jeudi 11 juin 2026

SUR LA ROUTE OUBLIÉE


Sur la route oubliée j’ai tout abandonné
J’y ai croisé des saints mais aussi des démons
Des monstres assoiffés d’or reçu des sermons
Des caresses des coups Des sentiers vallonnés

M’ont conduit en des lieux vraiment insoupçonnés
J’ai vu les hauts châteaux couverts de goémon
Défiant l’océan et les infernaux monts
Fières sentinelles des plus infortunés

Oui tout abandonné chaussures vêtements
Nez cheveux peau et os oh délicatement
Parce que je savais que c’était le chemin

Que nous devrons suivre tous ah à notre rythme
Un pas pour une vie de vieillard à gamin
De gamin à vieillard éternel algorithme

mercredi 10 juin 2026

LES DEUX ÉPÉES


Il y a deux épées oh oui qui sont sacrées
Et qui sont vénérées dans les cieux et sur terre
Elles désignent du pouvoir le mandataire
Des nations entières elles ont massacrées

Celui qui les possède est la foi consacrée
La piété incarnée Ce n’est héréditaire
Il faut être l’élu un puissant solitaire
Ayant beaucoup marché et conquis l’empyrée

Lorsqu’elles sont unies l’une dans la main gauche
L’autre dans la droite c’est la première ébauche
Du plus grand des desseins du plus grand des desseins

Toujours à celui qui en est digne elles viennent
Mais malheur à celui qui a l’esprit malsain
Et cherche la gloire il faut que je vous prévienne

OUSSAMA


Mais te souviens-tu donc du petit Oussama
Qui du fond de sa grotte avait tant bousculé
Le fier géant aux pieds d’argile stimulé
La haine et la ferveur oh à leur maxima

Des deux tours dominant l’horizon qu’un amas
De poussière il ne reste Ah qui a spéculé
Et qui a financé Qui a manipulé
Les masses cachant le vrai comme au cinéma

T’en souviens-tu de ce bambin qui dans les dunes
De sable et d’or jouait ignorant la rancune
La folie qui allaient le rendre si célèbre

T’en souviens-tu Certes non il est oublié
Aujourd’hui l’enfant et le monstre des ténèbres
Lui qui fut traqué dont le corps fut estropié

DJALI


Djali Djali Djali toi la petite chèvre
Qui gambadait dans les belles rues de Paris
Toute blanche avec de grands yeux noirs de houri
Entends-tu la foule qui t’acclame avec fièvre

Tes cornes tes sabots d’or dignes d’un orfèvre
Talentueux dansent comme un fier canari
Libéré de sa cage et toujours bien nourri
Capable de magie de lire sur les lèvres

Au son du tambourin suivant ta bohémienne
Tu contes au monde des histoires anciennes
Des histoires d’avant oh d’avant l’écriture

De ce temps n’existant plus que dans la mémoire
De quelques diables ou dieux de leurs aventures
Pleines de surprises mais aussi de déboires

LETTRE AUX FEMMES QUE JE NE DÉSIRAIS PAS


À Céline Lory

J’étais tranquillement oui assis sur un banc
Au cœur de la forêt quand elles arrivèrent
Le vent faisant voler oh leurs robes légères
Et danser leurs cheveux parsemés de rubans

Elles me scrutaient de leur regard absorbant
Se souciant très peu des quelques malheureux vers
Que j’étais en train de lire Quelques fougères
S’offusquèrent de leur enthousiasme flambant

Mais rien ne semblait non pouvoir les calmer
Si bien que je les laissai me désarmer
Et acceptai leurs jeux mille fois répétés

Le grand sage a tout vu il a vu tout l’amour
Du monde qui durant les soirées de l’été
Fait perdre la raison aux habitants des bourgs

mardi 9 juin 2026

LES LARES


Protégez ma maison protégez ma cité
Oui c’est ce qu’on demande à nos amis les lares
Malheur à ceux qui les méprisent oh hilares
Car leur fureur pourrait avec ténacité

Les poursuivre jusqu’au fond de l’immensité
Superstition Certains incultes le déclarent
Ceux qui se moquent de tout êtres rigolards
Qui dévorent la vie avec voracité

Ne cherchant que plaisir ah et satisfactions
Immédiates crachant toute leur abjection
Au visage de tout qui veut les raisonner

Si tu n’es de ceux-ci laisse au sein de chez toi
Une petite place où ils pourront trôner
Humblement apportant paix et joie sous ton toit

lundi 8 juin 2026

LA MENDIGOTE


Au coin d’une rue j’ai vu une mendigote
Jamais encore mon cœur n’avait tant battu
Car un éclair tomba Je n’ai pas combattu
Et je lui ai donné ma neuve redingote

Sans que je dise un mot au fond d’une gargote
Elle m’emmena dans un rire de vertu
Et si cristallin que j’en fus oh dévêtu
Laissant mes yeux plonger dans les siens Il ergote

Le sage le savant le fier philosophe
Qui ne connaît rien non tant qu’il n’a pas les strophes
De ses livres laissé tomber laissé tomber

Trois minutes plus tard trois minutes plus tard
Elle se leva et s’en fut Le ciel plombé
Gronda oui à nouveau tonnant comme un pétard

LA MALÉDICTION


À Richard Donner

Entre malédiction oui et coïncidence
La frontière est ténue Oh est-il un démon
Ou un enfant sage sorti pur du limon
Vous le découvrirez peut-être après la danse

La danse dans laquelle il nous le présumons
Vous entraînera sans changer non de cadence
À chaque pas mettant son âme à nu Prudence
Car si vous le jugez l’accablez de sermons

Et lui ôtez la vie alors qu’il n’est point diable
Vous commettrez erreur vraiment irrémédiable
Vous rendant coupable d’un bien horrible crime

Même si les signes sont nombreux foisonnants
Et concordent avec les écrits rayonnants
Nulle certitude en ces doux mots ne s’exprime

dimanche 7 juin 2026

LES MÉTAMORPHOSES


À Ovide

Ferme les yeux tu peux être ce que tu veux
À tout moment oh oui vraiment à tout moment
Un oiseau une plante un auteur de romans
Un poète un serpent si ce sont là tes vœux

Condamné à l’exil par un prince nerveux
Qui n’appréciait guère tes textes assommants
Tu fus envoyé bien loin des champs de froment
Proches de ta villa en perdant tes cheveux

Tu aurais tant voulu avoir ce divin don
De pouvoir devenir capable de pardon
Mais c’est un luxe que permet peu la misère

Ton âme se perdit dans la vallée des larmes
Et de la nostalgie un faisceau de laser
Te guidera-t-il vers la sortie comme un charme

samedi 6 juin 2026

KOUTOUZOV


Quel grand stratège que le glorieux Koutouzov
L’on en a connu si peu durant notre histoire
Des êtres capables oh de la trajectoire
D’un peuple décider Habillé des étoffes

