jeudi 9 avril 2026

LE CHEMIN DE CROIX


Nous devons tous porter notre croix mais le Christ
A fait le plus dur pour nous sans rien demander
Souviens-toi de lui lui qui fut vilipendé
Par les plus infâmes de tous les rigoristes

Même le plus doué oh des équilibristes
Serait cent fois tombé aurait abandonné
Mais il était vraiment le Seigneur incarné
Et il a accompli tout en volontariste

Oui souviens-toi de lui oui souviens-toi de lui
Quand par quatorze fois tu observes celui
Qui a accepté de clore l’ancien livre

Par son sacrifice par son pur sacrifice
Car sans cela tu ne pourrais pas libre vivre
Tu serais un pantin perclus de maléfices

mardi 7 avril 2026

LE CALVAIRE DE LAZARE


Ah quel malheur pour moi que de vivre en ce corps
À moitié putréfié et d’être revenu
Du pays de la mort non comme un enfant nu
Mais telle une charogne aux effluves de porc

Je ne supporte ni mon odeur ni mon sort
J'erre dans le désert sans être soutenu
Partout où je vais je ne suis le bienvenu
Mon visage est celui du vautour du condor

Mon haleine celle du diable du dragon
Même en me frictionnant de sauge ou d’estragon
Même le chacal ne veut s’approcher de moi

Je ne sais quand cela prendra oh enfin fin
Je le maudis celui qui suscitant l’émoi
M’a sorti du tombeau de ce douillet couffin

LA MORT DE JUDAS


Il fallait qu’il vive mais il fallait qu’il meure
Oh poursuivi par les démons le vil Judas
Oui par les démons de son esprit les soldats
De la conscience qui assombrissent les heures

Même l’arbre qui fut sa dernière demeure
Rougit de honte quand cet affreux candidat
Ce candidat au ciel termina son mandat
Son mandat terrestre le mandat que l’on pleure

Il fallait qu’il vive pour que tout s’accomplisse
Selon la Volonté sans aucune malice
Chaque geste chaque parole chaque mot

Le baiser les pièces le remords et la corde
Les rires le regard de ces petits marmots
Qui jugent le cœur des gens sans miséricorde

CAÏPHE


Oh honte sur toi pour l’éternité Caïphe
Toi qui te croyais le plus fort et invincible
Tu sus convaincre le Sanhédrin irascible
De condamner celui qui était Roi des Juifs

Par orgueil tu voulais le voir mort plus que vif
Alors qu’il n’y avait rien de répréhensible
Dans ses agissements Tu en fis une cible
En sachant ton pouvoir pour le moins abusif

Ton nom est lié pour toujours à la bassesse
Oui et ton âme se lamentera sans cesse
En repensant à cet instant où tu compris

À cet instant où tu compris que c’était vrai
Qu’il était de Dieu le seul Fils le favori
Ainsi l’on te trouva pendu à un cyprès

dimanche 5 avril 2026

UN GRAIN DE BLÉ


Un seul grain de blé peut sauver l’humanité
Et nourrir plus de cent mille générations
Il n’a l’air de rien mais oui quelle admiration
Nous devrions lui donner avec lucidité

Il n’a l’air de rien mais sous sa simplicité
Se cachent des siècles oh de maturation
Gare à toi si tu n’y prêtes nulle attention
Tu le regretteras au temps d’aridité

Ainsi sont aussi les mots de notre Seigneur
Attendant de germer au sein de notre cœur
Après avoir été patiemment plantés

Celui qui les rejette ou encor les méprise
Ne pourra se plaindre d’être fort tourmenté
Quand il sera sous le joug ou sous les emprises

samedi 4 avril 2026

LA PREMIÈRE NUIT DE TRANQUILLITÉ


Pour la première fois de ma vie j’ai passé
Une nuit tranquille sans vraiment aucun rêve
Ce ne fut que bonheur oh une pure trêve
Dans cette agitation de mon être glacé

J’en avais assez oui j’en avais bien assez
De n’être qu’une ombre je voulais qu’on m’achève
Que s’arrête enfin le manège tel un glaive
Meurtrissant mon esprit morose compassé

Pour la première fois de ma vie je suis mort
Pour la première fois de ma vie je suis mort
Ah et je m’en souviens horreur je m’en souviens

J’y ai pris grand plaisir un si si grand plaisir
Je me suis senti comme un géant olympien
Au pouvoir absolu comble de mes désirs

vendredi 3 avril 2026

LES LARMES DE SANG


Regarde-les couler oh les larmes de sang
Qui perlent au front de notre divin Seigneur
Lui qui s’est sacrifié pour rendre bien meilleur
Notre monde Observe les démons rugissants

S’agiter tout autour de ce resplendissant
Tableau Ah mais qu’ils sont gouailleurs et railleurs
Eux qui ne savent pas qu’il existe un ailleurs
Après le Jugement après le Jugement

Regarde-les couler des yeux d’une statue
Qui d’un voile pudique est entourée vêtue
Au sein d’une église ou au fond de la forêt

Regarde-les couler tout au fond de ton cœur
Et laisse-les dormir en devenant pur grès
Roche imputrescible qui te fera vainqueur

mercredi 1 avril 2026

L’HOMME QUI MURMURAIT À L’OREILLE DE DONALD TRUMP


Quelques mots suffisent oui pour changer le monde
Il est bien là celui qui dans l’ombre tapi
Murmure aux oreilles oh sans aucun répit
Des illustres hommes entraînés dans la ronde

Insensée du pouvoir entraînant dans la fronde
Des nations entières entraînant le dépit
De peuples souverains en plaçant des képis
À leur tête dans une humeur nauséabonde

Depuis toujours il est là ah depuis toujours
Guettant le moindre faux pas comme un vil vautour
Pour plonger dans l’orgueil les âmes les plus pures

Tu ne connaîtras point son nom il le taira
C’est derrière un masque qu’il se cache il suppure
La haine et son cœur est bien celui d’un ingrat

mardi 31 mars 2026

LES MOUTONS DE PANURGE


Regarde-les oh oui les moutons de Panurge
Plonger dans les froides eaux de la calme mer
Suivant sans réfléchir et sans même être amers
Celui qui fut jeté sans qu’aucun ne s’insurge

Mais quel plaisir que de voir une telle purge
Bien plus sanglante qu’un simple dix-huit brumaire
Et que les massacres connus par nos grand-mères
Ou imaginés par un très vieux dramaturge

Surtout ne pense pas être différent d’eux
Car aussi sûr que un et un font vraiment deux
Tu es sur le chemin des moutons de Panurge

Sans jamais le savoir sans jamais le vouloir
Tes chefs te mèneront comme un ancien démiurge
Vers l’échafaud vers de la mort le grand couloir

TABITHA


Qu’as-tu donc dans ta main Une aiguille et du fil
Répondrait Tabitha couturière à Joppé
Qui consacra sa vie aux pauvres éclopés
Pour l’orphelin la veuve elle était très utile

