mardi 31 mars 2026

LES MOUTONS DE PANURGE


Regarde-les oh oui les moutons de Panurge
Plonger dans les froides eaux de la calme mer
Suivant sans réfléchir et sans même être amers
Celui qui fut jeté sans qu’aucun ne s’insurge

Mais quel plaisir que de voir une telle purge
Bien plus sanglante qu’un simple dix-huit brumaire
Et que les massacres connus par nos grand-mères
Ou imaginés par un très vieux dramaturge

Surtout ne pense pas être différent d’eux
Car aussi sûr que un et un font vraiment deux
Tu es sur le chemin des moutons de Panurge

Sans jamais le savoir sans jamais le vouloir
Tes chefs te mèneront comme un ancien démiurge
Vers l’échafaud vers de la mort le grand couloir

TABITHA


Qu’as-tu donc dans ta main Une aiguille et du fil
Répondrait Tabitha couturière à Joppé
Qui consacra sa vie aux pauvres éclopés
Pour l’orphelin la veuve elle était très utile

Un morceau d’étoffe n’était jamais futile
Entre ses graciles doigts cornés et râpés
Dans ses habits tous les maux étaient dissipés
Et c’est le cœur léger que l’on bravait la ville

Et toi oui toi qu’as-tu qu’as-tu donc dans les mains
Pour servir le Seigneur et tes frères humains
Quel que soit ton talent ne le galvaude pas

En échange d’un peu d’or ou d’un peu de gloire
Cela te pèsera comme un mauvais repas
Offre-le plutôt et tu auras la victoire

lundi 30 mars 2026

LES FILS D’AMALEK


Ah qu’ils sont brutaux oh oui les fils d’Amalek
Eux qui font la loi dans le terrible désert
Le désert dévorant aussi bien qu’un cancer
Les corps désemparés filant vers les obsèques

Chez eux pas de livres ni de bibliothèques
Mais de la haine pour châtier leurs adversaires
Et d’acérées armes pour semer la misère
Ils se nourrissent des passants et des blancs-becs

De tout ce qui peut leur rapporter quelques pièces
Détestant tout ce qui a un peu de joliesse
Ils peuvent attendre des années sans frapper

Terrés sous le sable comme de vils scorpions
Un peu d’inattention et vous voilà happé
Par leurs pédipalpes par les bras les arpions

jeudi 26 mars 2026

CHARON


Ô imperturbable nocher toi qui traverses
Depuis la nuit des temps l’infernal Achéron
Quand te reposeras-tu Le son du clairon
Appelle les âmes oh entre deux averses

Auprès de toi qu’elles jamais ne tergiversent
En versant l’obole car tu n’es fanfaron
Ni généreux Payez sans quoi ses avirons
Ne se mettront en branle engeance si perverse

Mais un jour viendra oui où toutes ces pièces
Jetées par-dessus bord ah sans délicatesse
Et avec mépris par cet étrange Charon

Formeront un beau gué permettant de passer
Les pieds presque au sec et sans le moindre affront
D’un côté de l’autre sans peur ni grimacer

mercredi 25 mars 2026

L’ÉTUDIANT PERPÉTUEL


Il est assis là là tout au fond de la classe
Ses cheveux grisonnants attirant l’attention
Des jeunes étudiants Avec la prétention
Qui est celle de leur âge leurs yeux de glace

Le scrutent de haut en bas en gagnant leur place
J’espère ne jamais je n’en ai l’intention
Finir ainsi disent-ils sans prévention
Ce qui le fait sourire et son esprit replace

Oui pourquoi suis-je là oh pourquoi suis-je là
Se demande-t-il en voyant les falbalas
Des filles qui pourraient vraiment être les siennes

C’est dans les livres qu’on trouve la connaissance
Pas dans l’agitation si académicienne
Qui assène sans joie ses tristes ordonnances

mardi 24 mars 2026

AMPHITRITE


Ô Amphitrite toi qui ceins les océans
De tes bras à la peau si fine si soyeuse
Écoute ce chant à la mélodie joyeuse
Qui de ma gorge monte en un souffle géant

