À Gustave Flaubert
Je me souviens d’un soir les jardins d’Hamilcar
S’endormaient doucement au son d’un oud fiévreux
Il est certain que je n’ai été si heureux
Si heureux que ce soir-là de Lune aux trois-quarts
Salammbô était si belle dans son brocart
Quand elle dansait ses gestes oui langoureux
Mais jamais vulgaires étaient si savoureux
J’oubliais tout jusqu’à la foule des lascars
Les puissantes armées que je devais mener
Ce mois sacré où il fallait toujours jeûner
L’impression que la vie n’a vraiment aucun sens
Je savais que j’allais mourir demain sans doute
Mais cela était pour moi sans nulle importance
Car perlaient à mes yeux du pur bonheur les gouttes