Un morceau d’étoffe n’était jamais futile
Entre ses graciles doigts cornés et râpés
Dans ses habits tous les maux étaient dissipés
Et c’est le cœur léger que l’on bravait la ville

Et toi oui toi qu’as-tu qu’as-tu donc dans les mains
Pour servir le Seigneur et tes frères humains
Quel que soit ton talent ne le galvaude pas

En échange d’un peu d’or ou d’un peu de gloire
Cela te pèsera comme un mauvais repas
Offre-le plutôt et tu auras la victoire

lundi 30 mars 2026

LES FILS D’AMALEK


Ah qu’ils sont brutaux oh oui les fils d’Amalek
Eux qui font la loi dans le terrible désert
Le désert dévorant aussi bien qu’un cancer
Les corps désemparés filant vers les obsèques

Chez eux pas de livres ni de bibliothèques
Mais de la haine pour châtier leurs adversaires
Et d’acérées armes pour semer la misère
Ils se nourrissent des passants et des blancs-becs

De tout ce qui peut leur rapporter quelques pièces
Détestant tout ce qui a un peu de joliesse
Ils peuvent attendre des années sans frapper

Terrés sous le sable comme de vils scorpions
Un peu d’inattention et vous voilà happé
Par leurs pédipalpes par les bras les arpions

jeudi 26 mars 2026

CHARON


Ô imperturbable nocher toi qui traverses
Depuis la nuit des temps l’infernal Achéron
Quand te reposeras-tu Le son du clairon
Appelle les âmes oh entre deux averses

Auprès de toi qu’elles jamais ne tergiversent
En versant l’obole car tu n’es fanfaron
Ni généreux Payez sans quoi ses avirons
Ne se mettront en branle engeance si perverse

Mais un jour viendra oui où toutes ces pièces
Jetées par-dessus bord ah sans délicatesse
Et avec mépris par cet étrange Charon

Formeront un beau gué permettant de passer
Les pieds presque au sec et sans le moindre affront
D’un côté de l’autre sans peur ni grimacer

mercredi 25 mars 2026

L’ÉTUDIANT PERPÉTUEL


Il est assis là là tout au fond de la classe
Ses cheveux grisonnants attirant l’attention
Des jeunes étudiants Avec la prétention
Qui est celle de leur âge leurs yeux de glace

Le scrutent de haut en bas en gagnant leur place
J’espère ne jamais je n’en ai l’intention
Finir ainsi disent-ils sans prévention
Ce qui le fait sourire et son esprit replace

Oui pourquoi suis-je là oh pourquoi suis-je là
Se demande-t-il en voyant les falbalas
Des filles qui pourraient vraiment être les siennes

C’est dans les livres qu’on trouve la connaissance
Pas dans l’agitation si académicienne
Qui assène sans joie ses tristes ordonnances

mardi 24 mars 2026

AMPHITRITE


Ô Amphitrite toi qui ceins les océans
De tes bras à la peau si fine si soyeuse
Écoute ce chant à la mélodie joyeuse
Qui de ma gorge monte en un souffle géant

Oh grâce à toi il n’est ni de gouffre béant
Ni aucune vague d’écume pourvoyeuse
Qui puisse nous troubler La mouette rieuse
Crie ton nom tout comme l’albatros bienséant

Quand tu parais sur ton char au large des côtes
Le marin oui sait qu’il pourra la tête haute
Terminer sa journée et retrouver la terre

Les fiers hippocampes tes servants dévoués
Dansent autour de toi tels de durs militaires
Prêts à combattre à tout moment et enjoués

lundi 23 mars 2026

LE PROCÈS DE JÉSUS


Levez-vous accusé levez-vous accusé
Accusé qui n’avez rien à vous reprocher
Levez-vous levez-vous comme un rogue rocher
Qui après la marée croit pouvoir nous ruser

Dans quelques instants les questions vont fuser
Et nous savons que vous misérable nocher
Ne pourrez éviter les écueils décochés
Par nos fins magistrats qu’on ne peut abuser

Levez-vous condamné levez-vous condamné
Vous savez le chemin vous le discipliné
Ah votre Dieu vous a vraiment abandonné

Quelle délectation que de voir le vinaigre
Vous monter jusqu’au nez vous monter jusqu’au nez
Et les clous transpercer vos paumes bien trop maigres

NOLI ME TANGERE


Non ne me retiens pas non ne me retiens pas
Ne pose pas tes mains sur mes si maigres bras
Tu te perdrais et me mettrais dans l’embarras
Non ne me retiens pas non ne me retiens pas

Il est temps pour moi de mener au loin mes pas
De quitter pour toujours le triste humain fatras
Et d’oublier pour de bon tous ces scélérats
Qui m’ont sur une croix cloué pour le trépas

Un jour je reviendrai un jour je reviendrai
Oui et à toutes tes questions je répondrai
Mais il n’est pas venu encor ce moment-là

Tu m’attendras oh je le sais pour ton malheur
Tu vieilliras au fond d’une belle villa
Cœur et seins privés de toute pure chaleur

LE JARDINIER


Je créerai pour toi un jardin luxuriant
Où rien ne manquera jamais où coulera
Un fleuve de miel où vivront en paix cobras
Et mangoustes oui où tout sera vraiment riant

Où l’amour ne sera plus guère contrariant
Encore plus beau oh que ceux de l’Alhambra
Où il n’y aura nul besoin de caméras
Pour la sécurité du ponant à l’orient

Les gens qui vivront là ne connaîtront ni peur
Ni faim ni tracas ni ennui Quelle stupeur
Quel émerveillement quand tu y entreras

Les mondes affreux et anciens tu oublieras
Ils sombreront avec leurs armées de démons
Au fond de l’océan transformés en limon

vendredi 20 mars 2026

CHARMION ET IRAS


Jamais l’on ne vit plus grande fidélité
Que celle des belles Charmion et Iras
Qui ont quitté ce monde avec oh tant de grâce
Choisissant de suivre leur pure déité

Cette reine qui sut avec subtilité
Faire connaître son nom au destin vorace
Dans le vrai inconnu sans aucune cuirasse
Gardant sur leur âme chaste pudicité

Une armée de serpents oui les a assaillies
Mais elles n’ont bronché Des images vieillies
Qui inspirent encore aujourd’hui les artistes

Qu’ils soient peintres sculpteurs ou vulgaires poètes
Semblent surgir du fond d’une pâle améthyste
Semblables au doux chant du plus fier des prophètes

dimanche 15 mars 2026

ACTÉON


Actéon Actéon chantons donc ton doux nom
Un des rares mortels ayant pu voir les charmes
De la belle Artémis Tes yeux se firent larmes
Quand tu compris ce qui t’arrivait sombre ânon

Toi qui tant poursuivais au son des tympanons
Sans aucune pitié tes proies sans nulles armes
Comble de l’ironie ce sont tes chiens d’alarme
Qui te dévorèrent au fond d’un cabanon