Oh grâce à toi il n’est ni de gouffre béant
Ni aucune vague d’écume pourvoyeuse
Qui puisse nous troubler La mouette rieuse
Crie ton nom tout comme l’albatros bienséant

Quand tu parais sur ton char au large des côtes
Le marin oui sait qu’il pourra la tête haute
Terminer sa journée et retrouver la terre

Les fiers hippocampes tes servants dévoués
Dansent autour de toi tels de durs militaires
Prêts à combattre à tout moment et enjoués

lundi 23 mars 2026

LE PROCÈS DE JÉSUS


Levez-vous accusé levez-vous accusé
Accusé qui n’avez rien à vous reprocher
Levez-vous levez-vous comme un rogue rocher
Qui après la marée croit pouvoir nous ruser

Dans quelques instants les questions vont fuser
Et nous savons que vous misérable nocher
Ne pourrez éviter les écueils décochés
Par nos fins magistrats qu’on ne peut abuser

Levez-vous condamné levez-vous condamné
Vous savez le chemin vous le discipliné
Ah votre Dieu vous a vraiment abandonné

Quelle délectation que de voir le vinaigre
Vous monter jusqu’au nez vous monter jusqu’au nez
Et les clous transpercer vos paumes bien trop maigres

NOLI ME TANGERE


Non ne me retiens pas non ne me retiens pas
Ne pose pas tes mains sur mes si maigres bras
Tu te perdrais et me mettrais dans l’embarras
Non ne me retiens pas non ne me retiens pas

Il est temps pour moi de mener au loin mes pas
De quitter pour toujours le triste humain fatras
Et d’oublier pour de bon tous ces scélérats
Qui m’ont sur une croix cloué pour le trépas

Un jour je reviendrai un jour je reviendrai
Oui et à toutes tes questions je répondrai
Mais il n’est pas venu encor ce moment-là

Tu m’attendras oh je le sais pour ton malheur
Tu vieilliras au fond d’une belle villa
Cœur et seins privés de toute pure chaleur

LE JARDINIER


Je créerai pour toi un jardin luxuriant
Où rien ne manquera jamais où coulera
Un fleuve de miel où vivront en paix cobras
Et mangoustes oui où tout sera vraiment riant

Où l’amour ne sera plus guère contrariant
Encore plus beau oh que ceux de l’Alhambra
Où il n’y aura nul besoin de caméras
Pour la sécurité du ponant à l’orient

Les gens qui vivront là ne connaîtront ni peur
Ni faim ni tracas ni ennui Quelle stupeur
Quel émerveillement quand tu y entreras

Les mondes affreux et anciens tu oublieras
Ils sombreront avec leurs armées de démons
Au fond de l’océan transformés en limon

vendredi 20 mars 2026

CHARMION ET IRAS


Jamais l’on ne vit plus grande fidélité
Que celle des belles Charmion et Iras
Qui ont quitté ce monde avec oh tant de grâce
Choisissant de suivre leur pure déité

Cette reine qui sut avec subtilité
Faire connaître son nom au destin vorace
Dans le vrai inconnu sans aucune cuirasse
Gardant sur leur âme chaste pudicité

Une armée de serpents oui les a assaillies
Mais elles n’ont bronché Des images vieillies
Qui inspirent encore aujourd’hui les artistes

Qu’ils soient peintres sculpteurs ou vulgaires poètes
Semblent surgir du fond d’une pâle améthyste
Semblables au doux chant du plus fier des prophètes

dimanche 15 mars 2026

ACTÉON


Actéon Actéon chantons donc ton doux nom
Un des rares mortels ayant pu voir les charmes
De la belle Artémis Tes yeux se firent larmes
Quand tu compris ce qui t’arrivait sombre ânon

Toi qui tant poursuivais au son des tympanons
Sans aucune pitié tes proies sans nulles armes
Comble de l’ironie ce sont tes chiens d’alarme
Qui te dévorèrent au fond d’un cabanon

