mercredi 20 mai 2026

AU FOND DU TARTARE


J’irai j’irai jusqu’au fond de ce noir Tartare
Pour te retrouver oh oui pour te délivrer
De tes chaînes rongeant ton esprit désœuvré
Ta peau ta chair comme des cordes de cithare

Tendues et tranchantes Je serai l’avatar
Que tu attends depuis si si longtemps cuivré
Comme une statue de Vishnou pur orfévré
Et je t’apporterai un rien de nectar

Une simple goutte qui réveillera ton
Cœur le faisant battre à nouveau brisant bâtons
Qui te torturaient et les infâmes barreaux

De cette prison qui te cachait l’horizon
L’horizon et le ciel aux nuages floraux
Tu retrouveras ta maison et la raison

LE MINEUR DE L’ÂME


Il creuse creuse et creuse encor cette matière
Spongieuse qu’est l’esprit humain Il creuse il creuse
Dans l’espoir de trouver une pensée heureuse
Une pensée nouvelle avant le cimetière

Oh trouvera-t-il au fond de son âme altière
Ce qu’il espère attend sa mine chaleureuse
Sera-t-elle au bilan ou plutôt malheureuse
Devra-t-il sa fierté déposer au vestiaire

Voilà un rôle ingrat voilà un rôle ingrat
Que de tout simplement tenter d’ôter le gras
Autour de sa propre moelle son intellect

Jamais nul ne sera plus haï que celui
Qui désire exposer les travers fort infects
Que l’on peut percer en grattant sous ce qui luit

mardi 19 mai 2026

LES HARPES


Dans les anciens temples retentissent les harpes
Celles qui font trembler et les murs et les âmes
Celles qui transforment le monde agitent flammes
Et océans laissant muets comme des carpes

Les pires des démons ceux qui toujours s’écharpent
Pour savoir lequel d’entre eux va son oriflamme
Planter tout au sommet de la montagne infâme
Du succès guerrier les pires des escarpes

Dans les anciens temples oh dans les anciens temples
Qui furent habités tels des vêtements amples
Par les dieux oui les dieux qui les ont désertés

Préférant retourner dans les lointains pays
Ces lointains pays où règnent la liberté
L’immortalité où nul ne désobéit

dimanche 17 mai 2026

LA COLONNE DE LA VICTOIRE


Victoria Victoria toi qui descends des cieux
Oh pour couronner de laurier les glorieux
Vainqueurs des plus ardents combats et des horribles
Guerres fratricides en passant tout au crible

Tu trônes désormais comme un ange terrible
En haut d’une colonne immobile impassible
Rappelant aux passants empressés oublieux
Un bien triste passé aux relents facétieux

Peut-être qu’un jour tu reviendras reviendras
À nouveau parmi nous pour ceindre de tes bras
Un héros inconnu un héros inconnu

Un homme qui aura sa vie sacrifié
Pour en sauver d’autres en mourant de froid nu
Sur un champ de bataille en feu édifié

vendredi 15 mai 2026

LE PANTOCRATOR


Il n’a plus rien d’humain le Christ pantocrator
Il a tout transcendé il a tout transcendé
Son corps est lumière pure il s’est évadé
Des prisons terrestres libéré de leurs torts

Pense à lui quand c’est ton esprit oh qui se tord
Quand la vie s’échappe de tes doigts faisandés
Corrompus par le monde au visage évidé
Aux prunelles noires des plus pervers retors

Car c’est bien ainsi qu’un jour tu le verras
Tu lèveras alors très haut très haut les bras
Et tu pleureras oui de bonheur et de joie

Car tu sauras à ce moment divin sacré
Que ton âme est lisse comme une vierge soie
Et que tu es proche du paradis nacré


jeudi 14 mai 2026

THE ANGEL OF VERDUN


Alors que les combats faisaient rage sans fin
Un bel ange apparut oh pour y mettre un terme
Déployant ses ailes pour que la terre ferme
Puisse se reposer que les hommes enfin

Puissent trouver la paix et qu’ils oublient la faim
Et tous les fantômes oui que l’esprit renferme
Après avoir vécu l’horreur qui est le germe
De la pure folie Était-ce un séraphin

Qui par un certain dieu lassé fut envoyé
Pour cette mission parmi les dévoyés
Ah les plus monstrueux des êtres les humains

Qui sont inaptes d’au simple commandement
"Tu ne tueras point" se conformer les mains
Le cœur l’âme pleins de sang sans entendement

L’ASCENSION


Il monte vers le ciel porté par tous les anges
Le grand Christ glorieux Les disciples regardent
Avec stupéfaction et leur cœur se lézarde
Entre tristesse et joie quel sentiment étrange

Tristesse de savoir que sans lui les vendanges
Se feront désormais mais joie dans leurs mansardes
En pensant au royaume éternel où ses hardes
Seront lavées oh de pureté de louanges

Il l’avait prédit sa mort la résurrection
Et cette ascension oui et cette ascension
Des histoires qu’il va falloir vraiment transmettre

