mardi 12 mai 2026

L’OUETTE SACRÉE


Oh à chaque matin une ouette sacrée
Accueille mon réveil avec ses yeux de braise
Son chant se fait alors feu parmi les mélèzes
Au bord du grand fleuve comme un raz-de-marée

Tel un pharaon qui observe l’empyrée
Je tourne le regard vers le ciel et les treize
Piliers le soutenant Au loin quelques falaises
Rougissantes semblent revêtir leur livrée

Tant qu’elle sera là oui à chaque matin
Je saurai que les dieux dans leurs jeux enfantins
Guideront mes pas pour leur unique plaisir

Je sais qu’un jour elle ne se montrera plus
Et que sera venu lors le temps de gésir
Auprès des spectres dans le silence absolu

lundi 11 mai 2026

LES VERS LUISANTS


Au milieu de la nuit luisent les divins vers
Comme des étoiles vraiment inaccessibles
S’endormant tout au fond des cœurs immarcescibles
Les ayant fait vibrer oui les ayant ouverts

Quelques mots savamment placés chassent l’hiver
Le plus rude qui soit les humeurs irascibles
L’ignorance féroce et la peur inflexible
Emportant le lecteur vers de neufs univers

Ils sont le soleil de nos jours le seul espoir
Qu’il nous reste quand tout devient noir oh si noir
Que l’on s’agenouille en implorant tous les dieux

Ce moment où l’on croit que tout va se dissoudre
Que nous allons être pour nos actes odieux
Punis que sur nous vont s’abattre les purs foudres

LES SEINS DE GLACE


Elle était face à moi gardant ses seins de glace
Aucune émotion ne venant trahir ses traits
Bien qu’elle soit nue mon regard se fit distrait
Devant si peu d’entrain pour l’amour point de place

Elle était si belle belle mais pas folasse
Ni jouasse ce jour-là Son désintérêt
Me semblait mystérieux je n’étais encor prêt
À saisir son esprit son âme peu salace

Je fis d’elle pourtant de si exquis croquis
Que tout qui les voyait se sentait oh conquis
Et secrètement me jalousait m’enviait

S’imaginant tout ce que je n’avais pas fait
Et que je ne ferai jamais jamais jamais
Ailleurs que dans un rêve aux effluves de mai

mercredi 6 mai 2026

DANS LES EAUX DU PUISSANT STYX


Dans les eaux noires et glacées du puissant Styx
Je me plongerai oh pour être invulnérable
Comme le grand Achille ardent et vénérable
Toujours prompt au combat un flamboyant phénix

Ne craignant ni la mort ni la moindre des rixes
Dont les exploits furent vraiment inénarrables
Et qui occupe une place oui incomparable
Dans notre imaginaire aux purs reflets d’onyx

Ah c’est en songeant aux eaux noires et glacées
Du puissant Styx que j’ai égaré mes pensées
Et perdu la raison et perdu la raison

Car nul n’est invincible ou bien indestructible
Et celui qui le croit entend son oraison
Funèbre très vite en un souffle imperceptible

lundi 4 mai 2026

LE DESTIN D’UN HOMME


Oh tout commence par une très longue route
Puis les carrefours se succèdent se succèdent
Mais quelle direction choisir Des cieux l’aide
Oui il faut implorer pour effacer les doutes

Et marcher sûrement sans craindre la déroute
Ou les égarements La prière est remède
À tous les maux elle dénoue ce qui obsède
C’est elle qui ouvre un chemin parmi les gouttes

Quelle aurait été ta vie si tu avais pris
À gauche plutôt qu’à droite Que dit l’esprit
Qui t’habite celui qui est ta part divine

Demande-lui et il te dévoilera tout
Ce que tu veux savoir à combien de ravines
Tu as échappé sans même une simple toux

jeudi 23 avril 2026

LE TORRENT DU CÉDRON


En traversant les eaux du très sombre Cédron
Jésus savait ce qui l’attendait au matin
Quand les soldats romains avec un air hautain
Viendraient se saisir de lui au son du clairon

Pour le molester oh de coups de ceinturon
Puis pour le condamner à un trépas certain
Lui qui avait vexé les prêtres puritains
En leur montrant tous leurs travers et leurs affronts

Il gronda ce soir-là plus fort que d’habitude
L’impétueux Cédron car c’est la turpitude
De l’humanité qui allait se déchaîner

Que ta volonté soit faite qu’elle soit faite
Même si cela doit pour toujours me peiner
Que mon sacrifice devienne un jour de fête

mardi 14 avril 2026

POUCHKINE SUR LE CHAMP DE BATAILLE


Mais quelle mouche a donc bien pu piquer Pouchkine
Pour se donner ainsi en spectacle en spectacle
Sur le champ de bataille en défiant les oracles
Et faisant bien rire les armées fort taquines

Drôlement accoutré de soie de moleskine
D’illusions de folie Ce n’est que par miracle
Qu’ils ne l’ont abattu sur le grand tabernacle
L’autel éternel de l’immolation coquine

Il a voulu voir la guerre mais n’en a vu
Qu’un bref instant sans que cela ne soit prévu
Était-ce programmé par son nom de canon

Peut-être gloseront sur ce sujet savant
Oh des linguistes en manque de fier renom
Cherchant à brasser du vent du vent et du vent

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