Les plus précieuses et tel un philosophe
Vêtu de pureté de sagesse notoire
Il défia les dieux les écrits divinatoires
En laissant s’épuiser l’ennemi Koutouzov

Prenant au piège le plus pur des généraux
Comme la lumière traversant les vitraux
Il prit la décision d’abandonner Moscou

Il prit la décision d’abandonner Moscou
Laissant l’hiver et la faim gagner la bataille
La bataille et la guerre en bernant la piétaille

mardi 2 juin 2026

L’ÂME MIROIR


Je suis un miroir oh oui une âme miroir
Ce que tu vois de moi n’est rien d’autre que toi
Je suis un reflet un prisme qui te tutoie
Amplifiant les défauts cachés dans tes tiroirs

Tu te voiles les yeux tu ne veux point y croire
Mais ce que je te montre un double discourtois
Un vilain pastiche riant qui apitoie
C’est ton être profond caché dans tes tiroirs

Tu peux fuir le monde mais pas ce que tu es
Tu peux prendre des trains des avions des tramways
Mais tu emmèneras toujours tes souvenirs

Ton cœur et ta mémoire avec toi ah là-bas
Partout où tu iras dans le triste avenir
Qui t’attend au détour de ton chemin là-bas

mercredi 27 mai 2026

THÉRÈSE DE LISIEUX


Oh reçois ces quelques roses jeune Thérèse
Toi qui as succombé à la tuberculose
Ton exemple est pour nous bien plus que grandiose
Tu nous as montré la voie pour qu’un cœur de braise

Toujours batte en notre poitrine sans malaise
Il suffit de penser à toi et tout morose
Sentiment s’efface toute triste névrose
Disparaît par magie tombant dans la falaise

Qui borde notre esprit Oui suivons ta doctrine
Savourons les choses simples que nos narines
Puissent s’émerveiller de chaque souffle d’air

Et avant tout courbons l’échine face à Dieu
Humilions-nous devant sa grandeur légendaire
Pour que brille à jamais ton sourire radieux

dimanche 24 mai 2026

LES ADOLESCENTS SAUVÉS DE LA FOURNAISE


Un ange a sauvé trois jeunes de la fournaise
Oh que les Chaldéens sur ordre de leur roi
Avaient allumée pour que son esprit étroit
Prompt à la colère soit calmé que ses thèses

Offensant le seul Dieu celui de la Genèse
Soient confirmées Folie pure celui qui croit
Pouvoir défier les cieux au profond désarroi
Est toujours condamné il vaut mieux qu’il se taise

Hanania Azaria ainsi que Mishaël
S’en retirèrent oui sans brûlures mortelles
Sans égratignures Nabuchodonosor

En tomba à genoux admettant la puissance
Du Seigneur d’Israël laissant sa statue d’or
Fondre sous le soleil confus sans réticence

samedi 23 mai 2026

LE REPOS DU CHRIST


Venez à moi et je vous donnerai repos
Véritable repos loin de l’agitation
Frénétique de cet univers sans passion
Oui vous trouverez la paix et serez dispos

Pour remplir vos tâches avec grand à-propos
Le cœur empli de joie avec exaltation
Rien ne vous pèsera aucune accusation
Ne pourra vous troubler oh voici mon drapeau

Ah qui se lève au vent suivez cet étendard
Lui seul écartera au loin de vous les dards
Et vous libérera des terrestres prisons

Il n’est d’autre voie non il n’y a d’autre voie
Pas d’autre chemin pour obtenir guérison
Et sérénité Non il n’y a d’autre voie

vendredi 22 mai 2026

LA LIBÉRATION DE RICHARD CŒUR DE LION


Jamais plus grand tribut n’a été déboursé
Pour libérer un homme un homme si illustre
Que son nom a franchi les âges et les lustres
Lui qui était par les rois les démons coursé

Richard Cœur de Lion les ayant fort offensés
Avait déchaîné leur vigoureuse ire rustre
Il fut emprisonné en des geôles très frustes
Se demandant bien qui l’avait oh dénoncé

Sans doute n’eut-il point la lumière revu
Si d’une fortune ne s’étaient dépourvus
Sa mère et ses alliés ce chevalier poète

Qui dans ses complaintes ses si belles complaintes
Plaça ses espoirs et ses passions désuètes
Mais qui ne sut gagner la Jérusalem sainte

jeudi 21 mai 2026

DIOTIME DE MANTINÉE


Écoutez-la chanter la belle Diotime
Ô elle qui cherchait à connaître les âmes
Plutôt que les doux corps tout entourés de flammes
Pour qui les millions ne valaient pas un centime

Écoutez donc son chant c’est la sagesse ultime
Où s’unissent l’amour des hommes et des femmes
Et la recherche de la vérité sans drames
Un chant qui s’élève oh et qui est légitime

En la suivant oui tu marcheras vers les dieux
Eux qui t’attendent dans un sourire radieux
Là-bas là-bas où tout n’est que félicité

Libère-toi du monde et brise enfin tes chaînes
Celles qui t’empêchent avec férocité
De vivre pleinement le cœur sevré de haine

mercredi 20 mai 2026

AU FOND DU TARTARE


J’irai j’irai jusqu’au fond de ce noir Tartare
Pour te retrouver oh oui pour te délivrer
De tes chaînes rongeant ton esprit désœuvré
Ta peau ta chair comme des cordes de cithare

Tendues et tranchantes Je serai l’avatar
Que tu attends depuis si si longtemps cuivré
Comme une statue de Vishnou pur orfévré
Et je t’apporterai un rien de nectar

Une simple goutte qui réveillera ton
Cœur le faisant battre à nouveau brisant bâtons
Qui te torturaient et les infâmes barreaux

De cette prison qui te cachait l’horizon
L’horizon et le ciel aux nuages floraux
Tu retrouveras ta maison et la raison

LE MINEUR DE L’ÂME


Il creuse creuse et creuse encor cette matière
Spongieuse qu’est l’esprit humain Il creuse il creuse
Dans l’espoir de trouver une pensée heureuse
Une pensée nouvelle avant le cimetière

Oh trouvera-t-il au fond de son âme altière
Ce qu’il espère attend sa mine chaleureuse
Sera-t-elle au bilan ou plutôt malheureuse
Devra-t-il sa fierté déposer au vestiaire

Voilà un rôle ingrat voilà un rôle ingrat
Que de tout simplement tenter d’ôter le gras
Autour de sa propre moelle son intellect

Jamais nul ne sera plus haï que celui
Qui désire exposer les travers fort infects
Que l’on peut percer en grattant sous ce qui luit

mardi 19 mai 2026

LES HARPES


Dans les anciens temples retentissent les harpes
Celles qui font trembler et les murs et les âmes
Celles qui transforment le monde agitent flammes
Et océans laissant muets comme des carpes

