mercredi 7 octobre 2026

LE CHÂTIMENT DE ZEUS


Ulysse oh Ulysse tu aurais bien mieux fait
De calmer les ardeurs de tes fiers compagnons
Beaucoup plus fermement certes quelques quignons
N’apaisent point la faim Hélios fut stupéfait

Quand il constata au doux matin leur méfait
Entraînant un courroux digne d’un champignon
Atomique rendant le grand Zeus fort grognon
Il donna sentence et un châtiment parfait

Épargnant le dormeur seulement l’innocent
Condamné à rester seul dans la mer de sang
Du sang des bœufs mangés du sang des bœufs mangés

Tirésias et Circé t’avaient pourtant instruit
De ce grave danger de ce grave danger
Mais l’estomac de l’homme est son pire ennemi

LILITH AU BORD DE LA MER ROUGE


C’est au bord de la mer Rouge de la mer rouge
Du si pur sang de la révolte qui coule en
Tes veines de femme que tu allas volant
De tes propres ailes tel un hardi carouge

Née de la poussière comme Adam à la gouge
Sculptée et ciselée tes bras et tes seins blancs
Furent tes armes pour charmer les truculents
Démons tes alliés qui égorgent à la vouge

Ô Lilith princesse des enfers de mon cœur
Je ne laisserai qui que ce soit vil moqueur
Remettre en question tes origines divines

Tu es libre à présent tu es libre à présent
Et lorsque je ferme les yeux je te devine
Me guettant avec tant de désirs amusants

lundi 5 octobre 2026

LA DANSE DES IDÉES


"Toute idée est, par elle-même, douée d’une vie immortelle."
Charles Baudelaire

Elles dansent dansent et dansent les idées
Dans la ronde infernale et sardanapalesque
De l’étrange monde oh où tout n’est que burlesque
Mascarade aux relents de joie dévergondée

Oui ils sont tant à voir leur âme possédée
En s’imaginant que ce sont eux qui la fresque
Peignent tissent tressent C’est assez pittoresque
D’observer s’effondrer leurs immondes cordées

Leurs châteaux de cartes construits sur le gravier
Le plus friable qui soit Je dois vous convier
À ne jamais entrer dans cette affreuse danse

Vous y perdrez l’esprit vous y perdrez l’esprit
C’est plus qu’une évidence ah plus qu’une évidence
Vous n’écouterez pas adieu les ahuris

vendredi 2 octobre 2026

LA SAINTE PAUVRETÉ


Il n’y a rien de plus saint que la pauvreté
Quand elle est choisie bien entendu oui car elle
Est un monstre affreux quand telles des sauterelles
Elle s’abat sur nous avec méchanceté

Oh dans la pauvreté c’est sans naïveté
Que l’on voit le monde les faces noires grêles
Les largesses fausses l’amitié froide frêle
L’amour pur qui est la plus grande rareté

Laisse tes richesses dans un coin oublie-les
Plonge donc dans la boue au loin de tes palais
Et marche dans les pas de tous les miséreux

Assieds-toi dans la rue tends la main tends la main
Et compte les crachats et les dons généreux
Si quelqu’un la saisit suis-le et en chemin

LE DÉSERT DES TARTARES


À Valerio Zurlini

Au milieu du désert les soldats oh attendent
L’ennemi qui ne vient pas non qui ne vient pas
Pourquoi ne vient-il pas pourquoi ne vient-il pas
Je veux être un héros que mon âme se tende

Que s’ouvrent pour moi les portes que se distendent
Les hauts monts empêchant le sang et le trépas
De s’abattre sur nous nous qui marchons au pas
Inlassablement Oui je veux que l’on m’entende

Je veux que les démons écoutent ma prière
Me couvrent de gloire au sein de la poudrière
Que je sois colonel ou bien mieux général

Que de belles statues à ma fière effigie
Soient érigées partout résistant au mistral
À la pluie et au temps Donnez-moi la magie

LE JUIF ERRANT


Pour avoir refusé un instant de repos
Au porteur de la croix un Juif fut condamné
À l’éternelle errance au tumulte effréné
Il fut marqué dans la chair à même la peau

Pas pour qu’on le tue mais pour que tout le troupeau
Nullement n’y touche qu’il soit abandonné
Rejeté de partout que les rats déchaînés
Le chassent de leur trou rongeant ses oripeaux

Peut-être croiserez-vous son abject chemin
Surtout abstenez-vous de lui tendre la main
Car vous seriez alors vous aussi réprouvé

Son calvaire prendra pourtant bien un jour fin
Car notre Seigneur veut voir le Diable privé
De son festin d’âmes le voir gémir de faim

mercredi 30 septembre 2026

LE MURMURE DES ÉTOILES


Entends-tu le murmure étouffé des étoiles
Résonner dans ton doux sommeil ton doux sommeil
C’est un souffle discret enrobé de vermeil
Telle une armure pour un chevalier de toile

C’est le crépitement du feu au fond d’un poêle
Auquel tu ne prêtes nul égard le soleil
Qui te maintient en vie celui qui te réveille
Mais que tu ignores tout au fond de ta moelle

Non tu ne l’entends pas car tu ne le mérites
C’est un don du ciel réservé aux élites
Car il contient en lui les plus anciens secrets

Les secrets sur lesquels repose l’Univers
Et les remettre en de mauvaises mains serait
Criminel Et pourtant ils sont là dans ces vers

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