dimanche 22 février 2026

LE FRÊNE SACRÉ


Il était le plus grand et le plus vénéré
Oui de tous les arbres de la forêt sacrée
Symbole de la foi profondément ancrée
Dans le cœur des êtres Il était préféré

Pour son bois très dur il était considéré
À sa juste valeur car c’est lui qui recrée
La vie qui éloigne la mort tant exécrée
Quand elle s’approche de ses crocs acérés

Puis ils sont venus eux les monstres assoiffés
Bardés d’intolérance et de casques coiffés
Avec leurs machines puantes et bruyantes

Ils ont tout recouvert de béton en riant
Se croyant les rois de la Terre larmoyante
Puis tout se tut dans leur paradis luxuriant

LES CARESSES DE CALYPSO


Il devra partir un jour le rusé Ulysse
Tu le sais pourtant bien Oh sept longues années
De bonheur au cœur de la Méditerranée
Suffiront-elles pour combler de purs délices

Oui ton éternelle solitude Supplice
Quand les perfides dieux par une matinée
Calme auront décidé que c’est la destinée
De ce très grand héros de quitter ta coulisse

En regardant la mer sauras-tu oublier
Toutes vos caresses celles qui ont lié
Vos corps et vos âmes vos âmes et vos corps

Qui sait si un marin perdu un naufragé
Viendra de nouveau égayer ton décor
Ô Calypso aux bras n’étant point enragés

samedi 21 février 2026

HENRY


À John McNaughton

Henry tu es un grand maître dans ton domaine
Toujours en mouvement ne laissant nulle trace
Pour ceux qui voudraient oh exterminer ta race
Tu es un véritable artiste un phénomène

Personne ne sait vers où ce chemin te mène
Ah certes point vers le paradis inhumaine
Étant ta quête sans but À chaque semaine
Une nouvelle œuvre quel appétit vorace

Henry nous connaissons ton nom et le chantons
À travers bois et champs en priant faux-jetons
De ne jamais croiser ton regard ou ta route

Le mal et les tueurs ont toujours fasciné
Tout au long des âges Mais ôtez-moi d’un doute
Prenez-vous du plaisir face aux assassinés

mercredi 18 février 2026

RAHU


Ô Rahu démon qui voulait gober les astres
Tête de dragon qui oh privée de son corps
Croyait pouvoir briser oui leurs os couverts d’or
Détruire tout mener le monde au grand désastre

Tes yeux affreux décrits par de vieux poétastres
Feraient fuir les plus preux quand résonne ton cor
Les cœurs et les esprits tremblent tel matador
Face à un minotaure au puissant épigastre

Tu ne sortiras point vainqueur tu le sais bien
Ah car le mal toujours est battu par le bien
Pourquoi donc t’obstiner en cette œuvre funeste

Même si ton mythe est pour certains plus qu’un mythe
Depuis la nuit des temps les dieux t’admonestent
Sans succès sans que tu n’acceptes leurs limites

LA PRINCESSE LOINTAINE


À Jaufré Rudel

Elle dort quelque part oh oui à Tripoli
Mes baisers n’atteindront jamais sa blanche porte
Quel désespoir pour moi misérable cloporte
Qui ai voué ma vie à ses charmes jolis

J’aimerais tant dans ses yeux d’albâtre polis
Me plonger pour toujours escorter des cohortes
D’anges ailés joviaux comme des feuilles mortes
Virevoltant dans l’air pour protéger son lit

Encore de nos jours les plaines du Liban
Sont couvertes du feu de ses cheveux flambants
Et des quelques mots doux que je lui adressai

Elle qui se cloîtra tout au fond d’un couvent
Après les avoir lus Me voilà angoissé
À présent chaque fois que passe un coup de vent

SKOLL


Parviendras-tu vraiment à mordre le Soleil
De tes crocs acérés l’astre que tu poursuis
Inlassablement en étant pourtant instruit
De sa divinité à nulle autre pareille

Lui qui dans son chariot aspire au doux sommeil
À la contemplation du jour qui toujours luit
Sans toi Skoll jeune loup fort souvent réjoui
Il se reposerait dans son manteau vermeil

Plongeant le monde dans l’affreuse indécision
Effaçant repères avec moult précision
Pour celles et ceux qui ont besoin de la nuit

Quand je t’entends hurler très tôt dès le matin
Je sais que tout va bien car avec ton appui
L’ordre des choses est assuré au lointain

mardi 17 février 2026

LA MORT DE CHARLES XII


Ô toi grand conquérant dont l’appétit vorace
A ruiné ton pays la divine Suède
Qu’a donc pu traverser sans aucun intermède
Ton esprit malgré tes très épaisses cuirasses

C’est à Fredrikshald après bien des disgrâces
Que la roue du destin tourna dans sa fort laide
Et triste habitude pour toi qui sans nulle aide
Bâtis un empire dans un état de grâce

Tu n’eus certes point le temps de comprendre quoi
Que ce soit à ce qui t’arriva de guingois
Touché par les armes ne laissant pas d’espoir

Traîtrise ou félonie l’on ne saura jamais
Mais ton nom restera toujours dans nos mémoires
Tu auras donné au monde un exemple frais

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