Les pires des démons ceux qui toujours s’écharpent
Pour savoir lequel d’entre eux va son oriflamme
Planter tout au sommet de la montagne infâme
Du succès guerrier les pires des escarpes

Dans les anciens temples oh dans les anciens temples
Qui furent habités tels des vêtements amples
Par les dieux oui les dieux qui les ont désertés

Préférant retourner dans les lointains pays
Ces lointains pays où règnent la liberté
L’immortalité où nul ne désobéit

dimanche 17 mai 2026

LA COLONNE DE LA VICTOIRE


Victoria Victoria toi qui descends des cieux
Oh pour couronner de laurier les glorieux
Vainqueurs des plus ardents combats et des horribles
Guerres fratricides en passant tout au crible

Tu trônes désormais comme un ange terrible
En haut d’une colonne immobile impassible
Rappelant aux passants empressés oublieux
Un bien triste passé aux relents facétieux

Peut-être qu’un jour tu reviendras reviendras
À nouveau parmi nous pour ceindre de tes bras
Un héros inconnu un héros inconnu

Un homme qui aura sa vie sacrifié
Pour en sauver d’autres en mourant de froid nu
Sur un champ de bataille en feu édifié

vendredi 15 mai 2026

LE PANTOCRATOR


Il n’a plus rien d’humain le Christ pantocrator
Il a tout transcendé il a tout transcendé
Son corps est lumière pure il s’est évadé
Des prisons terrestres libéré de leurs torts

Pense à lui quand c’est ton esprit oh qui se tord
Quand la vie s’échappe de tes doigts faisandés
Corrompus par le monde au visage évidé
Aux prunelles noires des plus pervers retors

Car c’est bien ainsi qu’un jour tu le verras
Tu lèveras alors très haut très haut les bras
Et tu pleureras oui de bonheur et de joie

Car tu sauras à ce moment divin sacré
Que ton âme est lisse comme une vierge soie
Et que tu es proche du paradis nacré


jeudi 14 mai 2026

THE ANGEL OF VERDUN


Alors que les combats faisaient rage sans fin
Un bel ange apparut oh pour y mettre un terme
Déployant ses ailes pour que la terre ferme
Puisse se reposer que les hommes enfin

Puissent trouver la paix et qu’ils oublient la faim
Et tous les fantômes oui que l’esprit renferme
Après avoir vécu l’horreur qui est le germe
De la pure folie Était-ce un séraphin

Qui par un certain dieu lassé fut envoyé
Pour cette mission parmi les dévoyés
Ah les plus monstrueux des êtres les humains

Qui sont inaptes d’au simple commandement
"Tu ne tueras point" se conformer les mains
Le cœur l’âme pleins de sang sans entendement

L’ASCENSION


Il monte vers le ciel porté par tous les anges
Le grand Christ glorieux Les disciples regardent
Avec stupéfaction et leur cœur se lézarde
Entre tristesse et joie quel sentiment étrange

Tristesse de savoir que sans lui les vendanges
Se feront désormais mais joie dans leurs mansardes
En pensant au royaume éternel où ses hardes
Seront lavées oh de pureté de louanges

Il l’avait prédit sa mort la résurrection
Et cette ascension oui et cette ascension
Des histoires qu’il va falloir vraiment transmettre

Pour témoigner de leur très pure vérité
Et le tout sans aucun petit détail omettre
Pour que la lumière vainque l’obscurité

È SOLO UN TRUCCO


À Paolo Sorrentino

Tout autour de toi n’est qu’un immense mirage
Ne crains donc rien si ce n’est de ne jamais vivre
De rester englué comme un poisson de cuivre
Au cœur d’une nasse d’agitation peu sage

Oui voilà peut-être le seul de mes messages
Qui vaille la peine d’être sorti des livres
Des salles obscures où quelques moutons ivres
Ronflent en rêvant oh à leurs verts pâturages

Tu es entièrement libre aucune limite
Ne t’est assignée à moins que quelques vieux mythes
En aient convaincu ton esprit influençable

Cesse enfin de jouer un rôle et ne fais plus
Que ce que tu veux en marchant sur le doux sable
Semé sur le chemin menant à l’absolu

mardi 12 mai 2026

L’OUETTE SACRÉE


Oh à chaque matin une ouette sacrée
Accueille mon réveil avec ses yeux de braise
Son chant se fait alors feu parmi les mélèzes
Au bord du grand fleuve comme un raz-de-marée

Tel un pharaon qui observe l’empyrée
Je tourne le regard vers le ciel et les treize
Piliers le soutenant Au loin quelques falaises
Rougissantes semblent revêtir leur livrée

Tant qu’elle sera là oui à chaque matin
Je saurai que les dieux dans leurs jeux enfantins
Guideront mes pas pour leur unique plaisir

Je sais qu’un jour elle ne se montrera plus
Et que sera venu lors le temps de gésir
Auprès des spectres dans le silence absolu

lundi 11 mai 2026

LES VERS LUISANTS


Au milieu de la nuit luisent les divins vers
Comme des étoiles vraiment inaccessibles
S’endormant tout au fond des cœurs immarcescibles
Les ayant fait vibrer oui les ayant ouverts

Quelques mots savamment placés chassent l’hiver
Le plus rude qui soit les humeurs irascibles
L’ignorance féroce et la peur inflexible
Emportant le lecteur vers de neufs univers

Ils sont le soleil de nos jours le seul espoir
Qu’il nous reste quand tout devient noir oh si noir
Que l’on s’agenouille en implorant tous les dieux

Ce moment où l’on croit que tout va se dissoudre
Que nous allons être pour nos actes odieux
Punis que sur nous vont s’abattre les purs foudres

LES SEINS DE GLACE


Elle était face à moi gardant ses seins de glace
Aucune émotion ne venant trahir ses traits
Bien qu’elle soit nue mon regard se fit distrait
Devant si peu d’entrain pour l’amour point de place

Elle était si belle belle mais pas folasse
Ni jouasse ce jour-là Son désintérêt
Me semblait mystérieux je n’étais encor prêt
À saisir son esprit son âme peu salace

Je fis d’elle pourtant de si exquis croquis
Que tout qui les voyait se sentait oh conquis
Et secrètement me jalousait m’enviait

S’imaginant tout ce que je n’avais pas fait
Et que je ne ferai jamais jamais jamais
Ailleurs que dans un rêve aux effluves de mai

mercredi 6 mai 2026

DANS LES EAUX DU PUISSANT STYX


Dans les eaux noires et glacées du puissant Styx
Je me plongerai oh pour être invulnérable
Comme le grand Achille ardent et vénérable
Toujours prompt au combat un flamboyant phénix

Ne craignant ni la mort ni la moindre des rixes
Dont les exploits furent vraiment inénarrables
Et qui occupe une place oui incomparable
Dans notre imaginaire aux purs reflets d’onyx

