins de pousser au suicide les trop nombreuses victimes de leur insondable stupidité...)

 
La Terre est l'hôpital psychiatrique de l'Univers ! Une fois ici, il n'est d'échappatoire que dans la mort...
 

samedi 6 novembre 2010

Une histoire singulière...

 
  
Il m'est arrivé une histoire bien singulière il y a quelques années...

Après une mauvaise chute sur un terrain de sport, je me suis brisé la deuxième phalange de l'annulaire de la main gauche.

Je me suis donc d'abord rendu chez mon médecin traitant, qui m'a envoyé à l'hôpital pour y faire quelques radios... Une fois celles-ci opérées, il apparut que cette fracture était une fracture très complexe, et on m'a conseillé de consulter un spécialiste au sein de ce même hôpital... Après les deux mois d'attente réglementaires avant le précieux rendez-vous, j'ai rencontré le plus éminent orthopédiste de l'hôpital, qui a trouvé le cas très très intéressant, et m'a envoyé chez un de ses confrères encore plus éminent, le plus éminent de la ville ! Qui, à son tour, m'a envoyé chez un confrère encore bien plus éminent, qui, paraît-il, avait été trapéziste volant avant de se tourner vers la chirurgie de la main, ce qui a bien fait rire son assistant, je n'ai pas bien compris pourquoi d'ailleurs, même les médecins ont le droit d'aimer le cirque, non ?
Bref, vous m'avez compris, de fil en aiguille, je me suis retrouvé dans le (luxueux) cabinet privé d'un médecin californien qui avait consacré sa vie, comme on me l'avait dit, à l'étude de la deuxième phalange de l'annulaire de la main, et du traitement du type de fracture que je présentais...
- Les personnes que vous avez vues avant moi sont des incompétents, et vous ont fait perdre votre temps et votre argent, m'a-t-il dit après avoir vaguement jeté un coup d'œil à mon pauvre doigt meurtri.
- Oui, ça, je l'avais bien compris... Mais pourriez-vous faire quelque chose pour ce doigt que je ne peux plus plier depuis près de trois ans ? Vous pensez qu'il faudra l'amputer comme le supposait le plus grand spécialiste arménien du métacarpe caucasien du sud-est de l'Argentine, c'est ça, et vous n'osez pas me le dire, hein, avouez !!!
- Je ne sais pas, mon pauvre ami, mais de mon côté, je ne peux rien faire pour vous...
- Que voulez-vous dire ?
- Qu'il faut vraiment être incompétent pour vous envoyer chez moi, alors que tout le monde sait que je suis le plus grand spécialiste vivant de la deuxième phalange de l'annulaire de... la main droite !
- Oh, effectivement ! Mais en tant que plus grand spécialiste bazar machin chose de la main droite, vous devez bien connaître celui de la main gauche...
- Ah, ah, ah... Vous semblez ne pas avoir bien compris le fonctionnement de la médecine moderne ! Non, je ne le connais pas. Vous savez, nous avons très peu de contacts avec les spécialistes de la deuxième phalange de l'annulaire de la main gauche, et ce depuis la seconde moitié du XXe siècle... Plus personne ne sait plus trop bien pourquoi, mais je soutiens que c'est la rencontre désastreuse lors du Congrès de Salamanque en 1967 qui a tout déclenché. Rendez-vous compte : les spécialistes de la deuxième phalange  de l'annulaire  de la main gauche avaient été placés dans la partie droite de l'hôtel, et bénéficiaient d'une salle de bain avec baignoire, tandis que les spécialistes de la deuxième phalange de l'annulaire de la main droite, dont je faisais partie, qui étaient placés dans la partie gauche de l'hôtel, ne bénéficiaient que d'une salle de bain avec douche. Après plus de deux cents quarante-trois heures de débats houleux, réparties sur deux mois et demi, nous ne sommes pas parvenus à un accord, et depuis ce jour, je n'ai plus adressé la parole, tout comme de nombreux confrères, à aucun spécialiste de la deuxième phalange de l'annulaire de la main gauche.
Mais si cela peux vous aider, je peux tout de même vous donner l'adresse de mon cousin de Paris...
- Ah, merveilleux ! Il est spécialiste dans quel domaine ?
- Les merguez marinées grillées sur feux de bois...
- Je ne comprends pas bien...
- Vous devriez absolument goûter cela, un bon verre de rosé à la main, lors d'une belle soirée d'été !  Mais il faut, pour que vous me compreniez mieux, savoir qu'un conflit, quelle tristesse, a scindé notre famille en deux clans farouchement opposés...
- Laissez-moi deviner : entre le clan de ceux qui prétendent qu'il faut laisser mariner les merguez une nuit et celui de ceux qui prétendent qu'il faut les laisser mariner un jour et demi ?
- Vous apprenez vite ! Vous auriez pu être médecin... Que faîtes-vous dans la vie, à propos ?
- Moi ? Euh, je suis plombier-zingueur...
- Heureux homme que vous êtes... Pour le moment, du moins. Car j'ai entendu dire que des tensions au sein de la profession s'étaient manifestées lors d'un Congrès à Copenhague, et que les zingueurs menaçaient de faire sécession pour des motifs que...

