Une grande lueur et puis plus rien plus rien
Des cendres du goudron brûlant de la poussière
Ne pense pas que ce fut hier que ce fut hier
Car qui sait si demain de vieux historiens
N’en parleront plus du tout de ce vénérien
Désastre qui toucha la terre nourricière
Qui avala les rats nus dans leur souricière
En quelques secondes un délire icarien
Ô Hiroshima qui fut un jour si prospère
Et si innocente que même les vipères
N’auraient pu songer oui à un sort si funeste
Il ne reste aujourd’hui que de menus stigmates
Pour se souvenir qu’il n’y a pas que la peste
Qui ronge les chairs et dévore les peaux mates