samedi 4 avril 2026

LA PREMIÈRE NUIT DE TRANQUILLITÉ


Pour la première fois de ma vie j’ai passé
Une nuit tranquille sans vraiment aucun rêve
Ce ne fut que bonheur oh une pure trêve
Dans cette agitation de mon être glacé

J’en avais assez oui j’en avais bien assez
De n’être qu’une ombre je voulais qu’on m’achève
Que s’arrête enfin le manège tel un glaive
Meurtrissant mon esprit morose compassé

Pour la première fois de ma vie je suis mort
Pour la première fois de ma vie je suis mort
Ah et je m’en souviens horreur je m’en souviens

J’y ai pris grand plaisir un si si grand plaisir
Je me suis senti comme un géant olympien
Au pouvoir absolu comble de mes désirs

vendredi 3 avril 2026

LES LARMES DE SANG


Regarde-les couler oh les larmes de sang
Qui perlent au front de notre divin Seigneur
Lui qui s’est sacrifié pour rendre bien meilleur
Notre monde Observe les démons rugissants

S’agiter tout autour de ce resplendissant
Tableau Ah mais qu’ils sont gouailleurs et railleurs
Eux qui ne savent pas qu’il existe un ailleurs
Après le Jugement après le Jugement

Regarde-les couler des yeux d’une statue
Qui d’un voile pudique est entourée vêtue
Au sein d’une église ou au fond de la forêt

Regarde-les couler tout au fond de ton cœur
Et laisse-les dormir en devenant pur grès
Roche imputrescible qui te fera vainqueur

mercredi 1 avril 2026

L’HOMME QUI MURMURAIT À L’OREILLE DE DONALD TRUMP


Quelques mots suffisent oui pour changer le monde
Il est bien là celui qui dans l’ombre tapi
Murmure aux oreilles oh sans aucun répit
Des illustres hommes entraînés dans la ronde

Insensée du pouvoir entraînant dans la fronde
Des nations entières entraînant le dépit
De peuples souverains en plaçant des képis
À leur tête dans une humeur nauséabonde

Depuis toujours il est là ah depuis toujours
Guettant le moindre faux pas comme un vil vautour
Pour plonger dans l’orgueil les âmes les plus pures

Tu ne connaîtras point son nom il le taira
C’est derrière un masque qu’il se cache il suppure
La haine et son cœur est bien celui d’un ingrat

mardi 31 mars 2026

LES MOUTONS DE PANURGE


Regarde-les oh oui les moutons de Panurge
Plonger dans les froides eaux de la calme mer
Suivant sans réfléchir et sans même être amers
Celui qui fut jeté sans qu’aucun ne s’insurge

Mais quel plaisir que de voir une telle purge
Bien plus sanglante qu’un simple dix-huit brumaire
Et que les massacres connus par nos grand-mères
Ou imaginés par un très vieux dramaturge

Surtout ne pense pas être différent d’eux
Car aussi sûr que un et un font vraiment deux
Tu es sur le chemin des moutons de Panurge

Sans jamais le savoir sans jamais le vouloir
Tes chefs te mèneront comme un ancien démiurge
Vers l’échafaud vers de la mort le grand couloir

TABITHA


Qu’as-tu donc dans ta main Une aiguille et du fil
Répondrait Tabitha couturière à Joppé
Qui consacra sa vie aux pauvres éclopés
Pour l’orphelin la veuve elle était très utile

Un morceau d’étoffe n’était jamais futile
Entre ses graciles doigts cornés et râpés
Dans ses habits tous les maux étaient dissipés
Et c’est le cœur léger que l’on bravait la ville

Et toi oui toi qu’as-tu qu’as-tu donc dans les mains
Pour servir le Seigneur et tes frères humains
Quel que soit ton talent ne le galvaude pas

En échange d’un peu d’or ou d’un peu de gloire
Cela te pèsera comme un mauvais repas
Offre-le plutôt et tu auras la victoire

lundi 30 mars 2026

LES FILS D’AMALEK


Ah qu’ils sont brutaux oh oui les fils d’Amalek
Eux qui font la loi dans le terrible désert
Le désert dévorant aussi bien qu’un cancer
Les corps désemparés filant vers les obsèques

Chez eux pas de livres ni de bibliothèques
Mais de la haine pour châtier leurs adversaires
Et d’acérées armes pour semer la misère
Ils se nourrissent des passants et des blancs-becs

De tout ce qui peut leur rapporter quelques pièces
Détestant tout ce qui a un peu de joliesse
Ils peuvent attendre des années sans frapper

Terrés sous le sable comme de vils scorpions
Un peu d’inattention et vous voilà happé
Par leurs pédipalpes par les bras les arpions

jeudi 26 mars 2026

CHARON


Ô imperturbable nocher toi qui traverses
Depuis la nuit des temps l’infernal Achéron
Quand te reposeras-tu Le son du clairon
Appelle les âmes oh entre deux averses

Auprès de toi qu’elles jamais ne tergiversent
En versant l’obole car tu n’es fanfaron
Ni généreux Payez sans quoi ses avirons
Ne se mettront en branle engeance si perverse

Mais un jour viendra oui où toutes ces pièces
Jetées par-dessus bord ah sans délicatesse
Et avec mépris par cet étrange Charon

Formeront un beau gué permettant de passer
Les pieds presque au sec et sans le moindre affront
D’un côté de l’autre sans peur ni grimacer

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