Ah c’est en songeant aux eaux noires et glacées
Du puissant Styx que j’ai égaré mes pensées
Et perdu la raison et perdu la raison

Car nul n’est invincible ou bien indestructible
Et celui qui le croit entend son oraison
Funèbre très vite en un souffle imperceptible

lundi 4 mai 2026

LE DESTIN D’UN HOMME


Oh tout commence par une très longue route
Puis les carrefours se succèdent se succèdent
Mais quelle direction choisir Des cieux l’aide
Oui il faut implorer pour effacer les doutes

Et marcher sûrement sans craindre la déroute
Ou les égarements La prière est remède
À tous les maux elle dénoue ce qui obsède
C’est elle qui ouvre un chemin parmi les gouttes

Quelle aurait été ta vie si tu avais pris
À gauche plutôt qu’à droite Que dit l’esprit
Qui t’habite celui qui est ta part divine

Demande-lui et il te dévoilera tout
Ce que tu veux savoir à combien de ravines
Tu as échappé sans même une simple toux

jeudi 23 avril 2026

LE TORRENT DU CÉDRON


En traversant les eaux du très sombre Cédron
Jésus savait ce qui l’attendait au matin
Quand les soldats romains avec un air hautain
Viendraient se saisir de lui au son du clairon

Pour le molester oh de coups de ceinturon
Puis pour le condamner à un trépas certain
Lui qui avait vexé les prêtres puritains
En leur montrant tous leurs travers et leurs affronts

Il gronda ce soir-là plus fort que d’habitude
L’impétueux Cédron car c’est la turpitude
De l’humanité qui allait se déchaîner

Que ta volonté soit faite qu’elle soit faite
Même si cela doit pour toujours me peiner
Que mon sacrifice devienne un jour de fête

mardi 14 avril 2026

POUCHKINE SUR LE CHAMP DE BATAILLE


Mais quelle mouche a donc bien pu piquer Pouchkine
Pour se donner ainsi en spectacle en spectacle
Sur le champ de bataille en défiant les oracles
Et faisant bien rire les armées fort taquines

Drôlement accoutré de soie de moleskine
D’illusions de folie Ce n’est que par miracle
Qu’ils ne l’ont abattu sur le grand tabernacle
L’autel éternel de l’immolation coquine

Il a voulu voir la guerre mais n’en a vu
Qu’un bref instant sans que cela ne soit prévu
Était-ce programmé par son nom de canon

Peut-être gloseront sur ce sujet savant
Oh des linguistes en manque de fier renom
Cherchant à brasser du vent du vent et du vent

LES MOIRES


Les Moires sont trois sœurs qui tissent le destin
Du premier au dernier jour des êtres humains
Frêles créatures croyant tenir en main
Les rênes du monde tels de tristes pantins

Trop imbus d’eux-mêmes Dans leurs draps de satin
Elles se rient beaucoup de leurs joues carmin
Eux qui se voient déjà empereurs dès demain
Alors qu’ils ne sont que du bien menu fretin

Clotho Lachésis et Atropos c’est leur nom
Un souffle résonnant comme un coup de canon
Pour toutes les âmes gratifiées de conscience

Si vous les dédaignez en parlant de vieux mythe
Elles corrigeront votre pauvre défiance
Car vous auriez franchi là l’ultime limite

jeudi 9 avril 2026

LE CHEMIN DE CROIX


Nous devons tous porter notre croix mais le Christ
A fait le plus dur pour nous sans rien demander
Souviens-toi de lui lui qui fut vilipendé
Par les plus infâmes de tous les rigoristes

Même le plus doué oh des équilibristes
Serait cent fois tombé aurait abandonné
Mais il était vraiment le Seigneur incarné
Et il a accompli tout en volontariste

Oui souviens-toi de lui oui souviens-toi de lui
Quand par quatorze fois tu observes celui
Qui a accepté de clore l’ancien livre

Par son sacrifice par son pur sacrifice
Car sans cela tu ne pourrais pas libre vivre
Tu serais un pantin perclus de maléfices

mardi 7 avril 2026

LE CALVAIRE DE LAZARE


Ah quel malheur pour moi que de vivre en ce corps
À moitié putréfié et d’être revenu
Du pays de la mort non comme un enfant nu
Mais telle une charogne aux effluves de porc

Je ne supporte ni mon odeur ni mon sort
J'erre dans le désert sans être soutenu
Partout où je vais je ne suis le bienvenu
Mon visage est celui du vautour du condor

Mon haleine celle du diable du dragon
Même en me frictionnant de sauge ou d’estragon
Même le chacal ne veut s’approcher de moi

Je ne sais quand cela prendra oh enfin fin
Je le maudis celui qui suscitant l’émoi
M’a sorti du tombeau de ce douillet couffin

LA MORT DE JUDAS


Il fallait qu’il vive mais il fallait qu’il meure
Oh poursuivi par les démons le vil Judas
Oui par les démons de son esprit les soldats
De la conscience qui assombrissent les heures

Même l’arbre qui fut sa dernière demeure
Rougit de honte quand cet affreux candidat
Ce candidat au ciel termina son mandat
Son mandat terrestre le mandat que l’on pleure

Il fallait qu’il vive pour que tout s’accomplisse
Selon la Volonté sans aucune malice
Chaque geste chaque parole chaque mot

Le baiser les pièces le remords et la corde
Les rires le regard de ces petits marmots
Qui jugent le cœur des gens sans miséricorde

CAÏPHE


Oh honte sur toi pour l’éternité Caïphe
Toi qui te croyais le plus fort et invincible
Tu sus convaincre le Sanhédrin irascible
De condamner celui qui était Roi des Juifs

Par orgueil tu voulais le voir mort plus que vif
Alors qu’il n’y avait rien de répréhensible
Dans ses agissements Tu en fis une cible
En sachant ton pouvoir pour le moins abusif

Ton nom est lié pour toujours à la bassesse
Oui et ton âme se lamentera sans cesse
En repensant à cet instant où tu compris

À cet instant où tu compris que c’était vrai
Qu’il était de Dieu le seul Fils le favori
Ainsi l’on te trouva pendu à un cyprès

dimanche 5 avril 2026

UN GRAIN DE BLÉ


Un seul grain de blé peut sauver l’humanité
Et nourrir plus de cent mille générations
Il n’a l’air de rien mais oui quelle admiration
Nous devrions lui donner avec lucidité

Il n’a l’air de rien mais sous sa simplicité
Se cachent des siècles oh de maturation
Gare à toi si tu n’y prêtes nulle attention
Tu le regretteras au temps d’aridité

Ainsi sont aussi les mots de notre Seigneur
Attendant de germer au sein de notre cœur
Après avoir été patiemment plantés

Celui qui les rejette ou encor les méprise
Ne pourra se plaindre d’être fort tourmenté
Quand il sera sous le joug ou sous les emprises

samedi 4 avril 2026

LA PREMIÈRE NUIT DE TRANQUILLITÉ


Pour la première fois de ma vie j’ai passé
Une nuit tranquille sans vraiment aucun rêve
Ce ne fut que bonheur oh une pure trêve
Dans cette agitation de mon être glacé