C'est à ce moment que je me suis levé discrètement, et me suis éclipsé du bureau de notre homme, en refermant avec le plus de délicatesse possible la porte. Je ne sais pas s'il a même remarqué mon départ... Heureusement que le sourire entendu de sa secrétaire m'ait changé les idées...
Et pour mon doigt, me demanderez vous ? Je suis tout simplement retourné chez mon médecin traitant, pour une otite, cette fois, quelques jours après mon retour... Il a regardé mon doigt en remplissant l'ordonnance d'antibiotiques qu'il me prescrivait. Toujours pas réglé, me demanda-t-il ? Vous auriez du revenir me voir plus tôt... Enfin, bon, dit-il en soupirant... Il saisit mon doigt, le manipule quelques secondes, on entend un petit craquement, me fait un petit pansement, et me dit : "Voilà, dans trois semaine il sera comme neuf !"


Publié dans le n°38 des Chemins de Traverse
 
 
Pour moi, il est tout aussi ridicule de penser que l'Univers soit né d'une explosion au milieu d'un nulle part indéterminé que de croire que se soit un vieux barbu assis sur un nuage qui ait créé le Monde.

 
Quand tu aimes, n'avoue jamais ton trouble, et si tu es heureux seul ou à deux, ne le montre pas plus !

mercredi 3 novembre 2010

Mon Maître


 
Je me souviens du jour où j'ai rencontré mon Maître...

Nous étions mille deux cents dans un amphithéâtre pour l'écouter.

Il est arrivé complètement saoul sur la scène, avec plus d'une demi-heure de retard sur l'horaire annoncé, mon Maître... Les trois-quarts de l'assemblée s'en sont allés, profondément outrés...

Cinq minutes plus tard, il a parlé, mon Maître... Il a dit qu'il allait divorcer, mon Maître, pour aller vivre au sommet d'une montagne en compagnie de... son chauffeur ! Ils s'aimaient depuis si longtemps, a-t-il dit, mon Maître... L'assemblée s'est alors réduite une nouvelle fois de moitié...

Il a alors parlé de grands sages, mon Maître. Il a parlé du dalaï-lama qui préparait un attentat contre le Vatican depuis plus de trente ans, et de Gandhi, cet assassin, qui, par sa soi-disant non-violence, avait envoyé à la mort plus de trois cents mille pauvres petits Indiens innocents... Tous les avocats de la salle nous ont alors quitté d'un bloc, accompagnés qu'ils étaient de quelques bonzes au crâne rasé...

Il a continué, mon Maître, en disant que l'Allemagne avait gagné en 45, que les camps de concentration n'avaient pas existé, et qu'Hitler n'était pas mort, qu'il était sur l'Île avec Elvis et Bruce Lee... Il a dit aussi qu'il n'était pas Juif, Jésus, que c'était un véritable Aryen de pure souche... Les quelques bonnes sœurs et les derniers survivants de l'assemblée, dont la famille von Gutzmann au grand complet, installée en Argentine depuis près de 66 ans, s'en sont allés en criant au scandale, me laissant seul face au Maître...

Il m'a alors regardé dans le blanc des yeux, mon Maître, et m'a dit, en retrouvant toute sa sobriété et son normal parler : "Nous allons enfin pouvoir commencer à travailler sérieusement !"

 

dimanche 31 octobre 2010

Réalité ?

  
Première étape : tout ce que je dis devient réalité.

Deuxième étape : tout ce que je pense devient réalité.

Troisième étape : la réalité réagit, et tente de juguler les dires et les pensées de l'élément hostile en manifestant ostensiblement sa volonté de domination profonde.

Quatrième étape : back to reality !
  
 
Le simple fait d'observer un phénomène modifie profondément celui-ci.
 
 
Nos existences ne sont que
déchirement entre des forces
dont nous ignorons tout
 
 
Plus un territoire est petit, plus il semble difficile à gérer.
 

samedi 30 octobre 2010


L'anthropocentrisme exacerbé des hommes pensant qu'ils auraient  le pouvoir de détruire toute forme de vie sur  Terre n'a jamais rien fait d'autre que m'exaspérer.
 

vendredi 29 octobre 2010

 
Ils t'apporteront tout ce dont un homme peut rêver, une riche maison, une belle situation, une femme douce et aimante, un travail épanouissant, le succès même peut-être si tel est ton désir, mon fils, de belles voitures, ou que sais-je d'autre encore...
Mais n'oublie jamais, fils, que pour tout ce qu'ils t'offriront tu leur seras redevable tout le reste de ta vie, et imagine quels seront ta détresse et ton désespoir quand ils viendront pour la première fois te demander de leur rendre de menus services que tu ne pourras leur refuser...
 
 
Aux portes de la ville Hérodiade attendait
Le chant du schofar qui les remparts ouvrirait

 
 
Pour être un homme, il faut avoir vécu la vie de tous les hommes, de la plus vile à la plus noble, de la plus lumineuse à la plus obscure. Avoir été ce monstre à la sortie d'une école comme le preux chevalier rendant hommage à sa dame, avoir été un roi sage ou un tyran sanguinaire. C'est seulement en la vivant du premier jour au dernier que l'on peut se permettre de jauger la vie d'un homme... Et Dieu seul, en principe, a accès au grand livre des âmes, et seul un dieu, en principe, a le temps pour vivre tout cela...
 

jeudi 28 octobre 2010

  
Dans la salle d'attente, le patient patiente, tandis que le client cliente...
 

