Ah quel malheur pour moi que de vivre en ce corps
À moitié putréfié et d’être revenu
Du pays de la mort non comme un enfant nu
Mais telle une charogne aux effluves de porc
Je ne supporte ni mon odeur ni mon sort
J'erre dans le désert sans être soutenu
Partout où je vais je ne suis le bienvenu
Mon visage est celui du vautour du condor
Mon haleine celle du diable du dragon
Même en me frictionnant de sauge ou d’estragon
Même le chacal ne veut s’approcher de moi
Je ne sais quand cela prendra oh enfin fin
Je le maudis celui qui suscitant l’émoi
M’a sorti du tombeau de ce douillet couffin