J’en avais assez oui j’en avais bien assez
De n’être qu’une ombre je voulais qu’on m’achève
Que s’arrête enfin le manège tel un glaive
Meurtrissant mon esprit morose compassé

Pour la première fois de ma vie je suis mort
Pour la première fois de ma vie je suis mort
Ah et je m’en souviens horreur je m’en souviens

J’y ai pris grand plaisir un si si grand plaisir
Je me suis senti comme un géant olympien
Au pouvoir absolu comble de mes désirs

vendredi 3 avril 2026

LES LARMES DE SANG


Regarde-les couler oh les larmes de sang
Qui perlent au front de notre divin Seigneur
Lui qui s’est sacrifié pour rendre bien meilleur
Notre monde Observe les démons rugissants

S’agiter tout autour de ce resplendissant
Tableau Ah mais qu’ils sont gouailleurs et railleurs
Eux qui ne savent pas qu’il existe un ailleurs
Après le Jugement après le Jugement

Regarde-les couler des yeux d’une statue
Qui d’un voile pudique est entourée vêtue
Au sein d’une église ou au fond de la forêt

Regarde-les couler tout au fond de ton cœur
Et laisse-les dormir en devenant pur grès
Roche imputrescible qui te fera vainqueur

mercredi 1 avril 2026

L’HOMME QUI MURMURAIT À L’OREILLE DE DONALD TRUMP


Quelques mots suffisent oui pour changer le monde
Il est bien là celui qui dans l’ombre tapi
Murmure aux oreilles oh sans aucun répit
Des illustres hommes entraînés dans la ronde

Insensée du pouvoir entraînant dans la fronde
Des nations entières entraînant le dépit
De peuples souverains en plaçant des képis
À leur tête dans une humeur nauséabonde

Depuis toujours il est là ah depuis toujours
Guettant le moindre faux pas comme un vil vautour
Pour plonger dans l’orgueil les âmes les plus pures

Tu ne connaîtras point son nom il le taira
C’est derrière un masque qu’il se cache il suppure
La haine et son cœur est bien celui d’un ingrat

mardi 31 mars 2026

LES MOUTONS DE PANURGE


Regarde-les oh oui les moutons de Panurge
Plonger dans les froides eaux de la calme mer
Suivant sans réfléchir et sans même être amers
Celui qui fut jeté sans qu’aucun ne s’insurge

Mais quel plaisir que de voir une telle purge
Bien plus sanglante qu’un simple dix-huit brumaire
Et que les massacres connus par nos grand-mères
Ou imaginés par un très vieux dramaturge

Surtout ne pense pas être différent d’eux
Car aussi sûr que un et un font vraiment deux
Tu es sur le chemin des moutons de Panurge

Sans jamais le savoir sans jamais le vouloir
Tes chefs te mèneront comme un ancien démiurge
Vers l’échafaud vers de la mort le grand couloir

TABITHA


Qu’as-tu donc dans ta main Une aiguille et du fil
Répondrait Tabitha couturière à Joppé
Qui consacra sa vie aux pauvres éclopés
Pour l’orphelin la veuve elle était très utile

Un morceau d’étoffe n’était jamais futile
Entre ses graciles doigts cornés et râpés
Dans ses habits tous les maux étaient dissipés
Et c’est le cœur léger que l’on bravait la ville

Et toi oui toi qu’as-tu qu’as-tu donc dans les mains
Pour servir le Seigneur et tes frères humains
Quel que soit ton talent ne le galvaude pas

En échange d’un peu d’or ou d’un peu de gloire
Cela te pèsera comme un mauvais repas
Offre-le plutôt et tu auras la victoire

lundi 30 mars 2026

LES FILS D’AMALEK


Ah qu’ils sont brutaux oh oui les fils d’Amalek
Eux qui font la loi dans le terrible désert
Le désert dévorant aussi bien qu’un cancer
Les corps désemparés filant vers les obsèques

Chez eux pas de livres ni de bibliothèques
Mais de la haine pour châtier leurs adversaires
Et d’acérées armes pour semer la misère
Ils se nourrissent des passants et des blancs-becs

De tout ce qui peut leur rapporter quelques pièces
Détestant tout ce qui a un peu de joliesse
Ils peuvent attendre des années sans frapper

Terrés sous le sable comme de vils scorpions
Un peu d’inattention et vous voilà happé
Par leurs pédipalpes par les bras les arpions

jeudi 26 mars 2026

CHARON


Ô imperturbable nocher toi qui traverses
Depuis la nuit des temps l’infernal Achéron
Quand te reposeras-tu Le son du clairon
Appelle les âmes oh entre deux averses

Auprès de toi qu’elles jamais ne tergiversent
En versant l’obole car tu n’es fanfaron
Ni généreux Payez sans quoi ses avirons
Ne se mettront en branle engeance si perverse

Mais un jour viendra oui où toutes ces pièces
Jetées par-dessus bord ah sans délicatesse
Et avec mépris par cet étrange Charon

Formeront un beau gué permettant de passer
Les pieds presque au sec et sans le moindre affront
D’un côté de l’autre sans peur ni grimacer

mercredi 25 mars 2026

L’ÉTUDIANT PERPÉTUEL


Il est assis là là tout au fond de la classe
Ses cheveux grisonnants attirant l’attention
Des jeunes étudiants Avec la prétention
Qui est celle de leur âge leurs yeux de glace

Le scrutent de haut en bas en gagnant leur place
J’espère ne jamais je n’en ai l’intention
Finir ainsi disent-ils sans prévention
Ce qui le fait sourire et son esprit replace

Oui pourquoi suis-je là oh pourquoi suis-je là
Se demande-t-il en voyant les falbalas
Des filles qui pourraient vraiment être les siennes

C’est dans les livres qu’on trouve la connaissance
Pas dans l’agitation si académicienne
Qui assène sans joie ses tristes ordonnances

mardi 24 mars 2026

AMPHITRITE


Ô Amphitrite toi qui ceins les océans
De tes bras à la peau si fine si soyeuse
Écoute ce chant à la mélodie joyeuse
Qui de ma gorge monte en un souffle géant

Oh grâce à toi il n’est ni de gouffre béant
Ni aucune vague d’écume pourvoyeuse
Qui puisse nous troubler La mouette rieuse
Crie ton nom tout comme l’albatros bienséant

Quand tu parais sur ton char au large des côtes
Le marin oui sait qu’il pourra la tête haute
Terminer sa journée et retrouver la terre