HAOMA

 
 
[Part I - L'amertume]


Ô dieu Soma
Je me souviens de toi
Et de la vie éternelle
Que tu m'accordas

Plutôt éternelle
Errance tu m'apportas
Odieuse Amrita
Qui me tendis les bras

Moi qui ne demandais
Que de l'âme le repos
Si j'avais su jamais
Je n'aurais bu de ton eau

Une vie de souffrance
Est assez lourde à porter
Pour mon humaine essence
Que dire alors de cette éternité

Du corps que tu m'allouas


[Part II - L'ivresse]


Immortel enfin me voilà !
Tout m'est donc désormais permis
Aucune de vos lances ne m'atteindra
Aucune de vos épées mon cou ne tranchera

Oui dieu Soma
C'est bien de toi
Que dans cette coupe
Je me suis repu

Oui cette force indicible
Qui m'habite c'est bien toi
Qui me l'a fournie
J'ai tranché les têtes

De ceux qui m'ont trahi
Et celles de ceux qui
Ne l'ont pas fait
Fait taire à jamais

Les langues qui ont un jour osé me défier


[Part III - La décadence]


Oui dieu Soma
Qui me fit indestructible
C'est bien à cause de toi
Que j'ai goûté à tous les vices

Gourmandise et luxure
Ont fait de moi
Ce rondouillard ventripotent
Aux yeux rieurs et moqueurs

Je méprise la vie des autres
Puisque je sais qu'ils vont
S'évanouir dans le néant
Que j'envie parfois à présent

Je me joue des femmes
Et m'amuse à briser leur cœur
La mort qui est si proche pour elles
Saura bien assez vite apaiser leurs souffrances

Mais qui donc viendra soulager ma tristesse ?


[Part IV - Résilience]


Oui dieu Soma
Tout ceci n'était bien
Qu'un songe je n'ai bu
Qu'un peu d'eau et de vin

Avant que de m'endormir
Comme tous les autres
Je sais que je peux mourir
Demain j'ai rêvé si fort

Que j'en suis arrivé à croire
En cette chimère qui a
Égaré mon esprit pendant
Si longtemps j'ai peur

À présent de ce néant
Qui m'attend oui j'ai peur
Mais oui j'accepte enfin mon destin
Le destin de tout être humain

Je peux marcher sur la Terre la tête haute...


mercredi 27 octobre 2010

 
Aux portes de Jérusalem
Hérodiade attendait
Le chant du schofar
Qui lui ouvrirait
Les remparts de la cité
 
 
Ils est, paraît-il, des patients qui croient ce que leur psychiatre leur raconte.
Plus grave, il est, semble-t-il, des psychiatres qui croient ce que leurs patients leur raconte...
 

mardi 26 octobre 2010

Confessions d'un tueur en série



Depuis l'âge de trois ans, c'est plus fort que moi, il faut qu'à chaque pleine lune je boive le sang d'une jeune vierge...

Une denrée de plus en plus rare, croyez-moi, ce qui fait que je dois parfois me contenter de ce que je  trouve !

Comme je n'ai jamais été très fort en math, je vous laisse le plaisir de calculer le nombre de mes victimes... Et puis, vous savez bien que, quand on aime, on ne compte pas. Avant de passer professionnel, comme je le suis maintenant, j'ai commencé à tuer pour le plaisir, en véritable amateur, et je n'aurais jamais pensé que ma passion eût pu devenir mon métier... Évidemment, ce statut de professionnel m'impose une certaine hygiène de vie : par exemple, pas question de passer une soirée de pleine lune avec des amis... Ma femme me reproche d'ailleurs souvent de ne penser qu'au boulot... Vous pensez bien qu'il demande beaucoup de préparation. La plupart des gens que je croise s'imaginent que je ne bosse qu'un jour ou deux par mois, mais ils ne se rendent pas compte de la somme de travail à domicile que cela représente... 

Il faut d'abord sélectionner une proie, voir si nos agendas correspondent, trouver une plage horaire, souvent la nuit...
Une fois ceci fait, il faut faire preuve d'une grande imagination pour trouver une technique d'abattage originale, pour que la victime ait pleinement le sentiment de faire partie de l'œuvre. Ah, si vous voyiez l'étincelle qui  pétille au fond de leurs yeux quand elles comprennent que c'est le grand moment, le moment d'entrer dans la grande histoire de l'humanité ! Il y en a qui sont si humbles qu'elles me supplient de les épargner. Je trouve toujours le moyen de leur rendre confiance, en leur disant que si je les ai choisies, c'est que Dieu lui-même les a choisies. Et il faut voir leur mine réjouie lorsque je leur tranche la gorge...

C'est donc ainsi que j'ai compris bien avant les autres que la mort n'existe pas, car je peux vous assurer, pour vous réconforter, qu'une fois ma petite besogne accomplie, je les vois toutes repartir comme si de rien n'était, sans jamais savoir qu'elles ne sont plus vivantes...


lundi 25 octobre 2010


Le principal acteur d'un livre est le lecteur, bien plus que l'auteur ou les personnages. C'est lui qui va leur offrir une dynamique, positive ou négative, sur laquelle l'auteur fondera son écriture future...
  

dimanche 24 octobre 2010

    
Un jour, mon vieux maître prit la parole, et dit : "Voyez-vous, fils, ils disent tous que ce que j'écris, ils pourraient l'écrire aussi... Et bien qu'ils en fassent autant, leur réponds-je, ce qui semble les amuser moins...  Ils disent tous que ce que j'écris est vide de sens, et pourtant ils courent acheter mes livres dès leur sortie,  uniquement pour trouver quel passage est le plus vide de sens tout en guettant avidement la première faute d'orthographe ou de ponctuation, voire bien mieux encore, une quelconque faute de logique ou un passage un peu trop paradoxal au goût de leur intellect, évidemment... Ils disent que ce que j'écris ne les intéresse et ne les concerne pas, mais ne sont-ils pas tout heureux de replacer dans une de leurs conversations une de mes idées cuisinée à leur sauce et être fier de voir l'effet que celle-ci produit sur l'assemblée ? Bref, vous voyez, quoi qu'ils pensent  de ce que nous écrivons, ils finissent toujours par le lire, et, ce faisant, par renforcer notre position..."