Pour témoigner de leur très pure vérité
Et le tout sans aucun petit détail omettre
Pour que la lumière vainque l’obscurité

È SOLO UN TRUCCO


À Paolo Sorrentino

Tout autour de toi n’est qu’un immense mirage
Ne crains donc rien si ce n’est de ne jamais vivre
De rester englué comme un poisson de cuivre
Au cœur d’une nasse d’agitation peu sage

Oui voilà peut-être le seul de mes messages
Qui vaille la peine d’être sorti des livres
Des salles obscures où quelques moutons ivres
Ronflent en rêvant oh à leurs verts pâturages

Tu es entièrement libre aucune limite
Ne t’est assignée à moins que quelques vieux mythes
En aient convaincu ton esprit influençable

Cesse enfin de jouer un rôle et ne fais plus
Que ce que tu veux en marchant sur le doux sable
Semé sur le chemin menant à l’absolu

mardi 12 mai 2026

L’OUETTE SACRÉE


Oh à chaque matin une ouette sacrée
Accueille mon réveil avec ses yeux de braise
Son chant se fait alors feu parmi les mélèzes
Au bord du grand fleuve comme un raz-de-marée

Tel un pharaon qui observe l’empyrée
Je tourne le regard vers le ciel et les treize
Piliers le soutenant Au loin quelques falaises
Rougissantes semblent revêtir leur livrée

Tant qu’elle sera là oui à chaque matin
Je saurai que les dieux dans leurs jeux enfantins
Guideront mes pas pour leur unique plaisir

Je sais qu’un jour elle ne se montrera plus
Et que sera venu lors le temps de gésir
Auprès des spectres dans le silence absolu

lundi 11 mai 2026

LES VERS LUISANTS


Au milieu de la nuit luisent les divins vers
Comme des étoiles vraiment inaccessibles
S’endormant tout au fond des cœurs immarcescibles
Les ayant fait vibrer oui les ayant ouverts

Quelques mots savamment placés chassent l’hiver
Le plus rude qui soit les humeurs irascibles
L’ignorance féroce et la peur inflexible
Emportant le lecteur vers de neufs univers

Ils sont le soleil de nos jours le seul espoir
Qu’il nous reste quand tout devient noir oh si noir
Que l’on s’agenouille en implorant tous les dieux

Ce moment où l’on croit que tout va se dissoudre
Que nous allons être pour nos actes odieux
Punis que sur nous vont s’abattre les purs foudres

LES SEINS DE GLACE


Elle était face à moi gardant ses seins de glace
Aucune émotion ne venant trahir ses traits
Bien qu’elle soit nue mon regard se fit distrait
Devant si peu d’entrain pour l’amour point de place

Elle était si belle belle mais pas folasse
Ni jouasse ce jour-là Son désintérêt
Me semblait mystérieux je n’étais encor prêt
À saisir son esprit son âme peu salace

Je fis d’elle pourtant de si exquis croquis
Que tout qui les voyait se sentait oh conquis
Et secrètement me jalousait m’enviait

S’imaginant tout ce que je n’avais pas fait
Et que je ne ferai jamais jamais jamais
Ailleurs que dans un rêve aux effluves de mai

mercredi 6 mai 2026

DANS LES EAUX DU PUISSANT STYX


Dans les eaux noires et glacées du puissant Styx
Je me plongerai oh pour être invulnérable
Comme le grand Achille ardent et vénérable
Toujours prompt au combat un flamboyant phénix

Ne craignant ni la mort ni la moindre des rixes
Dont les exploits furent vraiment inénarrables
Et qui occupe une place oui incomparable
Dans notre imaginaire aux purs reflets d’onyx

Ah c’est en songeant aux eaux noires et glacées
Du puissant Styx que j’ai égaré mes pensées
Et perdu la raison et perdu la raison

Car nul n’est invincible ou bien indestructible
Et celui qui le croit entend son oraison
Funèbre très vite en un souffle imperceptible

lundi 4 mai 2026

LE DESTIN D’UN HOMME


Oh tout commence par une très longue route
Puis les carrefours se succèdent se succèdent
Mais quelle direction choisir Des cieux l’aide
Oui il faut implorer pour effacer les doutes

Et marcher sûrement sans craindre la déroute
Ou les égarements La prière est remède
À tous les maux elle dénoue ce qui obsède
C’est elle qui ouvre un chemin parmi les gouttes

Quelle aurait été ta vie si tu avais pris
À gauche plutôt qu’à droite Que dit l’esprit
Qui t’habite celui qui est ta part divine

Demande-lui et il te dévoilera tout
Ce que tu veux savoir à combien de ravines
Tu as échappé sans même une simple toux

jeudi 23 avril 2026

LE TORRENT DU CÉDRON


En traversant les eaux du très sombre Cédron
Jésus savait ce qui l’attendait au matin
Quand les soldats romains avec un air hautain
Viendraient se saisir de lui au son du clairon