Les fiers hippocampes tes servants dévoués
Dansent autour de toi tels de durs militaires
Prêts à combattre à tout moment et enjoués

lundi 23 mars 2026

LE PROCÈS DE JÉSUS


Levez-vous accusé levez-vous accusé
Accusé qui n’avez rien à vous reprocher
Levez-vous levez-vous comme un rogue rocher
Qui après la marée croit pouvoir nous ruser

Dans quelques instants les questions vont fuser
Et nous savons que vous misérable nocher
Ne pourrez éviter les écueils décochés
Par nos fins magistrats qu’on ne peut abuser

Levez-vous condamné levez-vous condamné
Vous savez le chemin vous le discipliné
Ah votre Dieu vous a vraiment abandonné

Quelle délectation que de voir le vinaigre
Vous monter jusqu’au nez vous monter jusqu’au nez
Et les clous transpercer vos paumes bien trop maigres

NOLI ME TANGERE


Non ne me retiens pas non ne me retiens pas
Ne pose pas tes mains sur mes si maigres bras
Tu te perdrais et me mettrais dans l’embarras
Non ne me retiens pas non ne me retiens pas

Il est temps pour moi de mener au loin mes pas
De quitter pour toujours le triste humain fatras
Et d’oublier pour de bon tous ces scélérats
Qui m’ont sur une croix cloué pour le trépas

Un jour je reviendrai un jour je reviendrai
Oui et à toutes tes questions je répondrai
Mais il n’est pas venu encor ce moment-là

Tu m’attendras oh je le sais pour ton malheur
Tu vieilliras au fond d’une belle villa
Cœur et seins privés de toute pure chaleur

LE JARDINIER


Je créerai pour toi un jardin luxuriant
Où rien ne manquera jamais où coulera
Un fleuve de miel où vivront en paix cobras
Et mangoustes oui où tout sera vraiment riant

Où l’amour ne sera plus guère contrariant
Encore plus beau oh que ceux de l’Alhambra
Où il n’y aura nul besoin de caméras
Pour la sécurité du ponant à l’orient

Les gens qui vivront là ne connaîtront ni peur
Ni faim ni tracas ni ennui Quelle stupeur
Quel émerveillement quand tu y entreras

Les mondes affreux et anciens tu oublieras
Ils sombreront avec leurs armées de démons
Au fond de l’océan transformés en limon

vendredi 20 mars 2026

CHARMION ET IRAS


Jamais l’on ne vit plus grande fidélité
Que celle des belles Charmion et Iras
Qui ont quitté ce monde avec oh tant de grâce
Choisissant de suivre leur pure déité

Cette reine qui sut avec subtilité
Faire connaître son nom au destin vorace
Dans le vrai inconnu sans aucune cuirasse
Gardant sur leur âme chaste pudicité

Une armée de serpents oui les a assaillies
Mais elles n’ont bronché Des images vieillies
Qui inspirent encore aujourd’hui les artistes

Qu’ils soient peintres sculpteurs ou vulgaires poètes
Semblent surgir du fond d’une pâle améthyste
Semblables au doux chant du plus fier des prophètes

dimanche 15 mars 2026

ACTÉON


Actéon Actéon chantons donc ton doux nom
Un des rares mortels ayant pu voir les charmes
De la belle Artémis Tes yeux se firent larmes
Quand tu compris ce qui t’arrivait sombre ânon

Toi qui tant poursuivais au son des tympanons
Sans aucune pitié tes proies sans nulles armes
Comble de l’ironie ce sont tes chiens d’alarme
Qui te dévorèrent au fond d’un cabanon

Toi devenu muet comme un petit poisson
Métamorphosé en cerf au temps des moissons
C’est du moins ce que nous révèle la légende

Toi qui fus formé par le centaure Chiron
Aux fiers arts de la chasse avec moult réprimandes
Toi dont le tombeau fut le grand mont Cithéron

ATHALIE


Athalie Athalie ô reine usurpatrice
Reine meurtrière qui a baigné de sang
Et d’une idolâtrie sans aucun précédent
Le pays le plus saint du démon la nourrice

Toi qui as laissé tant et tant de cicatrices
Dans le cœur de l’homme je te vois grimaçant
Face au grand prêtre et au peuple irrité grondant
Connaissant tes actes odieux et tes caprices

Invincible tu te pensais et te croyais
Mais Baal a bien ri quand le fatal maillet
De la Justice s’est sur ton crâne écrasé

Oh oui n’espère rien des serments infernaux
Car ils ont un seul prix ton esprit déphasé
Ainsi que ton corps qui rejoindront le fourneau

THE DUKE


À Pierce Brosnan

Le démon apparaît ainsi qu’il disparaît
À l’envi comme par un grand enchantement
Changeant de visage et d’apparence et de nom
Il n’y a d’issue pour qui est pris en ses rets

Il vous fera croire que c’est sans aucun frais
Que vous vous sortirez de votre entêtement
Des artificielles joies qui sont vôtres Non
Non et mille fois non c’est au fond des marais

Que finira l’âme de ceux osant tenter
Ce personnage qui ne veut les contenter
Et dont la volonté est de les dévorer

Ils se croient les plus forts mais doivent augmenter
Tous les jours les doses pour pouvoir espérer
Se sentir aussi bien et encore chanter

AMBROISIE


Quels sont les héros qui ont vraiment pu goûter
À la douce ambroisie abolissant la mort
Effaçant les regrets tout comme les remords
Pratiquement aucun oui vous vous en doutez

Car ainsi sont les dieux oh prêts à envoûter
Les plus vaillants soldats pour qu’ils se remémorent
D’eux quand ils s’ennuient mais quand la blessure mord
Ils ne sont plus là pour eux pour les écouter

Et les sauver alors qu’ils en ont le pouvoir
Leur vie n’a de valeur vous devez le savoir
Par rapport à la leur Ah parmi les milliers

Ayant combattu dans les plus grandes batailles
Seuls dix ou vingt l’ont pu illustres chevaliers
Dont le nom est posé sur de glorieux portails

samedi 14 mars 2026

BÉLIAL


Il était là avant oui bien avant le monde
Il se nourrissait des atomes d’hydrogène
Qui cherchaient à le fuir de manière anxiogène
Dans une course folle hardie et vagabonde

Il a placé oh son âcreté furibonde
Dans le cœur de nombreux hommes sans nulle gêne
Il se dit qu’il a de Néron et Diogène
Troublé l’esprit fait de Judas un être immonde

Il posséda Caïn de toutes ses légions
Celles se répandant comme une contagion
Oui dans tout l’univers oui dans tout l’univers

Au coin de chaque rue vous pouvez le croiser
Habillé d’une cape ou nu tel un pervers
Quoi que vous fassiez il faudra l’apprivoiser

jeudi 12 mars 2026

MON DOUX FANTÔME


À Héloïse Husquinet

Il est là tapi dans l’ombre mon doux fantôme
C’est lui qui effleure mes joues guide mes pas
Et me réconforte quand oh je ne sais pas
Si je blasphème ou si j’énonce des axiomes