Et toi, ami lecteur, qui a réussi d'une manière qui m'est totalement incompréhensible à parvenir jusques à ces lignes, es-tu conscient de tout ce que tu nous apportes ?
  

vendredi 22 octobre 2010

 
L'essentiel ne se trouve pas dans ce que nous disons, mais bien dans ce que nous ne disons pas.
 
 
"Je" est mon personnage préféré...
 
 
Un poème par jour, en forme toujours ?
 

Sans tabou ni cliché


 
SIGMUND

Décidément, je ne comprendrai jamais rien aux femmes.

CARL GUSTAV

Pourquoi donc, Maître ? Qu'y a-t-il de si compliqué avec elles ?

SIGMUND

Ô, pauvre jeune insouciant ! Si tu savais... Il n'y a jamais vraiment moyen de savoir ce qu'elles veulent exactement. Quand elles veulent se faire attraper dans les buissons touffus du fond d'un quelconque jardin, elles disent qu'elles ne le veulent pas... Et celles qui disent haut et fort qu'elles n'aiment que ça se révèlent être de prudes saintes nitouches défendant farouchement leur honneur.

CARL GUSTAV

Pensez-vous donc que les hommes soient si différents concernant ces choses ?

SIGMUND
 
Tu as raison sans doute quelque part, fils... Mais, bon... Regarde par exemple la petite Salomé, qui papillonne d'un homme à l'autre comme une hystérique en pensant que le fait de ne pas avoir couché avec ce vieux fou de Nietzsche ait eu une influence bénéfique sur ses productions... L'autre jour encore elle est venue nous rendre visite, soi-disant pour prendre le thé avec ma fille, mais au bout d'un quart d'heure, la voilà qui entre dans mon bureau et s'assied devant moi alors que j'étudiais un cas très intéressant, un drôle de bonhomme avec de drôles de rêves, des histoires de loups... Enfin passons... Comme je te le disais, la voilà qui entre, s'assied, me regarde dans le blanc des yeux, puis baisse la tête en rougissant comme une collégienne, et reste plantée là sans rien dire toute une heure durant. Ensuite, elle se lève, me salue poliment, et s'en retourne je ne sais où... Il paraîtrait que cette attitude ait séduit un petit poète dont on m'a rapporté le nom, que j'ai aussitôt oublié, puisque, de toute façon, les poètes ne font que passer comme ils passent d'un mot à l'autre sans trop savoir ni comment ni pourquoi... Ils formeront un couple épatant, n'est-il pas ?

CARL GUSTAV

Sans nul doute, Maître. Mais vous-même n'avez-vous jamais pensé...

SIGMUND

Oh, bien sûr que j'y ai pensé... De toute manière, à quoi d'autre pensons-nous, nous autres hommes, à chaque fois que nous croisons la route d'une personne du beau sexe, mmh ? C'est la vie qui veut ça, non ?

CARL GUSTAV

C'est vrai, Maître. Mais à ce propos, avez-vous des nouvelles de votre charmante cousine ?

SIGMUND

Ma cousine ? Ah, oui... Oui, oui, bien sûr... Elle est en Italie, je pense, avec son imbécile de mari qui...

CARL GUSTAV [en aparté]

Décidément, je ne comprendrai jamais rien à ce Sigmund...


jeudi 21 octobre 2010

"Chi va con lo zoppo impara a zoppicare"

 
Les idiots sont partout, tout le monde le sait, mais personne ne semble décidé à agir...

Agissons donc enfin ! Brûlons donc tous les livres, et remplaçons-les par un ouvrage de référence unique, écrit par la main même de Notre Grand Maître à tous, la Compagnie téléphonique du Massachusetts, qui vient justement de déposer sur le Mont des Illusions la trois-cents-quatre-vingts-troisième édition revue et corrigée de son célèbre annuaire, qui, vous en conviendrez, constituerait la base idéale sur laquelle fonder la moralité et la probité de notre belle jeunesse, qui passera avec la plus grande des joies les quarante premières années de sa vie à mémoriser entièrement son contenu, et les quarante suivantes à philosopher sur celui-ci...

mercredi 20 octobre 2010

 
Bien triste l'homme qui nous arrache aujourd'hui en souriant 10 pièces d'or tout en pensant que nous ne voyons rien et qui ne saura jamais que nous aurions pu lui offrir la possibilité d'en gagner 1000 dans la semaine.
 
 
Les écrivains ne m'amusent pas, dit le Diable.
Il vendraient leur âme pour voir leur nom au bas d'une page, ou en lettres d'or sur une couverture de cuir...
Un premier tirage de cent mille exemplaires ? Un Prix Nobel ? 20 % sur les ventes ? Trois lignes dans une quelconque encyclopédie ? 10 minutes de gloire à la télévision ? Trop facile que tout cela...
J'aime les âmes coriaces, obstinées, prêtes à tout supporter, à tout endurer, comme ce Job dont nous avons joué la vie aux dés, Dieu et moi, après une soirée un peu trop arrosée...
Je ne me souviens d'ailleurs plus lequel de nous deux s'en est inspiré ce soir-là pour écrire un Livre portant son nom...
 

mardi 19 octobre 2010

Variations solitaires


Seul les êtres faibles ne supportent la solitude. Seul les idiots la vénèrent et la recherchent activement.

La solitude est le dernier rempart contre la folie des hommes qui montrent du doigt celui qui prétend pouvoir vivre un jour sans eux.

C'est seulement dans la solitude que l'on peut comprendre le monde.

