jeudi 2 juillet 2026

MONSEIGNEUR BIENVENU


Il est des êtres qui changent les existences
Par un simple geste de pure humanité
Faisant bien fi des ors et des difformités
Du corps ou de l’esprit offrant à tous leur chance

Monseigneur Bienvenu vivait dans la constance
Incompris par ses plus proches Calamités
On lui promettait mais c’est sans aménités
Qu’il donnait pardonnait en toute circonstance

Nous pouvons tous sauver du bagne des enfers
Un vieillard un enfant nous avons tous souffert
Au moins une fois ne l’oublions surtout point

Lève la tête quand tu marches dans les rues
Et tu les verras les misérables aux poings
Déchirés au regard plus lourd qu’une charrue

LA SAUDADE


Il est un sentiment ah propre au Portugal
Semblant sourdre au sein de chaque rue de Lisbonne
Ni mélancolie qui aux larmes vous abonne
Ni morosité qui de l’ombre se régale

Non vraiment c’est une sensation sans égale
Oui mêlant tristesse et douceur joie vagabonne
Porte ouverte à toutes les rêveries si bonnes
Quand elle vous assaille oh c’est un plat frugal

Un morceau de morue qui fait bondir le cœur
Le souvenir d’une fille au regard moqueur
Au fond d’un beau village écrasé de soleil

Il te faut la vivre si tu veux la comprendre
Tout comme celui qui n’a jamais vu d’abeille
Ne peut s’imaginer des ruches les méandres

mardi 30 juin 2026

LA LEELA


Tout dans l’univers n’est rien d’autre qu’une danse
Une expression de joie un jeu interminable
Sans début ni fin des dieux indéracinables
Écoute au fond de toi c’est là qu’est la cadence

Quand tu l’as compris c’est vraiment une évidence
Ne pas la suivre oh en devient déraisonnable
Et s’y opposer ah est plus qu’impardonnable
Au grand jamais n’ose en avoir l’outrecuidance

Abandonne-toi donc toi toi et ton ego
Toi et ce que tu crois être toi vil nigaud
Tu es là pour servir les sens du grand Seigneur

Lui qui t’aime d’un si pur amour pur amour
Étant de ton cœur le gardien et le soigneur
Savoure ainsi ce qu’Il te donne et son humour

dimanche 28 juin 2026

SOISSONS


C’est à Soissons que tout a vraiment commencé
Par un beau soir d’été ou un matin d’hiver
Cela nul ne le sait car non aucun trouvère
Ne l’a onc notifié dans ses vers cadencés

Nous laissant pour le moins oh décontenancés
Historiens amateurs dont le seul univers
Est celui des dates un plaisir oui pervers
Quand un peu l’on y songe y avez-vous pensé

C’est à Soissons que le grand ou petit Clovis
A bâti sa légende une nation sans vices
Mais tout cela encore est assez inexact

Quand tout n’est que brume quand tout n’est que poussière
Nos yeux sont voilés par la vile cataracte
Et l’on ne peut être sûr de rien Ah poussière

mercredi 24 juin 2026

ANTILOQUE


Messager funeste c’est toi qui apportas
L’affreuse nouvelle à l’impétueux Achille
Déclenchant son chagrin sa colère virile
Et changeant le destin bien mieux qu’un attentat

Sans ton intervention faisons-en le constat
L’ultime des guerres n’aurait été fertile
Et dans l’oubli aurait sombré oh aucun stile
N’aurait brouillé la cire oui voilà le constat

Les morts inutiles auraient été noyés
Dans les oniriques vapeurs et foudroyés
Sur les autels de nos sourdes indifférences

Ô Antiloque fils de très grande noblesse
Ton nom résonnera ah avec déférence
Fort longtemps encore sans prendre de faiblesse

samedi 20 juin 2026

JOSEPH


À Georges Moustaki

Parfois je pense à toi mon pauvre ami Joseph
Toi qui as vu grossir le ventre de ta femme
Sans comprendre comment mais quel drame quel drame
Sans parler de ce fils qui défia les chefs

Des tribus des nations accablant de griefs
Les pères des pères et accablé des blâmes
Et outrages publics malmené par les lames
Du fouet crucifié tout au sommet du fief

Pourquoi oh oui pourquoi tant d’obstination
Alors que la belle la grande et douce Sion
Aurait pu lui offrir une vie si tranquille

Confortable sereine et vraiment agréable
Nul ne peut comprendre s’il n’a l’esprit subtil
Et si son cœur à Dieu n’est point imperméable

mardi 16 juin 2026

DENSITÉ EXISTENTIELLE


Si ta vie est vide de sens trouves-en un
De toute urgence car sans cela c’est la mort
Une existence sans joie pleine de remords
La mort existentielle aux horribles parfums

Qui assaille les plus riches les grands tribuns
Géants hypocrites ayant toujours le mors
À l’esprit soumis aux influences des morts
Ne pensant que par eux croyant être quelqu’un

Alors qu’ils ne sont que de sinistres pantins
Suivant les carottes le regard oh éteint
Adorant le bâton manié par leur maître

Jouissant de ses coups comme un pur masochiste
Tic tac tic tac tic tac tonne le chronomètre
Qui dévore le temps gouttes d’eau sur le schiste




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