Toi devenu muet comme un petit poisson
Métamorphosé en cerf au temps des moissons
C’est du moins ce que nous révèle la légende

Toi qui fus formé par le centaure Chiron
Aux fiers arts de la chasse avec moult réprimandes
Toi dont le tombeau fut le grand mont Cithéron

ATHALIE


Athalie Athalie ô reine usurpatrice
Reine meurtrière qui a baigné de sang
Et d’une idolâtrie sans aucun précédent
Le pays le plus saint du démon la nourrice

Toi qui as laissé tant et tant de cicatrices
Dans le cœur de l’homme je te vois grimaçant
Face au grand prêtre et au peuple irrité grondant
Connaissant tes actes odieux et tes caprices

Invincible tu te pensais et te croyais
Mais Baal a bien ri quand le fatal maillet
De la Justice s’est sur ton crâne écrasé

Oh oui n’espère rien des serments infernaux
Car ils ont un seul prix ton esprit déphasé
Ainsi que ton corps qui rejoindront le fourneau

THE DUKE


À Pierce Brosnan

Le démon apparaît ainsi qu’il disparaît
À l’envi comme par un grand enchantement
Changeant de visage et d’apparence et de nom
Il n’y a d’issue pour qui est pris en ses rets

Il vous fera croire que c’est sans aucun frais
Que vous vous sortirez de votre entêtement
Des artificielles joies qui sont vôtres Non
Non et mille fois non c’est au fond des marais

Que finira l’âme de ceux osant tenter
Ce personnage qui ne veut les contenter
Et dont la volonté est de les dévorer

Ils se croient les plus forts mais doivent augmenter
Tous les jours les doses pour pouvoir espérer
Se sentir aussi bien et encore chanter

AMBROISIE


Quels sont les héros qui ont vraiment pu goûter
À la douce ambroisie abolissant la mort
Effaçant les regrets tout comme les remords
Pratiquement aucun oui vous vous en doutez

Car ainsi sont les dieux oh prêts à envoûter
Les plus vaillants soldats pour qu’ils se remémorent
D’eux quand ils s’ennuient mais quand la blessure mord
Ils ne sont plus là pour eux pour les écouter

Et les sauver alors qu’ils en ont le pouvoir
Leur vie n’a de valeur vous devez le savoir
Par rapport à la leur Ah parmi les milliers

Ayant combattu dans les plus grandes batailles
Seuls dix ou vingt l’ont pu illustres chevaliers
Dont le nom est posé sur de glorieux portails

samedi 14 mars 2026

BÉLIAL


Il était là avant oui bien avant le monde
Il se nourrissait des atomes d’hydrogène
Qui cherchaient à le fuir de manière anxiogène
Dans une course folle hardie et vagabonde

Il a placé oh son âcreté furibonde
Dans le cœur de nombreux hommes sans nulle gêne
Il se dit qu’il a de Néron et Diogène
Troublé l’esprit fait de Judas un être immonde

Il posséda Caïn de toutes ses légions
Celles se répandant comme une contagion
Oui dans tout l’univers oui dans tout l’univers

Au coin de chaque rue vous pouvez le croiser
Habillé d’une cape ou nu tel un pervers
Quoi que vous fassiez il faudra l’apprivoiser

jeudi 12 mars 2026

MON DOUX FANTÔME


À Héloïse Husquinet

Il est là tapi dans l’ombre mon doux fantôme
C’est lui qui effleure mes joues guide mes pas
Et me réconforte quand oh je ne sais pas
Si je blasphème ou si j’énonce des axiomes

Quand je ne sais pas si mon lit sera de chaume
Ou bien de pure soie quel sera mon repas
Le soir ou le matin Je t’offre mes appas
À toi et à toi seul oui ô mon doux fantôme

Mon si doux fantôme qui m’escorte partout
Qui trace mon chemin m’offre l’ultime atout
Quand la partie semble perdue semble perdue