C'est dans la solitude que l'on trouve la sagesse. La folie aussi...

C'est dans la solitude la plus profonde que naît l'amour des hommes.

Plus on connaît les hommes, plus on désire éviter leur compagnie.

La solitude absolue, c'est comprendre seul la portée de ces mots.

La solitude la plus absolue se croise au cœur de la foule la plus dense.

Ne pas être seul, voilà pourquoi s'agitent les cloportes. Être seul, voilà pourquoi dansent les ours et les loups.

On n'est jamais seul, pour notre plus grand bonheur, ou notre plus grand malheur...

Que sais-tu de la solitude, toi qui n'as pas encore vécu ?

Fuir la solitude, pour ne pas penser à la mort qui nous attend...

Seul seul seul mais vivre vivre vivre pourtant

Seules dans la nuit
sombre et glacée
Dansent les étoiles
 
 
Dieu avait tout un monde à bâtir, sa plus grosse commande depuis bien longtemps.
Il jeta le premier brouillon après avoir œuvré durant six longues journées en soupirant.
Les êtres qu'Il avait imaginé placer à sa surface en déduisirent qu'il était parfait et qu'Il s'était reposé lors de la septième, satisfait du devoir accompli...
Et c'est ce qu'ils écrivirent avec les quelques signes qu'ils trouvèrent épars  sur de vieilles tablettes de bois, d'argile et de métal, en pensant qu'il s'agissait de lois qu'il fallait respecter à la lettre...
 
 
Nul n'est poète en son pays
 
 
Je rêve d'un monde de création permanente
 
 
Le plus grand génie du Diable est de nous avoir fait croire qu'une signature au bas d'une  page ait une quelconque valeur morale ou juridique. Ne commencez à vous inquiéter que si vous avez signé de votre sang !
 

dimanche 17 octobre 2010

La Planète des Singes savants

 
Il faut les voir, les singes savants qui depuis l'âge de deux ans ânonnent les lieux communs de leur inculture, hurlant, blasphémant, vitupérant contre d'autres singes savants qui vitupèrent à leur tour en se croyant les plus intelligents...

Puis il y a aussi les singes ignorants... qui préfèrent crier et vociférer avec les singes ignorants, tout en espérant un jour être de la caste des singes savants pour pouvoir cracher leur venin sur d'autres que les singes ignorants et bien montrer qu'ils ne sont pas de la caste de ces derniers...

Heureusement pour nous qu'il n'y ait pas de singes sur notre planète !
 

samedi 16 octobre 2010

  
Je n'aime pas les enfants, me dis-je un jour. Non pas pour ce qu'ils sont, mais pour ce que l'on fait d'eux...
  

vendredi 15 octobre 2010

 
J'ai pu voir la lueur au cœur de la nuit et les ténèbres briller au jour de
[grand soleil
Des enfants danser sur les tombes perdues de notre mémoire
Et le souffle de l'ange se changer en marbre
Comme une plume en plomb

L'or et le vin qui nous faisaient chanter
Ne sont plus
Qu'excréments et ciguë
Pierres de torpeur
Sur le chemin de notre désolation
 
 
Des voix venues d'ici et d'ailleurs
troublent ma mémoire
et chantent des chants oubliés


Penser que l'on puisse aider les autres est illusion totale.
 
 
Le poète se nourrit de tout ce qui l'entoure, des mets les plus fins aux plus grossiers, des arbres en fleurs aux combats de sang, de son quotidien comme de ses rêves oubliés... Il sait apprécier les mots les plus simples tout comme les plus savants, sans préférer les uns aux autres. Tout est pour lui est inspiration, et rien ne peut venir troubler la quiétude de ses nuits d'amour ou de solitude...
 

mercredi 13 octobre 2010

La Dame Blanche



   
      



La Dame Blanche
Comme toute femme
Tend les mains
Vers les hommes
Qu'elle aime

Nous voudrions
tous
Les serrer
dans
nos bras
Les couvrir
de
baisers

Là est notre
plus grande
erreur

Chaque femme est un ange
placé sur notre chemin
par la Divinité

Et l'amour se meurt
Sur la taie plissée
D'un oreiller

 

mardi 12 octobre 2010

"This Be The Verse"

 
 
A personal and summary introduction to Philip Larkin's poem "This Be The Verse"(1)


Life is a fucking thing for every man. Nothing new in the principal assertion of our poet...

It sounds like William Shakespeare's famous words, in Macbeth,
"Life's but a walking shadow, a poor player
That struts and frets his hour upon the stage
And then is heard no more. It is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing(2)."

Philip Larkin says that the misery of human condition is transmitted from generation to generation and that every new generation creates and gives to the next one a bigger misery. This is a realistic analyse of our society. This poem can raise therefore the question of the  transmission of more than our physical appearance or hypothetical illness, the question of the transmission of our (educational) behaviour since the dawn of times...

Is really life a fucking thing? For me it is a question of point of view, but for the author the answer, in this poem, was evident. I hope for him (and for all of us) that the spiritual evolution is possible for smart, sensible and creative souls, in spite of our predetermined genome AND our family and social circle (you can read circus)!

---
(2) SHAKESPEARE, William, "Macbeth", Act V, Scene V, verses 26-30 (http://www.enotes.com/macbeth-text/act-v-scene-v)

jeudi 7 octobre 2010

On The Road to Glory

 
Sur la route de la gloire
Je perds une partie de mon âme
à chaque carrefour

Sur la route de la Gloire
Je guéris et reprise mon âme
à chaque croisement
 
 
L'argent est fait pour être dépensé, sinon il cesse d'être moyen d'action pour se transformer en prison spirituelle...
 