Toi devenu muet comme un petit poisson
Métamorphosé en cerf au temps des moissons
C’est du moins ce que nous révèle la légende

Toi qui fus formé par le centaure Chiron
Aux fiers arts de la chasse avec moult réprimandes
Toi dont le tombeau fut le grand mont Cithéron

ATHALIE


Athalie Athalie ô reine usurpatrice
Reine meurtrière qui a baigné de sang
Et d’une idolâtrie sans aucun précédent
Le pays le plus saint du démon la nourrice

Toi qui as laissé tant et tant de cicatrices
Dans le cœur de l’homme je te vois grimaçant
Face au grand prêtre et au peuple irrité grondant
Connaissant tes actes odieux et tes caprices

Invincible tu te pensais et te croyais
Mais Baal a bien ri quand le fatal maillet
De la Justice s’est sur ton crâne écrasé

Oh oui n’espère rien des serments infernaux
Car ils ont un seul prix ton esprit déphasé
Ainsi que ton corps qui rejoindront le fourneau

THE DUKE


À Pierce Brosnan

Le démon apparaît ainsi qu’il disparaît
À l’envi comme par un grand enchantement
Changeant de visage et d’apparence et de nom
Il n’y a d’issue pour qui est pris en ses rets

Il vous fera croire que c’est sans aucun frais
Que vous vous sortirez de votre entêtement
Des artificielles joies qui sont vôtres Non
Non et mille fois non c’est au fond des marais

Que finira l’âme de ceux osant tenter
Ce personnage qui ne veut les contenter
Et dont la volonté est de les dévorer

Ils se croient les plus forts mais doivent augmenter
Tous les jours les doses pour pouvoir espérer
Se sentir aussi bien et encore chanter

AMBROISIE


Quels sont les héros qui ont vraiment pu goûter
À la douce ambroisie abolissant la mort
Effaçant les regrets tout comme les remords
Pratiquement aucun oui vous vous en doutez

Car ainsi sont les dieux oh prêts à envoûter
Les plus vaillants soldats pour qu’ils se remémorent
D’eux quand ils s’ennuient mais quand la blessure mord
Ils ne sont plus là pour eux pour les écouter

Et les sauver alors qu’ils en ont le pouvoir
Leur vie n’a de valeur vous devez le savoir
Par rapport à la leur Ah parmi les milliers

Ayant combattu dans les plus grandes batailles
Seuls dix ou vingt l’ont pu illustres chevaliers
Dont le nom est posé sur de glorieux portails

samedi 14 mars 2026

BÉLIAL


Il était là avant oui bien avant le monde
Il se nourrissait des atomes d’hydrogène
Qui cherchaient à le fuir de manière anxiogène
Dans une course folle hardie et vagabonde

Il a placé oh son âcreté furibonde
Dans le cœur de nombreux hommes sans nulle gêne
Il se dit qu’il a de Néron et Diogène
Troublé l’esprit fait de Judas un être immonde

Il posséda Caïn de toutes ses légions
Celles se répandant comme une contagion
Oui dans tout l’univers oui dans tout l’univers

Au coin de chaque rue vous pouvez le croiser
Habillé d’une cape ou nu tel un pervers
Quoi que vous fassiez il faudra l’apprivoiser

jeudi 12 mars 2026

MON DOUX FANTÔME


À Héloïse Husquinet

Il est là tapi dans l’ombre mon doux fantôme
C’est lui qui effleure mes joues guide mes pas
Et me réconforte quand oh je ne sais pas
Si je blasphème ou si j’énonce des axiomes

Quand je ne sais pas si mon lit sera de chaume
Ou bien de pure soie quel sera mon repas
Le soir ou le matin Je t’offre mes appas
À toi et à toi seul oui ô mon doux fantôme

Mon si doux fantôme qui m’escorte partout
Qui trace mon chemin m’offre l’ultime atout
Quand la partie semble perdue semble perdue

Toi qui n’es ni de chair ni de sang ni de peau
De sève ou d’écorce mais la vaste étendue
Qui m’entoure nuit et jour de ses oripeaux

mercredi 11 mars 2026

LE ROYAUME DES OMBRES


Dans la prison d’Hadès pas besoin de barreaux
Ni d’aucune chaîne pour garder les damnés
Les esprits s’y trouvant ont tout abandonné
Y compris leur raison et la peur des bourreaux

Tous ont oublié leur vie même les héros
Ils n’ont plus conscience du souffle raffiné
Qui fut un jour le leur Comme des aliénés
Oh ils errent sans fin en spectres auroraux

De temps à autre une lueur semble fuser
De leurs yeux globuleux ce qui peut méduser
Parfois les plus adroits mais jamais ça ne dure

Très vite ils retombent oui dans leur léthargie
Incapables de se distinguer des ordures
Jonchant le sol de leur bien sombre nostalgie

dimanche 8 mars 2026

LA LICORNE


Elle est apparue par mystère la licorne
Vêtue de sa robe blanche oh et étoilée
Le sol était de mousse et quelques azalées
Ont rosi à sa vue qui n’était non point morne

Du tapis sortirent de gracieux capricornes
Qui se transformèrent devant cette assemblée
En oiseaux jaunes et bleus Un grand propylée
Oui surgit de terre couvert de salicorne

Son regard croisa le mien et elle parla
Puis elle entonna un pur chant a capella
J’aurais voulu qu’elle ne s’en aille jamais

Mais la volonté des dieux n’était celle-là
En ce délicieux soir de fin du mois de mai
Seul resta le temple et son si doux matelas

jeudi 5 mars 2026

JOUR DE COLÈRE


Aujourd’hui c’est le jour oui le jour de colère
Après avoir été extrêmement patient
Dieu seigneur des armées va punir l’insouciant
Le fourbe et l’ignorant La terreur populaire

Se met à gagner les pécheurs épistolaires
Les pécheurs de la chair et les fous omniscients
Regardez-les courir ces tristes inconscients
Chercher asile dans leurs églises solaires

Mais il est trop tard mais il est vraiment trop tard
Pour celles et ceux qui ont mangé le nectar
Sans nulle tempérance et qui ont blasphémé

Voici la foudre les feux et enfin les cendres
Recouvrant tout dans un halo diadémé
En lieu et place de cercueils de palissandre

MICHELLE MARTIN


Oh Michelle Martin oui toi qui savais tout
Pourquoi donc t’es-tu tue pourquoi donc t’es-tu tue
Il est clair qu’au mal très vite l’on s’habitue
Et qu’il est tapi et présent vraiment partout

Je pense à ces enfants à leurs quintes de toux
Et leur dernier soupir Pourtant je m’évertue
À te défendre sans t'élever de statue
Car j’ai confiance en toi Montre-nous tes atouts

Fais-nous oublier le monstre que tu étais
Place ta nouvelle vie entre deux étais
Va en paix car tu as payé ta dette immonde

