mercredi 4 février 2026

LES DOUZE FERS DE HACHE


Faire passer une flèche au travers de douze
Fers de hache voilà un peu commun défi
Oh oui même avec des talismans crucifix
Ce serait un exploit digne d’un fin barbouze

Un seul homme le peut c’est celui que jalousent
Les hideux prétendants au visage bouffi
Par le vin les orgies avides des profits
Qu’ils tirent depuis vingt ans comme des ventouses

Ulysse que nul n’a jusqu’alors reconnu
Marche vers eux sous ses traits de clochard chenu
On lui tend en riant l’arc qu’aisément il bande

Le reste fait partie de la grande légende
De ces histoires que l’on conte près du feu
De celles qui rendent les plus petits heureux

THÉTIS


Mère prévenante et d’une grande attention
Sœur des Néréides créature admirable
Que même les dieux n’ont de leur inexorable
Appétit poursuivie cela par prévention

Au fond de l’océan au loin des conventions
Tu attendais celui qui serait adorable
Qui te donnerait ton fils presque inaltérable
Héros dont on fait de nos jours encor mention

Pouvant changer de forme à l’envi ô Thétis
Tu désarçonnas bien des ennemis jadis
Oui et aussi ton père ou ton époux Pélée

Mais tu charmas autant tes fidèles amis
Par tes danses de feu tout autour des tablées
En devenant tantôt aigle tantôt fourmi

mardi 3 février 2026

OUBLIE DONC TON NOM


Il te faudra tout oui vraiment tout oublier
Jusqu’à ton propre nom ta propre identité
Ce que tu crois être toi oh futilités
Qui s’égrènent comme les grains d’un sablier

Que tu sois professeur ou bien simple écolier
Ne crois jamais tenir de pure vérité
Ce serait là péché grande stupidité
Laisse les souffles te porter sans gondolier

Laisse les souffles te porter vers l’avenir
Tu deviendras oh ce que tu dois devenir
Sans jamais le savoir sans jamais le savoir

Qui étais-tu hier qui seras-tu demain
Une goutte d’eau dans un petit réservoir
Une larme au coin des yeux au creux d’une main

samedi 31 janvier 2026

IMAGO


À Déni Oumar Pitsaev

Une image fort floue persiste en ma mémoire
Celle d’un père absent d’une mère oubliée
D’un chat noir qui était blanc qui fut mon allié
Ou mon pire ennemi Elle était transitoire

Oh la vérité n’est qu’un vaste territoire
Éclairé tantôt par une lune estropiée
Tantôt par un soleil aux reflets mordorés
Que nul ne peut saisir tout au fond d’une armoire

Qui peut savoir ce qu’il y a sur la montagne
Et au-delà qui peut creuser une lasagne
Sans briser ses couches laisser jaillir le feu

Elle te poursuivra jusque sur la banquise
Si tu n’affrontes pas tes peurs voilà l’enjeu
Si tu veux atteindre la délivrance exquise

lundi 26 janvier 2026

SÉGURANT


Poursuivant un dragon un très grand chevalier
Du nom de Ségurant vécut des aventures
Que nul n’a oubliées Où est sa sépulture
Dans nos mémoires dans nos songes singuliers

Il a franchi les murs d’un château aux geôliers
Pervers et monstrueux sans nulle égratignure
Traversé des flammes composées de sulfure
Sans nulle brûlure sur ses pieds ses souliers

Il n’était point courtois oh du moins pas toujours
Se riait bien des pleurs de ses pauvres amours
Mais il fut pardonné oui par ces jouvencelles

Oh même Lancelot au combat l’évitait
Car il avait dans les yeux la belle étincelle
Qui fait se baisser les regards que l’on se tait

LA PORTE


À Maurice Carême

Dessine une porte sur une blanche toile
Et essaie de l’ouvrir Oh si tu y parviens
Tu auras trouvé le plus grand des secrets Viens
Alors avec nous et regarde les étoiles

Naître danser tomber Viens soulève le voile
Oui et observe donc ces mystères anciens
Dont plus personne de nos jours ne se souvient
Pense aux genoux de ta mère et à ce vieux poêle

Qui apportaient chaleur réconfort à cet autre
Ce drap qui recouvrit le bonheur qui fut vôtre
En des temps aujourd’hui oubliés révolus

Cette blanche toile ce n’est que ton esprit
Tout est possible pour qui n’est point dissolu
Pour qui ose tenter de décrocher les prix

dimanche 25 janvier 2026

LES VENTRES AFFAMÉS


Philippiens 3.19

Dirigés par leur ventre ils vont bien à leur perte
Toutes leurs actions sont pour le moins insensées
Les biens et les plaisirs occupent leurs pensées
Alors qu’ils enchaînent leur conscience déserte

Ils n’écoutent pas leur cœur non ni ses alertes
Ils croient que leur âme ne peut être poussée
Dans les feux infernaux Oh quelle traversée
Douloureuse attend ces marionnettes inertes

Ils ont beau s’affubler de costumes précieux
Autant que grotesques oui la porte des cieux
Ne s’entrouvrira point sans profond changement

Le chemin sera long le chemin sera long
Mais saisis la main que l’on te tend gentiment
Sans la mordre même si elle a l’air de plomb

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