 
Je ne suis qu'un ignorant. Mais n'est-ce pas par la bouche des ignorants que les dieux choisissent de s'exprimer lorsque plus personne n'écoute la voix des doctes ?
 
 
La poésie, c'est le silence qu'il y a entre les mots...
 

mercredi 29 septembre 2010

 
Tout homme devrait avoir l'ambition de devenir un dieu.
 

Le poète fol


  
Le poète fol

Le poète fol
jette au monde
des mots insensés
que nul ne peut
pénétrer

Comme offre
en parturition
la femme gémissante
un nourrisson
fripé

publié dans le numéro 314 des Élytres du Hanneton

CORINNE


 
CORINNE


Une petite Sirène
en bord de Meuse
rêvait
à son bel Triton
quand elle croisa
le regard
triste et familier
d'un Poète
qu'elle eût voulu
Lycanthrope
la poursuivant
en les nuits de lune pleine
jusques aux matins
tout parfumés
de sueur
et de rosée


 
Les mots sont notre plus grande richesse, et l'arme la plus puissante et destructrice des temps modernes, s'entête à claironner le poète grelotant de faim dans le grenier maussade qui abrite sa folie.
 

Ignorance, ou pensée tournant en rond

 
Si tu veux accéder à la connaissance, commence par apprendre l'ignorance.
Si tu veux être, recherche le non-être.
Si tu veux penser et créer, cherche la non-pensée et la non-création.
Si tu cherches l'intelligence, plonge-toi en l'ignorance la plus totale...

L'ignorance est la plus grande des sagesses, et la mère de toute science.

E = mc²

 
La pensée est la plus puissante des énergies que l'on puisse maîtriser, et non la matière comme l'on tend trop souvent à le croire, puisque la pensée est capable de moduler la matière.

Reste donc à nos amis théoriciens ambitieux à (re)formuler ce postulat on ne peut plus simpliste en une belle équation qui fera de l'un d'eux la figure intellectuelle de proue du XXIe siècle dans l'esprit (et les manuels scolaires) des générations appelées à nous succéder.

Ceci tout en ne leur rappelant évidemment pas qu'une belle équation ou un beau raisonnement sont les meilleurs moyens dont nous disposions pour prouver toute l'ignorance qui nous habite...
  

lundi 27 septembre 2010

 
Toute connaissance, toute science, nous vient des dieux et non des hommes, du feu prométhéen à la roue en passant par les technologies les plus actuelles. Il est amusant de voir les êtres insignifiants que nous sommes s'évertuer à prouver leur paternité intellectuelle...
 

dimanche 26 septembre 2010

 
L'adage nous dit qu'il suffit d'une seule femme pour ruiner un homme. Il arrive même qu'il suffise d'une seule femme pour ruiner plus d'une une nation, Achéens et Troyens s'en souviennent si bien...
 

samedi 25 septembre 2010

Les esclaves modernes


 
"À la chaîne
On t'enchaîne
Ta vie et tes amours
N'ont aucun recours"

Les Bateliers de la Volga


Le plus grand génie de la civilisation occidentalo-capitaliste est sans nul doute celui d'avoir réussi à faire accroire à ses esclaves qu'ils sont libres ; libres de pensée, libres de mouvements, etc.
Nous sommes tous les esclaves d'un monde et d'une existence vide de sens.
Combien d'hommes arriveront à prendre pleine conscience de cette condition d'esclave, et parmi ceux-ci combien seront capables de lutter, de nager à contre-courant, ou de survivre tout simplement ? La machine savait le combat perdu d'avance, car que pourrait faire une voix perdue dans la multitude ? Continuer à crier serait ridicule pour un être assez subtil pour en arriver à cette conclusion (sauf peut-être par désespoir ou folie), prendre les armes contre un ennemi invisible encore plus...
L'homme s'est aliéné lui-même en acceptant de se réduire à un rouage condamné à n'exécuter qu'une seule tâche, répétitive, non-créative, et, pire, sans avoir aucune vision de l'utilité et de la finalité de celle-ci.
 

vendredi 24 septembre 2010

Human Being

 
Tour à tour
Mâle et femelle
Ange et démon
Bourreau victime ou sauveur

Tel est l'Homme
d'hier
aujourd'hui
et demain

Traversé
par la marée des sentiments
qui briseront son cœur
pour le voir renaître

d'or et d'airain
 
Sois libre comme le vent qui souffle dans la ramure des arbres verts et tendres, jusques à devenir souffle à ton tour
 
 
 Ne pense pas, mon fils, d'autres s'en sont chargé pour toi !
 

mercredi 22 septembre 2010

 
La façon dont on se prédétermine à percevoir un être influera notre façon d'interpréter ses actes, ceux-ci venant toujours corroborer inconsciemment ou non notre prédétermination.
 
 
La grande dévoreuse d'âmes salive d'impatience en pensant à moi...

THE DEVIL INSIDE ME

  
 
The Devil Inside Me


Le démon qui m'habite est présent depuis bien longtemps, depuis bien avant le jour de ma naissance.
Il a choisi mon esprit, puis l'a façonné, tout comme il a patiemment construit mon corps cellule après cellule.

Je dois lui plaire, car, en fin de compte, c'est grâce à moi s'il a réussi à traverser la brève période où il pouvait être vulnérable.
Chaque âge (ou cycle) démoniaque dure 666 années (ne me demandez pas pourquoi...), et un démon de ce type ne peut être renvoyé en Enfer que durant l'année qui précède et suit la fin du troisième cycle.
Le premier cycle correspond à l'enfance du démon, le deuxième à son adolescence, et le troisième à son âge adulte. Le passage entre les troisième et quatrième cycles est donc assimilable à sa mort.