C’est ainsi que parle notre unique Seigneur
Le miséricordieux le gardien de ce monde
Afin de purifier nos cœurs de batailleurs

lundi 2 mars 2026

ATARAXIE


J’ai trouvé au fond de la forêt la quiétude
L’harmonie et la paix Les plus simples oiseaux
De leur chant frivole couvraient arbres roseaux
Faisant monter en moi espoir et gratitude

Le printemps qui naissait calmait ma lassitude
Et des cascades de soleil baignaient les eaux
Des mares tandis que le vent de ses ciseaux
Caressait mes cheveux avec mansuétude

Les souffles ancestraux patiemment traversaient
Mon âme et la lavaient du péché de l’ivraie
Des affreuses pensées et des ronces du mal

Toi aussi mon frère laisse-toi emporter
Par les chemins que l’on dit creux et l’animal
Appel du divin qui veut te réconforter

samedi 28 février 2026

LE RAGNARÖK


Entendez-vous les cris d’Odin Thor et Loki
Durant la bataille la terrible bataille
Face aux créatures clamant les funérailles
De la Terre entière et le déluge exquis

Le déluge de feu pas besoin de croquis
Au milieu des glaces de profondes entailles
Ont avalé oh les hommes et leur marmaille
Ainsi que tout ce qu’ils avaient un jour conquis

Les dieux ont perdu mais ce n’est point la fin
Tout recommencera Ayant vaincu la faim
Un couple renaîtra et tout repeuplera

C’est le cycle éternel le souffle universel
Qui traverse chacun d’entre nous cette aura
Visible dans le ciel comme en les grains de sel

IVAN


À Andreï Tarkovski

Oubliés oubliés oh oui les papillons
De la jeunesse c’est le temps de la vengeance
Le temps de traquer les criminels leur engeance
Au-delà du fleuve et ses puissants tourbillons

Ivan ne possédait que de maigres haillons
À d’habiles démons il avait allégeance
Prêté pour assouvir sa soif sans négligence
Où est-il aujourd’hui ah dans quel bataillon

Dans le bataillon des très purs et divins anges
Dans les eaux claires il est sorti de la fange
Il a retrouvé sa mère et son seul amour

Il peut courir le long des plages infinies
Dieu qui voit tout a bien volé à son secours
Et persécuté la perfide tyrannie

jeudi 26 février 2026

LE CORBEAU N’OUBLIE PAS


Le corbeau n’oublie pas celui qui fait le mal
Au cœur de la ville ou de la forêt il voit
Il voit absolument tout le preux le grivois
Le pur et le méchant les hommes l’animal

Rien ne lui échappe ce qui est anormal
Ce qui est immoral Si ce que tu prévois
Est contraire à nos lois il lèvera la voix
Et il te poursuivra d’un courroux maximal

Le corbeau n’oublie pas le corbeau n’oublie pas
Gare à toi si tu crois éviter le trépas
Ou les condamnations pour tes actes malsains

Devant les juges il sera bien appelé
Pour un jour témoigner si tu es assassin
Tu as fait couler le sang ton sort est scellé

mardi 24 février 2026

SALAMMBÔ


À Gustave Flaubert

Je me souviens d’un soir les jardins d’Hamilcar
S’endormaient doucement au son d’un oud fiévreux
Il est certain que je n’ai été si heureux
Si heureux que ce soir-là de Lune aux trois-quarts

Salammbô était si belle dans son brocart
Quand elle dansait ses gestes oui langoureux
Mais jamais vulgaires étaient si savoureux
J’oubliais tout jusqu’à la foule des lascars

Les puissantes armées que je devais mener
Ce mois sacré où il fallait toujours jeûner
L’impression que la vie n’a vraiment aucun sens

Je savais que j’allais mourir demain sans doute
Mais cela était pour moi sans nulle importance
Car perlaient à mes yeux du pur bonheur les gouttes

dimanche 22 février 2026

LE FRÊNE SACRÉ


Il était le plus grand et le plus vénéré
Oui de tous les arbres de la forêt sacrée
Symbole de la foi profondément ancrée
Dans le cœur des êtres Il était préféré

Pour son bois très dur il était considéré
À sa juste valeur car c’est lui qui recrée
La vie qui éloigne la mort tant exécrée
Quand elle s’approche de ses crocs acérés

Puis ils sont venus eux les monstres assoiffés
Bardés d’intolérance et de casques coiffés
Avec leurs machines puantes et bruyantes

Ils ont tout recouvert de béton en riant
Se croyant les rois de la Terre larmoyante
Puis tout se tut dans leur paradis luxuriant

LES CARESSES DE CALYPSO


Il devra partir un jour le rusé Ulysse
Tu le sais pourtant bien Oh sept longues années
De bonheur au cœur de la Méditerranée
Suffiront-elles pour combler de purs délices

Oui ton éternelle solitude Supplice
Quand les perfides dieux par une matinée
Calme auront décidé que c’est la destinée
De ce très grand héros de quitter ta coulisse

En regardant la mer sauras-tu oublier
Toutes vos caresses celles qui ont lié
Vos corps et vos âmes vos âmes et vos corps

Qui sait si un marin perdu un naufragé
Viendra de nouveau égayer ton décor
Ô Calypso aux bras n’étant point enragés

samedi 21 février 2026

HENRY


À John McNaughton

Henry tu es un grand maître dans ton domaine
Toujours en mouvement ne laissant nulle trace
Pour ceux qui voudraient oh exterminer ta race
Tu es un véritable artiste un phénomène

Personne ne sait vers où ce chemin te mène
Ah certes point vers le paradis inhumaine
Étant ta quête sans but À chaque semaine
Une nouvelle œuvre quel appétit vorace

Henry nous connaissons ton nom et le chantons
À travers bois et champs en priant faux-jetons
De ne jamais croiser ton regard ou ta route

Le mal et les tueurs ont toujours fasciné
Tout au long des âges Mais ôtez-moi d’un doute
Prenez-vous du plaisir face aux assassinés

mercredi 18 février 2026

RAHU


Ô Rahu démon qui voulait gober les astres
Tête de dragon qui oh privée de son corps
Croyait pouvoir briser oui leurs os couverts d’or
Détruire tout mener le monde au grand désastre

Tes yeux affreux décrits par de vieux poétastres
Feraient fuir les plus preux quand résonne ton cor
Les cœurs et les esprits tremblent tel matador
Face à un minotaure au puissant épigastre

Tu ne sortiras point vainqueur tu le sais bien
Ah car le mal toujours est battu par le bien
Pourquoi donc t’obstiner en cette œuvre funeste

Même si ton mythe est pour certains plus qu’un mythe
Depuis la nuit des temps les dieux t’admonestent
Sans succès sans que tu n’acceptes leurs limites