Toi qui n’es ni de chair ni de sang ni de peau
De sève ou d’écorce mais la vaste étendue
Qui m’entoure nuit et jour de ses oripeaux

mercredi 11 mars 2026

LE ROYAUME DES OMBRES


Dans la prison d’Hadès pas besoin de barreaux
Ni d’aucune chaîne pour garder les damnés
Les esprits s’y trouvant ont tout abandonné
Y compris leur raison et la peur des bourreaux

Tous ont oublié leur vie même les héros
Ils n’ont plus conscience du souffle raffiné
Qui fut un jour le leur Comme des aliénés
Oh ils errent sans fin en spectres auroraux

De temps à autre une lueur semble fuser
De leurs yeux globuleux ce qui peut méduser
Parfois les plus adroits mais jamais ça ne dure

Très vite ils retombent oui dans leur léthargie
Incapables de se distinguer des ordures
Jonchant le sol de leur bien sombre nostalgie

dimanche 8 mars 2026

LA LICORNE


Elle est apparue par mystère la licorne
Vêtue de sa robe blanche oh et étoilée
Le sol était de mousse et quelques azalées
Ont rosi à sa vue qui n’était non point morne

Du tapis sortirent de gracieux capricornes
Qui se transformèrent devant cette assemblée
En oiseaux jaunes et bleus Un grand propylée
Oui surgit de terre couvert de salicorne

Son regard croisa le mien et elle parla
Puis elle entonna un pur chant a capella
J’aurais voulu qu’elle ne s’en aille jamais

Mais la volonté des dieux n’était celle-là
En ce délicieux soir de fin du mois de mai
Seul resta le temple et son si doux matelas

jeudi 5 mars 2026

JOUR DE COLÈRE


Aujourd’hui c’est le jour oui le jour de colère
Après avoir été extrêmement patient
Dieu seigneur des armées va punir l’insouciant
Le fourbe et l’ignorant La terreur populaire

Se met à gagner les pécheurs épistolaires
Les pécheurs de la chair et les fous omniscients
Regardez-les courir ces tristes inconscients
Chercher asile dans leurs églises solaires

Mais il est trop tard mais il est vraiment trop tard
Pour celles et ceux qui ont mangé le nectar
Sans nulle tempérance et qui ont blasphémé

Voici la foudre les feux et enfin les cendres
Recouvrant tout dans un halo diadémé
En lieu et place de cercueils de palissandre

MICHELLE MARTIN


Oh Michelle Martin oui toi qui savais tout
Pourquoi donc t’es-tu tue pourquoi donc t’es-tu tue
Il est clair qu’au mal très vite l’on s’habitue
Et qu’il est tapi et présent vraiment partout

Je pense à ces enfants à leurs quintes de toux
Et leur dernier soupir Pourtant je m’évertue
À te défendre sans t'élever de statue
Car j’ai confiance en toi Montre-nous tes atouts

Fais-nous oublier le monstre que tu étais
Place ta nouvelle vie entre deux étais
Va en paix car tu as payé ta dette immonde

C’est ainsi que parle notre unique Seigneur
Le miséricordieux le gardien de ce monde
Afin de purifier nos cœurs de batailleurs

lundi 2 mars 2026

ATARAXIE


J’ai trouvé au fond de la forêt la quiétude
L’harmonie et la paix Les plus simples oiseaux
De leur chant frivole couvraient arbres roseaux
Faisant monter en moi espoir et gratitude

Le printemps qui naissait calmait ma lassitude
Et des cascades de soleil baignaient les eaux
Des mares tandis que le vent de ses ciseaux
Caressait mes cheveux avec mansuétude

Les souffles ancestraux patiemment traversaient
Mon âme et la lavaient du péché de l’ivraie
Des affreuses pensées et des ronces du mal

Toi aussi mon frère laisse-toi emporter
Par les chemins que l’on dit creux et l’animal
Appel du divin qui veut te réconforter

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