Depuis la nuit des temps, aucun  démon de ce type n'était parvenu à passer le cap de la 1998e année suivant la venue du Rédempteur, ce qui explique qu'il n'existe aucune littérature décrivant la nature exacte du quatrième âge démoniaque.

Tout ce qui nous entoure, visible ou invisible, matériel ou immatériel, n'est qu'une émanation de sa pensée, dans laquelle il englue les âmes dont il se nourrit.

Tout était écrit, savamment pesé, calculé, depuis le jour et l'heure de ma naissance jusques aux événements les plus insignes de la vie des êtres ayant peuplé cette Terre...

Le temps est une grande roue qui tourne inlassablement depuis toujours. Et pour qu'elle continue à tourner comme elle a toujours tourné, le démon devait inlassablement être renvoyé en Enfer (autrement au premier jour de sa venue ici-bas) par le retour glorieux du Rédempteur...

La roue des temps est donc brisée, le démon a vaincu la mort pour lui inéluctable et est entré dans SON quatrième âge, l'âge de SON règne éternel.
 

mercredi 15 septembre 2010

Les Mémoires d'Adrien

 
Je me nomme Adrien Van Kampenout.
Je suis né le 13 avril 1853 et mort le 15 juin 1908.
Entre ces deux dates, rien de particulier à signaler...
 

vendredi 3 septembre 2010


Les plus belles images qu'il me soit donné de voir sont celles que je peux voir quand je ferme les yeux.


Ma vie est un roman, mais quelle vie ne l'est pas ?


Je ne veux rien apprendre, dit le faux dieu.
Je préfère me borner dans mon ignorance.
Ne rien savoir vaut mieux que savoir à demi...


La plus belle oeuvre d'art est celle qu'il nous reste à créer.

La Dame du Lac





Elle est venue vers moi, la Dame du Lac.

Toute vêtue de blanc, ses pieds légers sur l'eau flottant.

Un teint pâle, comme il sied à tout spectre...

Des yeux d'un bleu gris électrique, qui vous fixent droit dans le cœur.

Un frisson inconnu me parcourt.

Oh, j'en ai croisé des fantômes dans ma vie, qu'ils soient trépassés depuis mille ans ou toujours de chair et de sang.
Mais cette fois, c'est différent.
Je la vois tendre les bras, ses joues rosissent et elle approche ses lèvres des miennes.
Surpris, je me laisse envahir et lui rends son baiser.
Je n'ai jamais ressenti cela ; ce doit être ça, un orgasme cosmique, un pont entre moi, vivant, du moins qui crois l'être, et elle, morte depuis qui sait combien de temps...

Je sens nos deux âmes s'entrelacer, et je ne sais quelle partie de moi s'en va avec elle lorsqu'elle tourne les pas pour s'enfoncer dans les eaux froides du lac...

J'attends, depuis ce jour, son retour.

À moins que ce ne soit à moi de l'aller rejoindre là-bas, dans les eaux froides du lac ?





(Publié dans le numéro 313 des Élytres du Hanneton)

mardi 24 août 2010

 
Le plus difficile dans une rupture n'est pas de penser aux choses que l'on a vécues ensemble, mais bien à celles que l'on ne vivra pas ensemble.
 

mercredi 18 août 2010

 
Qui rit coud, et qui rit bâtit.
 

THE ANGEL




Good Angel


J'ai réussi ! Je suis enfin immortel (je le sais car j'ai essayé toutes les méthodes possibles et imaginables pour se donner la mort), et je connais la raison de ma présence ici-bas : aider ceux qui n'ont pas encore atteint ce même état à déployer leurs ailes.
J'ai rencontré Dieu, Il m'a fait part de ses attentes, et de son amour des hommes qu'Il a créés à son image. Qui ne s'aimerait pas soi-même, me suis-je dit tout bas...
J'ai eu accès aux connaissances les plus secrètes, je connais maintenant le grand dessein du Créateur de la Terre et des Cieux, ce pour quoi nous travaillons tous ! Aucun mot n'est possible pour le décrire. Heureusement, d'ailleurs... Le grand Livre des Âmes est écrit en un langage que nul mortel ne pourrait déchiffrer.
Je peux maintenant sonder l'insondable, et lire en moins d'une seconde dans le regard de ceux que je croise leurs espoirs et leurs souffrances (bien plus de souffrances, d'ailleurs... Comment les hommes font-ils pour se rendre si tristes alors qu'ils ont bien plus que ce qu'il leur faut pour être heureux ?). Quel bonheur pour moi que de pouvoir leur tendre la main sous les multiples formes qu'il m'est permis d'employer. Quel plaisir que de les voir sourire et s'ouvrir à la vie... Grâce à MOI !

Bad Angel


Dieu est un idiot, un hypocrite et un lâche sanguinaire... Ça fait longtemps que je ne l'ai plus croisé maintenant, mais c'est la seule conclusion que je puisse tirer après avoir observé les hommes qu'Il a pris tant de soin à façonner...
J'en ai assez d'eux ! Ils crachent sur ma main dès qu'ils n'ont plus besoin qu'elle soulève leurs épaules pour leur permettre de garder la tête hors de l'eau et de lever les yeux vers l'astre de Lumière.
Et je ne suis pas le seul... Nous faisons tout pour eux, mais à la première occasion, ils replongent dans leurs travers... Ils ne demandent notre aide ou nos conseils que quand quelque chose ne va pas comme il leur conviendrait qu'elle aille...
Ils détruisent leur planète à chacun de leurs pas, ils scient eux-mêmes la branche de l'évolution sur laquelle ils se tiennent... Ils commettent les mêmes erreurs de génération en génération, et ce serait à nous de réparer leurs erreurs ? Non ! Il est temps que cela finisse, que l'on raye leur présence de ce monde... Une autre espèce, façonnée à l'image d'un autre Dieu moins brouillon les supplantera ! N'agissons plus, frères Anges. Un petit siècle ou deux, et on ne parlera plus d'eux... Même le meilleur d'entre eux ne mérite pas sa place dans ce monde qu'il fallut des milliards de millénaires à construire, pierre après pierre... Donnons-leur même un petit coup de pouce pour accélérer le processus !