Quand je ne sais pas si mon lit sera de chaume
Ou bien de pure soie quel sera mon repas
Le soir ou le matin Je t’offre mes appas
À toi et à toi seul oui ô mon doux fantôme

Mon si doux fantôme qui m’escorte partout
Qui trace mon chemin m’offre l’ultime atout
Quand la partie semble perdue semble perdue

Toi qui n’es ni de chair ni de sang ni de peau
De sève ou d’écorce mais la vaste étendue
Qui m’entoure nuit et jour de ses oripeaux

mercredi 11 mars 2026

LE ROYAUME DES OMBRES


Dans la prison d’Hadès pas besoin de barreaux
Ni d’aucune chaîne pour garder les damnés
Les esprits s’y trouvant ont tout abandonné
Y compris leur raison et la peur des bourreaux

Tous ont oublié leur vie même les héros
Ils n’ont plus conscience du souffle raffiné
Qui fut un jour le leur Comme des aliénés
Oh ils errent sans fin en spectres auroraux

De temps à autre une lueur semble fuser
De leurs yeux globuleux ce qui peut méduser
Parfois les plus adroits mais jamais ça ne dure

Très vite ils retombent oui dans leur léthargie
Incapables de se distinguer des ordures
Jonchant le sol de leur bien sombre nostalgie

dimanche 8 mars 2026

LA LICORNE


Elle est apparue par mystère la licorne
Vêtue de sa robe blanche oh et étoilée
Le sol était de mousse et quelques azalées
Ont rosi à sa vue qui n’était non point morne

Du tapis sortirent de gracieux capricornes
Qui se transformèrent devant cette assemblée
En oiseaux jaunes et bleus Un grand propylée
Oui surgit de terre couvert de salicorne

Son regard croisa le mien et elle parla
Puis elle entonna un pur chant a capella
J’aurais voulu qu’elle ne s’en aille jamais

Mais la volonté des dieux n’était celle-là
En ce délicieux soir de fin du mois de mai
Seul resta le temple et son si doux matelas

jeudi 5 mars 2026

JOUR DE COLÈRE


Aujourd’hui c’est le jour oui le jour de colère
Après avoir été extrêmement patient
Dieu seigneur des armées va punir l’insouciant
Le fourbe et l’ignorant La terreur populaire

Se met à gagner les pécheurs épistolaires
Les pécheurs de la chair et les fous omniscients
Regardez-les courir ces tristes inconscients
Chercher asile dans leurs églises solaires

Mais il est trop tard mais il est vraiment trop tard
Pour celles et ceux qui ont mangé le nectar
Sans nulle tempérance et qui ont blasphémé

Voici la foudre les feux et enfin les cendres
Recouvrant tout dans un halo diadémé
En lieu et place de cercueils de palissandre

MICHELLE MARTIN


Oh Michelle Martin oui toi qui savais tout
Pourquoi donc t’es-tu tue pourquoi donc t’es-tu tue
Il est clair qu’au mal très vite l’on s’habitue
Et qu’il est tapi et présent vraiment partout

Je pense à ces enfants à leurs quintes de toux
Et leur dernier soupir Pourtant je m’évertue
À te défendre sans t'élever de statue
Car j’ai confiance en toi Montre-nous tes atouts

Fais-nous oublier le monstre que tu étais
Place ta nouvelle vie entre deux étais
Va en paix car tu as payé ta dette immonde

C’est ainsi que parle notre unique Seigneur
Le miséricordieux le gardien de ce monde
Afin de purifier nos cœurs de batailleurs

lundi 2 mars 2026

ATARAXIE


J’ai trouvé au fond de la forêt la quiétude
L’harmonie et la paix Les plus simples oiseaux
De leur chant frivole couvraient arbres roseaux
Faisant monter en moi espoir et gratitude

Le printemps qui naissait calmait ma lassitude
Et des cascades de soleil baignaient les eaux
Des mares tandis que le vent de ses ciseaux
Caressait mes cheveux avec mansuétude

Les souffles ancestraux patiemment traversaient
Mon âme et la lavaient du péché de l’ivraie
Des affreuses pensées et des ronces du mal

Toi aussi mon frère laisse-toi emporter
Par les chemins que l’on dit creux et l’animal
Appel du divin qui veut te réconforter

samedi 28 février 2026

LE RAGNARÖK


Entendez-vous les cris d’Odin Thor et Loki
Durant la bataille la terrible bataille
Face aux créatures clamant les funérailles
De la Terre entière et le déluge exquis

Le déluge de feu pas besoin de croquis
Au milieu des glaces de profondes entailles
Ont avalé oh les hommes et leur marmaille
Ainsi que tout ce qu’ils avaient un jour conquis

Les dieux ont perdu mais ce n’est point la fin
Tout recommencera Ayant vaincu la faim
Un couple renaîtra et tout repeuplera

C’est le cycle éternel le souffle universel
Qui traverse chacun d’entre nous cette aura
Visible dans le ciel comme en les grains de sel

IVAN


À Andreï Tarkovski

Oubliés oubliés oh oui les papillons
De la jeunesse c’est le temps de la vengeance
Le temps de traquer les criminels leur engeance
Au-delà du fleuve et ses puissants tourbillons

Ivan ne possédait que de maigres haillons
À d’habiles démons il avait allégeance
Prêté pour assouvir sa soif sans négligence
Où est-il aujourd’hui ah dans quel bataillon

Dans le bataillon des très purs et divins anges
Dans les eaux claires il est sorti de la fange
Il a retrouvé sa mère et son seul amour

Il peut courir le long des plages infinies
Dieu qui voit tout a bien volé à son secours
Et persécuté la perfide tyrannie

jeudi 26 février 2026

LE CORBEAU N’OUBLIE PAS


Le corbeau n’oublie pas celui qui fait le mal
Au cœur de la ville ou de la forêt il voit
Il voit absolument tout le preux le grivois
Le pur et le méchant les hommes l’animal

Rien ne lui échappe ce qui est anormal
Ce qui est immoral Si ce que tu prévois
Est contraire à nos lois il lèvera la voix
Et il te poursuivra d’un courroux maximal

Le corbeau n’oublie pas le corbeau n’oublie pas
Gare à toi si tu crois éviter le trépas
Ou les condamnations pour tes actes malsains

Devant les juges il sera bien appelé
Pour un jour témoigner si tu es assassin
Tu as fait couler le sang ton sort est scellé

mardi 24 février 2026

SALAMMBÔ


À Gustave Flaubert

Je me souviens d’un soir les jardins d’Hamilcar
S’endormaient doucement au son d’un oud fiévreux
Il est certain que je n’ai été si heureux
Si heureux que ce soir-là de Lune aux trois-quarts

Salammbô était si belle dans son brocart
Quand elle dansait ses gestes oui langoureux
Mais jamais vulgaires étaient si savoureux
J’oubliais tout jusqu’à la foule des lascars