LA PRINCESSE LOINTAINE


À Jaufré Rudel

Elle dort quelque part oh oui à Tripoli
Mes baisers n’atteindront jamais sa blanche porte
Quel désespoir pour moi misérable cloporte
Qui ai voué ma vie à ses charmes jolis

J’aimerais tant dans ses yeux d’albâtre polis
Me plonger pour toujours escorter des cohortes
D’anges ailés joviaux comme des feuilles mortes
Virevoltant dans l’air pour protéger son lit

Encore de nos jours les plaines du Liban
Sont couvertes du feu de ses cheveux flambants
Et des quelques mots doux que je lui adressai

Elle qui se cloîtra tout au fond d’un couvent
Après les avoir lus Me voilà angoissé
À présent chaque fois que passe un coup de vent

SKOLL


Parviendras-tu vraiment à mordre le Soleil
De tes crocs acérés l’astre que tu poursuis
Inlassablement en étant pourtant instruit
De sa divinité à nulle autre pareille

Lui qui dans son chariot aspire au doux sommeil
À la contemplation du jour qui toujours luit
Sans toi Skoll jeune loup fort souvent réjoui
Il se reposerait dans son manteau vermeil

Plongeant le monde dans l’affreuse indécision
Effaçant repères avec moult précision
Pour celles et ceux qui ont besoin de la nuit

Quand je t’entends hurler très tôt dès le matin
Je sais que tout va bien car avec ton appui
L’ordre des choses est assuré au lointain

mardi 17 février 2026

LA MORT DE CHARLES XII


Ô toi grand conquérant dont l’appétit vorace
A ruiné ton pays la divine Suède
Qu’a donc pu traverser sans aucun intermède
Ton esprit malgré tes très épaisses cuirasses

C’est à Fredrikshald après bien des disgrâces
Que la roue du destin tourna dans sa fort laide
Et triste habitude pour toi qui sans nulle aide
Bâtis un empire dans un état de grâce

Tu n’eus certes point le temps de comprendre quoi
Que ce soit à ce qui t’arriva de guingois
Touché par les armes ne laissant pas d’espoir

Traîtrise ou félonie l’on ne saura jamais
Mais ton nom restera toujours dans nos mémoires
Tu auras donné au monde un exemple frais

lundi 16 février 2026

CONSTANCE


Il suffit d’un homme pour ruiner une femme
D’un esprit perturbé dénué d’attention
Pour réduire au silence éternel l’ascension
D’une âme destinée à brandir le calame

Oscar Wilde fit de ta vie un pur mélodrame
Même si tu l’aimais Constance avec passion
Ce qui causa ta perte et la consternation
De tes proches voyant ta honte polygame

Que le monde est étrange un poète adulé
Qui aurait mérité un jour d’être brûlé
Pour les infamies qu’il t’a oh oui fait subir

Alors que toi fuyant au loin le déshonneur
Pour élever tes fils ignorant le sabir
Injurieux déchaîné par tous les ricaneurs

AMOR FATI


Aime ton destin car tu n’as pas d’autre choix
Sinon c’est lui qui te longuement traînera
Sans nul ménagement devenant choléra
Pour ton petit esprit un vrai chemin de croix

Tu te dois de vivre dans l’instant je le crois
Traitant avenir et passé comme opéras
Déjà écrits étant des pires embarras
Comme des plus grandes joies spectateur narquois

Qu’on le veuille ou non oh ce qui doit arriver
Arrivera toujours oui aussi cultivé
Ou ignare puissant ou faible que l’on soit

Ne cherche donc pas à défier les dieux
À braver les Moires et leur fin fil de soie
Ce serait plus qu’idiot pour le moins insidieux

jeudi 12 février 2026

LA CAMPAGNE D’ÉGYPTE


Jamais Napoléon ne connut de succès
Plus grand que celui qu’il rencontra en Égypte
Tout le monde aujourd’hui connaît bien sûr le script
Partis de Toulon les plus fiers des Français

Avec leur armada sans forme de procès
Pour battre Anglais et Turcs les placer dans des cryptes
Dignes des mastabas aux senteurs d’eucalypte
Pourquoi point de triomphe alors Nul ne le sait

Les dieux prenant plaisir à offrir les victoires
Aux uns puis aux autres ce qui est vexatoire
Pour qui semble tenir la destinée en main

Un amiral Nelson marqua un coup d’arrêt
Pour toute la flotte pourtant en bon chemin
Effaçant les espoirs d’un pur et simple trait

mercredi 11 février 2026

LA CONQUÊTE DU PARADIS


Les démons attendaient cela depuis toujours
Une fissure dans les divines murailles
Oh les plus saints anges ont la voix qui s’éraille
Eux croyant que ce fût impossible Tambours

Et fifres clament la nouvelle aux alentours
Des êtres endormis s’éveillent des entrailles
Et s’approchent avec des airs de funérailles
Des parois infectées déjà tombe une tour

L’huile bouillante se déverse sur leur tête
Le tumulte se fait hurlement de tempête
Les bases du monde tremblent tremblent et tremblent

Que va-t-il advenir Que va-t-il advenir
Se demandent tous ceux qui de peur se rassemblent
Et qui ont bien du mal à leurs larmes tenir

NOSTALGHIA


À Andreï Tarkovski

Quand se lèvera la brume de nos esprits
Celle qui engourdit nos pensées et nos vies
Cette nostalgie qui nous a l’âme asservie
Être libre à nouveau cela n’a pas de prix

Quand reverrai-je le pays que je chéris
Le pays quitté sans en avoir nulle envie
Où j’ai vécu tant de passions inassouvies
Ayant passé mon cœur au papier émeri

Jamais je ne vivrai d’instants aussi précieux
Aussi intenses oh ni de moments gracieux
Comme ceux flétris dans le jardin de l’enfance

Ne te retourne point si tu ne veux souffrir
Et ne regrette rien car tu ferais offense
À ton divin destin à ce qu’il doit t’offrir

lundi 9 février 2026

SINON


Ô toi dont le rôle fut pour le moins crucial
Dans le grand stratagème oh oui le plus célèbre
De toute l’Histoire Plongeant dans les ténèbres
Les esprits des Troyens tu fus vraiment glacial

Et imperturbable tout en restant jovial
Sans quoi ils t’auraient ah écrasé les vertèbres
En crachant sur tes os sans hommage funèbre
Sans faire appel à un jugement impartial

Sinon Sinon Sinon que résonne ton nom
En l’esprit de ceux qui n’ont pas peur des canons
Sachant qu’une ruse peut clore toute guerre

Souviens-toi des bateaux cachés à Ténédos
Et d’un cheval de bois qui n’était point vulgaire
Car c’est là ton œuvre digne d’un albatros

LA CONNAISSANCE


Il n’y a qu’une chose à connaître en ce monde
C’est Dieu le Seigneur Suprême et oh l’unique
Créateur En cherchant d’intimes mécaniques
Entre les astres ou entre les longueurs d’onde