Fallen Angel


Dieu m'a fait mordre la poussière et brisé les ailes pour avoir osé Le braver.
Je suis maintenant obligé de me traîner parmi ces dégénérés qui ne savent pas que sa force et sa puissance ne viennent que du respect et de la déférence qu'ils Lui portent. Ils se prosternent pour un peu de pain ou de vin, pour une villa en Floride que le vent emportera...
Si j'avais comme eux courbé l'échine, baissé mon regard devant Sa Face, Il m'aurait pardonné dans sa bienveillance mielleuse propre à tous ceux qui se plaisent à briser les êtres pour montrer à tous le bien qu'ils leur feront pour les sortir de la misère dans laquelle ils les ont plongés...
Oui, Dieu, tu ne veux régner que sur des ignorants, car comment un ignorant pourrait-il comprendre tes desseins ? Un ignorant ne se soulèvera jamais, sauf s'il ne recevait plus ni pain, ni vin, ni jeux... Oui, encore un adage ancestral bien exploité... Bravo !
Ma dernière carte, je ne croyais pas que Tu accepterais de me l'accorder, ce qui  montre une fois de plus Ta stupidité infinie comme le monde et le temps que Tu as créés. Comme châtiment, j'aurais pu choisir d'être enchaîné pour l'éternité, mais non, je T'ai demandé d'accepter de me rejeter sur Terre... J'aurais pu Te demander qu'un seul homme détourne son regard de Toi et m'offre sa foi ; non, je t'ai demandé toute l'éternité moins une minute pour convertir toute l'humanité... Tu as bien ri, Tu as pensé que jamais cette race inférieure que Tu as créée à ton image, je Te le rappelle de nouveau non sans une certaine jubilation amère, ne tournerait jamais dans sa totalité son cœur vers les Ténèbres. Tu te disais sans doute que, dans le lot, il y aurait bien un million d'idiots plus idiots que les autres qui garderaient foi en Toi... Des idiots assez idiots pour ne pas se lancer dans la quête illusoire de plaisirs appelant d'autres plaisirs encore plus illusoires... Et pourtant, je Te vois maintenant  suer de crainte sur ton trône ; les larmes qui perlent de ton front te glacent le sang. Tu es en train de te rendre compte que la partie est perdue, mais pas non seulement la partie, la guerre aussi. Oui, tu ne crains pas de perdre tous les hommes, ce que tu crains, c'est de perdre ta vie, de devenir mortel comme ces chiens à qui tu as offert bien plus que ce qu'ils ne méritaient, car voilà bien ce que tu avais oublié au jour de notre petit défi : chaque fois qu'un homme détourne son regard de Toi, que ce soit pour de l'or, une femme, ou que sais-je encor, c'est une partie de ton immortalité que ton père t'avais léguée en même temps que ce monde que tu décidas jadis de peupler de ces créatures qui allaient le détruire pour te divertir de ta mélancolie qui s'envole... Et oui, toi aussi tu eus un père, tu sembles l'oublier, depuis ce jour où tu décidas de le tuer pour prendre sa place et endosser cette fonction qui plait tant à l'égo démesuré de tous ceux qui veulent se faire appeler Dieu.
Je te vois trembler de plus belle, car toi-même commence à ne plus croire en TOI !
Lorsque TU rédiges tes ordonnances, tu commences même à ne plus mettre de majuscules à tous les JE qui les jalonnent...
Oui, la vie est une grande roue qui tourne inlassablement, même pour ceux qui s'imaginent l'avoir domptée ! Tu ne trembles plus à présent de peur, mais parce que TU sens le souffle de la mort parcourir TON échine... Combien te reste-t-il de fidèles à présent, dis-moi ? Tu n'avais plus baissé ton regard hautain vers eux depuis quelques millénaires célestes, et que découvres-tu ? Dis-moi, parle-moi ! Tes forces t'abandonnent, je le vois ! Ils ont brisé tes croix, détruit tes temples, incendié tes cathédrales pour s'emparer des objets auxquels ils donnent tant de valeur... pour les placer dans d'autres temples, dans d'autres cathédrales, édifiés en mon nom...
Même envoyer ton Fils n'arrangerait plus rien comme à la dernière révolution des temps, tu le sais ! Voilà bien longtemps qu'il radote tout seul dans une vieille chambre de l'hospice dans lequel on l'a placé...
Je ne serai pas aussi magnanime que toi lors de ton jugement devant la Cour des Dieux, car même les dieux doivent rendre compte de leurs actes un jour ou l'autre, tu le sais.
Oui, tu pouvais, et devais selon les Lois promulguées par ta propre personne sur tous les êtres mortels peuplant notre monde, ne pas me laisser la vie sauve. Tu pensais que le demi-dieu, le dieu adolescent en formation que j'étais alors, ne réaliserait jamais ce qu'il s'était promis de réaliser.

Où sont-ils ? Montre-les-moi, J'attends...


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