Les puissantes armées que je devais mener
Ce mois sacré où il fallait toujours jeûner
L’impression que la vie n’a vraiment aucun sens

Je savais que j’allais mourir demain sans doute
Mais cela était pour moi sans nulle importance
Car perlaient à mes yeux du pur bonheur les gouttes

dimanche 22 février 2026

LE FRÊNE SACRÉ


Il était le plus grand et le plus vénéré
Oui de tous les arbres de la forêt sacrée
Symbole de la foi profondément ancrée
Dans le cœur des êtres Il était préféré

Pour son bois très dur il était considéré
À sa juste valeur car c’est lui qui recrée
La vie qui éloigne la mort tant exécrée
Quand elle s’approche de ses crocs acérés

Puis ils sont venus eux les monstres assoiffés
Bardés d’intolérance et de casques coiffés
Avec leurs machines puantes et bruyantes

Ils ont tout recouvert de béton en riant
Se croyant les rois de la Terre larmoyante
Puis tout se tut dans leur paradis luxuriant

LES CARESSES DE CALYPSO


Il devra partir un jour le rusé Ulysse
Tu le sais pourtant bien Oh sept longues années
De bonheur au cœur de la Méditerranée
Suffiront-elles pour combler de purs délices

Oui ton éternelle solitude Supplice
Quand les perfides dieux par une matinée
Calme auront décidé que c’est la destinée
De ce très grand héros de quitter ta coulisse

En regardant la mer sauras-tu oublier
Toutes vos caresses celles qui ont lié
Vos corps et vos âmes vos âmes et vos corps

Qui sait si un marin perdu un naufragé
Viendra de nouveau égayer ton décor
Ô Calypso aux bras n’étant point enragés

samedi 21 février 2026

HENRY


À John McNaughton

Henry tu es un grand maître dans ton domaine
Toujours en mouvement ne laissant nulle trace
Pour ceux qui voudraient oh exterminer ta race
Tu es un véritable artiste un phénomène

Personne ne sait vers où ce chemin te mène
Ah certes point vers le paradis inhumaine
Étant ta quête sans but À chaque semaine
Une nouvelle œuvre quel appétit vorace

Henry nous connaissons ton nom et le chantons
À travers bois et champs en priant faux-jetons
De ne jamais croiser ton regard ou ta route

Le mal et les tueurs ont toujours fasciné
Tout au long des âges Mais ôtez-moi d’un doute
Prenez-vous du plaisir face aux assassinés

mercredi 18 février 2026

RAHU


Ô Rahu démon qui voulait gober les astres
Tête de dragon qui oh privée de son corps
Croyait pouvoir briser oui leurs os couverts d’or
Détruire tout mener le monde au grand désastre

Tes yeux affreux décrits par de vieux poétastres
Feraient fuir les plus preux quand résonne ton cor
Les cœurs et les esprits tremblent tel matador
Face à un minotaure au puissant épigastre

Tu ne sortiras point vainqueur tu le sais bien
Ah car le mal toujours est battu par le bien
Pourquoi donc t’obstiner en cette œuvre funeste

Même si ton mythe est pour certains plus qu’un mythe
Depuis la nuit des temps les dieux t’admonestent
Sans succès sans que tu n’acceptes leurs limites

LA PRINCESSE LOINTAINE


À Jaufré Rudel

Elle dort quelque part oh oui à Tripoli
Mes baisers n’atteindront jamais sa blanche porte
Quel désespoir pour moi misérable cloporte
Qui ai voué ma vie à ses charmes jolis

J’aimerais tant dans ses yeux d’albâtre polis
Me plonger pour toujours escorter des cohortes
D’anges ailés joviaux comme des feuilles mortes
Virevoltant dans l’air pour protéger son lit

Encore de nos jours les plaines du Liban
Sont couvertes du feu de ses cheveux flambants
Et des quelques mots doux que je lui adressai

Elle qui se cloîtra tout au fond d’un couvent
Après les avoir lus Me voilà angoissé
À présent chaque fois que passe un coup de vent

SKOLL


Parviendras-tu vraiment à mordre le Soleil
De tes crocs acérés l’astre que tu poursuis
Inlassablement en étant pourtant instruit
De sa divinité à nulle autre pareille

Lui qui dans son chariot aspire au doux sommeil
À la contemplation du jour qui toujours luit
Sans toi Skoll jeune loup fort souvent réjoui
Il se reposerait dans son manteau vermeil

Plongeant le monde dans l’affreuse indécision
Effaçant repères avec moult précision
Pour celles et ceux qui ont besoin de la nuit

Quand je t’entends hurler très tôt dès le matin
Je sais que tout va bien car avec ton appui
L’ordre des choses est assuré au lointain

mardi 17 février 2026

LA MORT DE CHARLES XII


Ô toi grand conquérant dont l’appétit vorace
A ruiné ton pays la divine Suède
Qu’a donc pu traverser sans aucun intermède
Ton esprit malgré tes très épaisses cuirasses

C’est à Fredrikshald après bien des disgrâces
Que la roue du destin tourna dans sa fort laide
Et triste habitude pour toi qui sans nulle aide
Bâtis un empire dans un état de grâce

Tu n’eus certes point le temps de comprendre quoi
Que ce soit à ce qui t’arriva de guingois
Touché par les armes ne laissant pas d’espoir

Traîtrise ou félonie l’on ne saura jamais
Mais ton nom restera toujours dans nos mémoires
Tu auras donné au monde un exemple frais

lundi 16 février 2026

CONSTANCE


Il suffit d’un homme pour ruiner une femme
D’un esprit perturbé dénué d’attention
Pour réduire au silence éternel l’ascension
D’une âme destinée à brandir le calame

Oscar Wilde fit de ta vie un pur mélodrame
Même si tu l’aimais Constance avec passion
Ce qui causa ta perte et la consternation
De tes proches voyant ta honte polygame

Que le monde est étrange un poète adulé
Qui aurait mérité un jour d’être brûlé
Pour les infamies qu’il t’a oh oui fait subir

Alors que toi fuyant au loin le déshonneur
Pour élever tes fils ignorant le sabir
Injurieux déchaîné par tous les ricaneurs

AMOR FATI


Aime ton destin car tu n’as pas d’autre choix
Sinon c’est lui qui te longuement traînera
Sans nul ménagement devenant choléra
Pour ton petit esprit un vrai chemin de croix

Tu te dois de vivre dans l’instant je le crois
Traitant avenir et passé comme opéras
Déjà écrits étant des pires embarras
Comme des plus grandes joies spectateur narquois

Qu’on le veuille ou non oh ce qui doit arriver
Arrivera toujours oui aussi cultivé
Ou ignare puissant ou faible que l’on soit

Ne cherche donc pas à défier les dieux
À braver les Moires et leur fin fil de soie
Ce serait plus qu’idiot pour le moins insidieux

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