En les étudiant tu verras la profonde
Harmonie derrière l’univers chaotique
Que certains voudraient te montrer dans d’elliptiques
Extravagances qui sont des candeurs immondes

Plus tu avanceras et plus tu comprendras
Plus tu avanceras et plus tu comprendras
Vers où te mènent tes pas vers où ils te mènent

Qu’il te faut quitter tes intimes convictions
Quelles qu’elles soient et comme un catéchumène
Que tu dois distinguer entre vrai et fiction

TCHERNOBYL


La vie était tranquille oh oui à Tchernobyl
Les enfants dans les parcs et la forêt jouaient
Tous dans la joie et dès le matin s’ébrouaient
Qui aurait pensé au désastre indélébile

À cette contagion silencieuse immobile
Beaucoup ont sacrifié leur vie tels des jouets
Pour en sauver d’autres sous les coups de fouet
Ou sans connaître les risques ni le mobile

Aujourd’hui tout y est vraiment calme paisible
Arbres et animaux ont repris leurs visibles
Activités troublés par quelques visiteurs

Curieux de temps en temps Dans de vieilles maisons
Quelques grands-pères sont restés observateurs
D’un monde ayant perdu ses charmes sa raison

dimanche 8 février 2026

HIROSHIMA


Une grande lueur et puis plus rien plus rien
Des cendres du goudron brûlant de la poussière
Ne pense pas que ce fut hier que ce fut hier
Car qui sait si demain de vieux historiens

N’en parleront plus du tout de ce vénérien
Désastre qui toucha la terre nourricière
Qui avala les rats nus dans leur souricière
En quelques secondes un délire icarien

Ô Hiroshima qui fut un jour si prospère
Et si innocente que même les vipères
N’auraient pu songer oui à un sort si funeste

Il ne reste aujourd’hui que de menus stigmates
Pour se souvenir qu’il n’y a pas que la peste
Qui ronge les chairs et dévore les peaux mates

jeudi 5 février 2026

LA MAISON DE RAMA


Où est donc la maison du grand seigneur Rama
La maison de Rama est au fond de son cœur
Celle que l’on atteint lorsque l’on sort vainqueur
Des épreuves de la vie des feux des frimas

Ses murs sont de lave de cendres de magma
Inaccessible pour tous les oiseaux moqueurs
Elle ouvre ses portes et offre ses liqueurs
À celles et ceux qui ne font de cinéma

Il n’est de plus pure récompense que d’y
Entrer d’y pénétrer Rien n’y est interdit
Oui rien n’y est proscrit c’est le divin refuge

C’est là que nous attend Sita la bienheureuse
Pour nous révéler ses secrets sans aucun juge
Oh pour nous bénir de ses attentions fiévreuses

mercredi 4 février 2026

LES DOUZE FERS DE HACHE


Faire passer une flèche au travers de douze
Fers de hache voilà un peu commun défi
Oh oui même avec des talismans crucifix
Ce serait un exploit digne d’un fin barbouze

Un seul homme le peut c’est celui que jalousent
Les hideux prétendants au visage bouffi
Par le vin les orgies avides des profits
Qu’ils tirent depuis vingt ans comme des ventouses

Ulysse que nul n’a jusqu’alors reconnu
Marche vers eux sous ses traits de clochard chenu
On lui tend en riant l’arc qu’aisément il bande

Le reste fait partie de la grande légende
De ces histoires que l’on conte près du feu
De celles qui rendent les plus petits heureux

THÉTIS


Mère prévenante et d’une grande attention
Sœur des Néréides créature admirable
Que même les dieux n’ont de leur inexorable
Appétit poursuivie cela par prévention

Au fond de l’océan au loin des conventions
Tu attendais celui qui serait adorable
Qui te donnerait ton fils presque inaltérable
Héros dont on fait de nos jours encor mention

Pouvant changer de forme à l’envi ô Thétis
Tu désarçonnas bien des ennemis jadis
Oui et aussi ton père ou ton époux Pélée

Mais tu charmas autant tes fidèles amis
Par tes danses de feu tout autour des tablées
En devenant tantôt aigle tantôt fourmi

mardi 3 février 2026

OUBLIE DONC TON NOM


Il te faudra tout oui vraiment tout oublier
Jusqu’à ton propre nom ta propre identité
Ce que tu crois être toi oh futilités
Qui s’égrènent comme les grains d’un sablier

Que tu sois professeur ou bien simple écolier
Ne crois jamais tenir de pure vérité
Ce serait là péché grande stupidité
Laisse les souffles te porter sans gondolier

Laisse les souffles te porter vers l’avenir
Tu deviendras oh ce que tu dois devenir
Sans jamais le savoir sans jamais le savoir

Qui étais-tu hier qui seras-tu demain
Une goutte d’eau dans un petit réservoir
Une larme au coin des yeux au creux d’une main

samedi 31 janvier 2026

IMAGO


À Déni Oumar Pitsaev

Une image fort floue persiste en ma mémoire
Celle d’un père absent d’une mère oubliée
D’un chat noir qui était blanc qui fut mon allié
Ou mon pire ennemi Elle était transitoire

Oh la vérité n’est qu’un vaste territoire
Éclairé tantôt par une lune estropiée
Tantôt par un soleil aux reflets mordorés
Que nul ne peut saisir tout au fond d’une armoire

Qui peut savoir ce qu’il y a sur la montagne
Et au-delà qui peut creuser une lasagne
Sans briser ses couches laisser jaillir le feu

Elle te poursuivra jusque sur la banquise
Si tu n’affrontes pas tes peurs voilà l’enjeu
Si tu veux atteindre la délivrance exquise

lundi 26 janvier 2026

SÉGURANT


Poursuivant un dragon un très grand chevalier
Du nom de Ségurant vécut des aventures
Que nul n’a oubliées Où est sa sépulture
Dans nos mémoires dans nos songes singuliers

Il a franchi les murs d’un château aux geôliers
Pervers et monstrueux sans nulle égratignure
Traversé des flammes composées de sulfure
Sans nulle brûlure sur ses pieds ses souliers

Il n’était point courtois oh du moins pas toujours
Se riait bien des pleurs de ses pauvres amours
Mais il fut pardonné oui par ces jouvencelles

Oh même Lancelot au combat l’évitait
Car il avait dans les yeux la belle étincelle
Qui fait se baisser les regards que l’on se tait

LA PORTE


À Maurice Carême

Dessine une porte sur une blanche toile
Et essaie de l’ouvrir Oh si tu y parviens
Tu auras trouvé le plus grand des secrets Viens
Alors avec nous et regarde les étoiles

Naître danser tomber Viens soulève le voile
Oui et observe donc ces mystères anciens
Dont plus personne de nos jours ne se souvient
Pense aux genoux de ta mère et à ce vieux poêle

Qui apportaient chaleur réconfort à cet autre
Ce drap qui recouvrit le bonheur qui fut vôtre
En des temps aujourd’hui oubliés révolus