Pour le molester oh de coups de ceinturon
Puis pour le condamner à un trépas certain
Lui qui avait vexé les prêtres puritains
En leur montrant tous leurs travers et leurs affronts

Il gronda ce soir-là plus fort que d’habitude
L’impétueux Cédron car c’est la turpitude
De l’humanité qui allait se déchaîner

Que ta volonté soit faite qu’elle soit faite
Même si cela doit pour toujours me peiner
Que mon sacrifice devienne un jour de fête

mardi 14 avril 2026

POUCHKINE SUR LE CHAMP DE BATAILLE


Mais quelle mouche a donc bien pu piquer Pouchkine
Pour se donner ainsi en spectacle en spectacle
Sur le champ de bataille en défiant les oracles
Et faisant bien rire les armées fort taquines

Drôlement accoutré de soie de moleskine
D’illusions de folie Ce n’est que par miracle
Qu’ils ne l’ont abattu sur le grand tabernacle
L’autel éternel de l’immolation coquine

Il a voulu voir la guerre mais n’en a vu
Qu’un bref instant sans que cela ne soit prévu
Était-ce programmé par son nom de canon

Peut-être gloseront sur ce sujet savant
Oh des linguistes en manque de fier renom
Cherchant à brasser du vent du vent et du vent

LES MOIRES


Les Moires sont trois sœurs qui tissent le destin
Du premier au dernier jour des êtres humains
Frêles créatures croyant tenir en main
Les rênes du monde tels de tristes pantins

Trop imbus d’eux-mêmes Dans leurs draps de satin
Elles se rient beaucoup de leurs joues carmin
Eux qui se voient déjà empereurs dès demain
Alors qu’ils ne sont que du bien menu fretin

Clotho Lachésis et Atropos c’est leur nom
Un souffle résonnant comme un coup de canon
Pour toutes les âmes gratifiées de conscience

Si vous les dédaignez en parlant de vieux mythe
Elles corrigeront votre pauvre défiance
Car vous auriez franchi là l’ultime limite

jeudi 9 avril 2026

LE CHEMIN DE CROIX


Nous devons tous porter notre croix mais le Christ
A fait le plus dur pour nous sans rien demander
Souviens-toi de lui lui qui fut vilipendé
Par les plus infâmes de tous les rigoristes

Même le plus doué oh des équilibristes
Serait cent fois tombé aurait abandonné
Mais il était vraiment le Seigneur incarné
Et il a accompli tout en volontariste

Oui souviens-toi de lui oui souviens-toi de lui
Quand par quatorze fois tu observes celui
Qui a accepté de clore l’ancien livre

Par son sacrifice par son pur sacrifice
Car sans cela tu ne pourrais pas libre vivre
Tu serais un pantin perclus de maléfices

mardi 7 avril 2026

LE CALVAIRE DE LAZARE


Ah quel malheur pour moi que de vivre en ce corps
À moitié putréfié et d’être revenu
Du pays de la mort non comme un enfant nu
Mais telle une charogne aux effluves de porc

Je ne supporte ni mon odeur ni mon sort
J'erre dans le désert sans être soutenu
Partout où je vais je ne suis le bienvenu
Mon visage est celui du vautour du condor

Mon haleine celle du diable du dragon
Même en me frictionnant de sauge ou d’estragon
Même le chacal ne veut s’approcher de moi

Je ne sais quand cela prendra oh enfin fin
Je le maudis celui qui suscitant l’émoi
M’a sorti du tombeau de ce douillet couffin

LA MORT DE JUDAS


Il fallait qu’il vive mais il fallait qu’il meure
Oh poursuivi par les démons le vil Judas
Oui par les démons de son esprit les soldats
De la conscience qui assombrissent les heures

Même l’arbre qui fut sa dernière demeure
Rougit de honte quand cet affreux candidat
Ce candidat au ciel termina son mandat
Son mandat terrestre le mandat que l’on pleure

Il fallait qu’il vive pour que tout s’accomplisse
Selon la Volonté sans aucune malice
Chaque geste chaque parole chaque mot

Le baiser les pièces le remords et la corde
Les rires le regard de ces petits marmots
Qui jugent le cœur des gens sans miséricorde

CAÏPHE


Oh honte sur toi pour l’éternité Caïphe
Toi qui te croyais le plus fort et invincible
Tu sus convaincre le Sanhédrin irascible
De condamner celui qui était Roi des Juifs

Par orgueil tu voulais le voir mort plus que vif
Alors qu’il n’y avait rien de répréhensible
Dans ses agissements Tu en fis une cible
En sachant ton pouvoir pour le moins abusif

Ton nom est lié pour toujours à la bassesse
Oui et ton âme se lamentera sans cesse
En repensant à cet instant où tu compris

À cet instant où tu compris que c’était vrai
Qu’il était de Dieu le seul Fils le favori
Ainsi l’on te trouva pendu à un cyprès

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