mardi 20 octobre 2026

LES FRUITS DU LOTUS


Oh je suis certain que tu ne te souviens pas
D’avoir mangé les fruits oui les fruits du lotus
Mais c’est préférable car un puissant rictus
Déformerait tes doux traits Cet affreux repas

Cet affreux repas est en effet du trépas
Ce qui te sépare ce qui de l’infarctus
Te protège et de tes pires nimbostratus
Les crimes que tu as perpétrés tes faux pas

Tes faux pas te menant vers les profonds enfers
Tu manges le lotus qui est comme des fers
Pour ton esprit afin ah qu’il ne sombre point

Ah qu’il ne sombre point encore bien plus bas
Je te plains tant tu es mal en point mal en point
Dieu ne voudra même pas de tes vils abats

LES CYCLOPES


Ô vous géants fils du très grand Poséidon
Qui vivez au cœur de si profondes cavernes
Et qui vous souciez si peu que l’on se prosterne
À vos pieds recevez ce si modeste don

Ces quelques mots chantant mon limpide abandon
Face à l’inanité de notre enfer moderne
Où tout n’est que petit sombre maussade et terne
Et dont Satan est bien le seul automédon

Vous vivez simplement avec votre troupeau
Auprès du puissant feu écoutant le pipeau
Le cri du vent de l’eau et pas celui du monde

J’aimerais me joindre à vous mais je ne mérite
Pas même de servir non de pitance immonde
Au dernier de vos rats leur causant la gastrite

lundi 19 octobre 2026

LES PLANÈTES


À Gustav Holst

Ce n’est pas un hasard si les planètes portent
Le doux et saint nom des dieux le nom de ces dieux
Qui ont façonné le monde mélodieux
L’univers tout entier qui ont ouvert la porte

La porte qui permet aux infâmes cloportes
Que nous sommes oh de devenir de radieux
Êtres des serviteurs des miséricordieux
Immortels oui ceux qui les victoires remportent

Écoute donc leur chant écoute donc leur chant
Il traverse les temps poursuivant les méchants
Honorant les braves déshonorant les faux

Il apporte la guerre ou la méditation
La joie la beauté ou l’amour tout ce qu’il faut
Pour les adorer en toute vénération

JE ME RÉJOUIRAI ET J’IRAI


Je me réjouirai je me réjouirai
Oh pour l’éternité d’entendre ta parole
Résonner en mon cœur bordé de tes corolles
Je me réjouirai je me réjouirai

Là où tu m’enverras j’irai oui-da j’irai
S’il faut que je perce les voiles diaprés
Ou les voiles sombres semblables au pétrole
S’il faut essuyer les rires et leur vérole

S’il faut combattre les fous les lâches les gueux
Je le ferai avec un tel élan fougueux
Que rien ne pourra contrer mon avancée

Car c’est ta volonté car c’est ta volonté
Je les vois tressailler je connais leurs pensées
Je sais qu’ils ne sont pas de taille à t’affronter

LES ANGES DE ZÉNON


À Marguerite Yourcenar et André Delvaux

Les anges innocents se perdent en des jeux
Interdits et proscrits des jeux qui ont perdu
Bien des âmes avant eux Sombres éperdus
Ils errent à présent dans un monde de feu

Oh un désert plus chaud que celui des Hébreux
Des Hébreux qui doutaient du souffle répandu
Par leur guide unique qui avait défendu
Seul leurs intérêts face au pharaon honteux

Mais qu’ont-ils fait ceux qui ont ainsi dévoyé
Si grande pureté Ils seront rudoyés
Ces êtres dont le cœur est plus que perverti

Ils seront rudoyés au jour du Jugement
Soyez-en certain et soyez-en averti
Si vous pensez qu’il puisse ah en être autrement

dimanche 18 octobre 2026

DANSE HONGROISE


À Johannes Brahms

Vois-tu le Danube danser et serpenter
Au travers des steppes et des plaines si vertes
Au printemps Elles sont comme des mains ouvertes
Pour les voyageurs qui veulent les arpenter

Prêtes à caresser leurs cheveux argentés
Argentés ou dorés Oh quelle découverte
Agréable pour ceux qui sont oui en alerte
Et prêts à bondir en des lieux peu fréquentés

Le voici qui entre dans la si belle ville
Pour la purifier lui offrir la paix civile
Il se glisse avec tant de douceur sous les ponts

Avec tant de douceur presque amoureusement
Puis s’en va vers l’aval non pas comme un fripon
Mais comme un ardent et inoubliable amant

samedi 17 octobre 2026

LES DEUX PIGEONS


Parvati Parvati oh tu t’es endormie
Au moment où Shiva au moment où Shiva
Te donna le secret que même les devas
Espèrent de percer Mon amie mon amie

Tu regrettes déjà de t’être ah assoupie
Mais rassure-toi les mots et leur canevas
N’ont pas été perdus Ce à quoi tu rêvas
Fut sans doute fort doux mais n’était qu’utopie

Quand tu te réveillas oui un bruissement d’ailes
Te fit comprendre que bien que tu sois fidèle
Tu devais concentrer toute ton attention

Toute ton attention à rester en éveil
À rester en éveil pour que la prétention
Qui habite ton cœur fonde enfin au soleil

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