Cette blanche toile ce n’est que ton esprit
Tout est possible pour qui n’est point dissolu
Pour qui ose tenter de décrocher les prix

dimanche 25 janvier 2026

LES VENTRES AFFAMÉS


Philippiens 3.19

Dirigés par leur ventre ils vont bien à leur perte
Toutes leurs actions sont pour le moins insensées
Les biens et les plaisirs occupent leurs pensées
Alors qu’ils enchaînent leur conscience déserte

Ils n’écoutent pas leur cœur non ni ses alertes
Ils croient que leur âme ne peut être poussée
Dans les feux infernaux Oh quelle traversée
Douloureuse attend ces marionnettes inertes

Ils ont beau s’affubler de costumes précieux
Autant que grotesques oui la porte des cieux
Ne s’entrouvrira point sans profond changement

Le chemin sera long le chemin sera long
Mais saisis la main que l’on te tend gentiment
Sans la mordre même si elle a l’air de plomb

L’ÉGLISE DE SATAN


À Lars von Trier

L’église de Satan eh oui c’est la nature
Un lieu où la mort est présente en permanence
Le règne du chaos sans nulle prévenance
Si tu te crois plus fort c’est la déconfiture

N’espère pas vaincre face à ses créatures
Tu serais dévoré pour ton impertinence
Que cela soit marqué oh dans ta souvenance
Cela t’évitera bien des mésaventures

Laisse les ombres dans leur terrible royaume
Aiguise ton épée coiffe-toi de ton heaume
Si et seulement si c’est un jour d’ordalie

Laisse les ombres dans leur terrible royaume
Car c’est vraiment leur place et laisse leur folie
Effacer leur raison voilà un bel axiome

LA LÉGENDE DE TCHANTCHÈS


À Jean Bosly

Né entre deux pavés le bien brave Tchantchès
A côtoyé les plus fiers des chevaliers
Et quelques empereurs Il fut un bon allié
Vraiment très apprécié Il adorait les chais

Certes un peu trop mais quand la peur approchait
Il était le dernier à s’enfuir s’oublier
Il n’avait honte de se baisser s’humilier
Devant les simples gens pleins de colifichets

Mauvaise tête esprit frondeur et grand gosier
Son grand cœur d’or était fort souvent extasié
Et savait voir delà les sombres apparences

Souviens-toi de lui quand dans la belle Outremeuse
Tu aiguilles tes pas oui songe à ses souffrances
Lui qui ne supportait l’eau même de la Meuse

vendredi 23 janvier 2026

THE GOODBYE PLACE


À Richard Kelly

Tout au fond d’un placard un jeune enfant s’endort
Un ange vengeur s’est chargé de son destin
Son armure de cuir de flammes et d’étain
Ne peut être brisée comme son épée d’or

La lumière se fait oui dans le corridor
Mais il est bien trop tard son esprit s’est éteint
Et la vie l’a quitté il y a trois matins
Il ne reste plus rien qu’un parfum inodore

Il se raconte qu’il a été emmené
Dans un havre de paix un lieu abandonné
Mais je peine à y croire en humant ce réduit

Il se peut que règne parmi nous la justice
Mais ce que nous voyons d’hier comme d’aujourd’hui
Est loin d’être joyeux oh comme un armistice

mercredi 21 janvier 2026

THE RAINMAKER


Oh d’un simple geste oh d’une simple pensée
Il fait tomber la pluie sans qu’on sache comment
Il est donc maître de tant de joies et tourments
Pour celles et ceux qui tentent les odyssées

Qui cherchent la gloire future ou bien passée
Nul ne peut connaître le lieu ou le moment
Où va se dérouler le grand déferlement
De son divin courroux de sa haine empressée

Que cherche-t-il que veut-il ou quel est son but
Il ne répondra pas pas que ça le rebute
Non mais parce qu’il n’a pas le temps d’expliquer

Ni l’envie de le faire Ayant le seul pouvoir
Et étant sans aucune obstruction abdiquer
Il ne fera jamais il faut le concevoir

PETITE MARIE


À Francis Cabrel

Ô Marie femme des hommes qui n’en ont pas
Tu verses sur nos cœurs tant de joies tant de roses
Pour nous sortir de la tristesse la névrose
Qu’il nous faut t’honorer oui jusques au trépas

Tu nous offres chaque jour de si bons repas
Qu’avec de si bons vins patiemment tu arroses
Sans jamais provoquer la moindre couperose
Et tu nous fais rêver sans dévoiler d’appas

Un vieil arbre tordu au fond de la campagne
Oh peut faire pleurer qui boit trop de champagne
Mais tu surgis alors pour le réconforter

Ton amour est si grand que même l’océan
Ne pourrait le noyer que le feu emporté
Par Énée ne pourrait le brûler méchamment

mardi 20 janvier 2026

UN COLLIER DE TUBÉREUSES


Ah mais quel plaisir que d’être accueilli ainsi
Par un collier de fleurs oh oui de tubéreuses
Au si doux parfum et par quelques chaleureuses
Étreintes vous laissant l’esprit fort adouci

Et ne laissant aucun cœur triste ou endurci
Ne sois point ingrat face à cette plantureuse
Amitié laisse-toi porter par la fiévreuse
Ivresse que l’on t’offre et dis aussi merci

Peut-être n’ont-ils pas d’argent ou de richesses
Mais ils te tendent ce collier avec noblesse
Sans arrière-pensées sans rien te demander

Si tu ne respectes pas ou ne comprends pas
Cela tu es perdu l’on peut te commander
De baisser les armes en réglant ton compas

lundi 19 janvier 2026

LE JUGE ET L’ASSASSIN


À Bertrand Tavernier

Ô toi qui crois que tout le monde peut changer
As-tu déjà croisé oh le mal absolu
Oui celui qui naît dans les esprits dissolus
Et les esprits faibles ignorant ses dangers

Pouvant à la fois Dieu et diable louanger
L’on en vient à douter tels des irrésolus
De leur entendement pourtant bien vermoulu
Trimardeurs chemineaux marginaux étrangers

Nul ne pourra jamais voir tout ce qu’ils ont vu
Ni comprendre de ce dont ils sont dépourvus
Méfie-toi des routes et de leurs carrefours

C’est là qu’ils t’attendent dans le plus grand des calmes
Comme un bon boulanger assis près de son four
Comme des assassins qui attendent leurs palmes

dimanche 18 janvier 2026

LES FESTINS DE SATURNE


Jupiter estime-toi heureux de n’avoir
Pas été dévoré par ton père Saturne
Lui qui était d’humeur pour le moins taciturne
Depuis les oracles qu’il lui fallait savoir

Bien difficile pour nous de le concevoir
Mais il y croyait dur comme fer Sa nocturne
Compagne ta mère parvint par le Vulturne
Guidée à le tromper sans qu’il puisse prévoir

Tu réussis plus tard à lui faire cracher
Tes frères et sœurs Par la revanche alléchés
Vous le détrônèrent et gagnèrent la guerre

Pour établir votre règne Oh quelle grandeur
Chantée oui par tous les poètes de naguère
Dont je me veux ici le piètre ambassadeur

samedi 17 janvier 2026

LE VASE D’ALBÂTRE


Une pécheresse s’approcha un beau jour
Du plus grand des seigneurs pour lui laver les pieds
Sans aucune forme de triste inimitié
Les arrosant de ses larmes cherchant secours

Pour sa repentance Lui qui n’était qu’amour
Ne la repoussa point ayant d’elle pitié
Et fit la leçon à Simon qui la châtier
Désirait honteux oh de la voir dans sa cour

Le parfum qui dormait dans son vase d’albâtre
Réchauffa les cœurs et cette femme opiniâtre
Dont nul ne connaît le nom fut emplie de joie

Quand le brave Jésus pardonna ses péchés
Quand elle sut qu’elle ne serait plus la proie
De l’ignoble démon par les peurs alléché

lundi 12 janvier 2026

LA HAINE


"La haine, c’est la colère des faibles."
Alphonse Daudet

Il est un sentiment qui assèche les cœurs
Oh aussi sûrement que le soleil craquèle
La peau et les esprits Il n’est point sans séquelles
Et qui le défie n’en sortira point vainqueur

La haine la haine n’est qu’un vil arnaqueur
Qui te fait croire fort un puits au fond duquel
Il n’y a jamais d’eau elle vous ensorcèle
Vous fait perdre raison dans un rire moqueur

Elle a poussé tant de nos frères à commettre
Tant d’irréparables erreurs devenant maître
De toutes leurs actions de toutes leurs pensées

Que tu haïsses ou l’ami ou l’ennemi
C’est du pareil au même un brin une pincée
Tu es à elle pour toujours pas à demi

L’ADOUBEMENT


Je me souviens du jour de mon adoubement
J’ai posé le genou en terre face à Dieu
Et ses serviteurs et un sourire radieux
A illuminé mon âme un déferlement

Avec sérieux je me suis levé purement
Conscient de la tâche et du rôle point odieux
Qui m’attendaient Un son pour le moins mélodieux
S’est alors élevé un retentissement

Oh ai-je été digne de cet honneur insigne
J’ose l’espérer oui car aucun trompeur signe
N’est venu ombrager ma blanche conscience

Durant ces années le démon a bien tenté
De me salir avec beaucoup de répugnance
Mais son zèle ne fut qu’un échec patenté

LES VESTALES


Pures comme la neige ardentes comme un feu
Les vestales dansent pour élever nos âmes
Pour nous éviter bien des tracas et des blâmes
Leur peau est si douce et leurs cheveux si soyeux

Qu’un simple frôlement peut nous rendre joyeux
Pour dix longues années en avivant les flammes
D’un désir cristallin et chaste qui proclame
Notre foi en le Très-Haut aux yeux mystérieux

Prie pour les rencontrer tu seras exaucé
Malheur à toi si tu devais les offenser
Car leur colère te poursuivrait pour toujours

Accepte leurs jeux ces filles de la déesse
En illumineront avec grâce tes jours
Oui fais donc preuve de courage de hardiesse

dimanche 11 janvier 2026

THANATOS


Le jumeau d’Hypnos nous tenant oui par la main
Nous pilote sur la route vers le final
But ce qui doit être en somme le terminal
Ah s’endormir en paix à l’ombre d’un chemin

Se perdre en un rêve sans fin sans lendemain
Entouré d’un voile pur net et virginal
Comme un voilier ancré tout au bord d’un chenal
Ne pensant plus à la mer aux reflets carmin

Thanatos prends une mèche de mes cheveux
Offre-la à Hadès dont l’esprit est nerveux
Et imprévisible pour que je me repose

Déploie tes ailes pour me porter oh là-bas
Comme une goutte de rosée qui se dépose
Sur un pétale de rose Oh là-bas là-bas

L’EMPYRÉE


Bienheureux celui qui peut gagner l’empyrée
Et y purifier son âme en ses feux ardents
Oh après une vie parsemée d’incidents
Dans les confins glacials de l’onde hyperborée

Très fort ballottée par d’innombrables marées
Méprisé raillé par le monde décadent
Depuis toujours grondant jamais accommodant
Oui heureux ce héros aux ailes empourprées

Heureux ce héros qui a su briser ses chaînes
Au fil de l’épée face aux plus antiques chênes
Arbres sacrés témoins de la gloire des âges

Heureux ce sage qui a laissé ses pensées
Naître et se fortifier au sein d’un ermitage
Tout comme les vers saints d’une grande odyssée

L’ANTRE DE LA FOLIE


Il est tout au fond de tes plus vieux souvenirs
Une image qui peut réveiller ta folie
Et te mener en son antre une anomalie
Semblant insignifiante un démon à honnir

À tout moment il peut surgir sans prévenir
Avec ses armes et toute sa panoplie
Pour te dévorer l’âme oh jusques à la lie
Effaçant tout espoir oui d’un bel avenir

Bien peu nombreux sont ceux pouvant lui échapper
Quand ses crocs acérés veulent vous écharper
Vous mettre en pièces vous priver de la raison

Seuls les plus courageux et les plus combatifs
Parviennent à sauver leur honneur leur blason
Face à cette fureur aveuglant les chétifs

samedi 10 janvier 2026

BODY BAG


Ah ils s’imaginent les honneurs et la gloire
Mais c’est dans un body bag oh qu’ils finiront
Ces pauvres fous qui à la guerre s’en iront
Pour délivrer le monde et écrire l’Histoire

C’est ainsi depuis la nuit des temps la mémoire
De nos ancêtres morts sans raison sur le front
Étant là pour nous le rappeler Les poltrons
En cauchemarderont décrochant leur mâchoire

Et les preux fonceront la tête la première
Tout en le sachant eux qui cherchent la lumière
Et qui croient que l’horreur oui a vraiment un sens

Je les vois déjà en train de fanfaronner
Après la victoire fiers de leur puissance
Alors que seule la chance a tout façonné

jeudi 8 janvier 2026

PETER KÜRTEN


Quelle épopée nous a fait vivre ce Kürten
Oh mais une épopée sanglante et meurtrière
Qui fait encor trembler au sein de nos chaumières
Il nous nargua ainsi en pur croquemitaine

Des soirs des mois des ans déchirant l’abdomen
De ses proies avec sa malice coutumière
Et grande perversion Mais un jour la lumière
Se fit en l’esprit d’un valeureux capitaine

Qui le confondit le mena à l’échafaud
Où la Mort l’étêta de sa très noble faux
Ce démon s’en moquait continuant à rire

Car il savait oui il savait qu’on parlerait
Toujours aujourd’hui de lui que j’allais écrire
Ces quelques lignes sans même le faire exprès

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