dimanche 14 mars 2021

Que m’apporte l’exemple du Christ ?

 

Nous tous, membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, avons choisi et accepté de prendre sur nous le nom du Christ au jour de notre baptême. Cela ne veut bien entendu pas dire que nous sommes devenus des saints du jour au lendemain après avoir conclu avec le Seigneur les alliances sacrées dans l'Eau baptismale et le Feu du Saint-Esprit mais plutôt, évidemment, que nous nous engageons à suivre sa doctrine, ses commandements, son chemin et son exemple dans son ensemble. Bref, notre but ultime est donc de devenir aussi purs et parfaits que lui pas après pas, aussi impurs et imparfaits que nous soyons ou pensions l’être.

 

L’une des choses les plus importantes que j’aie apprise au cours des derniers mois au contact du Christ et de ses représentants, que ce soit en discutant avec les missionnaires ou les membres de l’Église ou en lisant les Écritures est justement que notre Père céleste ne nous demande pas simplement de l’écouter au travers des nombreux livres sacrés qu’Il a mis à notre disposition dans toutes les librairies et les bibliothèques de cette planète.

Lire la Bible et le Livre de Mormon est bien sûr une démarche plus qu’essentielle dans nos recherches pour tenter de comprendre la volonté divine et ce que le Seigneur attend exactement de nous au jour le jour, mon objectif n’est certainement pas ici de déclarer le contraire, ce que personne, du reste, n’oserait faire.

Ce qu’Il désire et réclame en plus de nous est que nous intégrions pleinement Ses paroles et celles de son Fils au plus profond de notre chair et de notre cœur en les appliquant concrètement dans notre vie quotidienne.

Lequel d’entre nous entendrait par exemple le Maître et ses disciples nous exhorter à ne jamais jeter la première pierre à qui que ce soit et le ferait à la première occasion qui se présente ?

 

Parvenir à vivre dans un état de prière et d’adoration permanentes, en tournant chacune de nos pensées vers Dieu et en Lui dédiant chacun de nos actes et de nos gestes est aussi un excellent but à tenter d’atteindre pour nous, chercheurs spirituels, afin de construire petit à petit une relation intime et personnelle avec Lui plus intense et passionnée.

Plus nous nous améliorerons dans cette entreprise et plus nous parviendrons à obtenir rapidement des réponses précises à nos questions, plus nous serons à même de recevoir des conseils pertinents pour suivre au mieux l’exemple du Christ et devenir ainsi de plus en plus dignes de porter Son nom chaque jour passant.

 

Pour bien comprendre tout ce que Jésus-Christ peut apporter dans nos vies, nous devons tout d’abord bien comprendre qui il est. Jusqu'il n'y a pas si longtemps, je considérais Jésus de Nazareth comme un prophète, à l’image de Moïse, d'Élie ou encore de Mahomet. Maintenant, je crois, que dis-je, je sais qu’il est véritablement le Fils de Dieu, ce qui change bien entendu tout sur la vision que l’on peut porter sur le monde, la vie, la philosophie et la religion.

Accepter et reconnaître que Dieu a vraiment envoyé son unique enfant sur cette Terre, non pas simplement pour nous observer et Lui rendre compte de l’immensité de nos travers, mais pour se sacrifier et souffrir dans la chair afin que chacun d’entre nous ait l’opportunité incroyable de se repentir, de se voir pardonné de ses erreurs et de ses péchés et de pouvoir un jour pénétrer en Son royaume est un premier pas vers ce dernier. Une fois cette connaissance acquise et intégrée, c’est alors à nous de montrer que nous méritons de recevoir ce cadeau plus que merveilleux et totalement gratuit qui plus est.

 

Depuis plusieurs millénaires, le Christ et notre Père céleste nous appellent, parfois jour et nuit tant ils nous aiment. Si nous nous trouvons ici maintenant, que nous nous rendons à l’église tous les dimanches ou un peu moins souvent, une fois de temps en temps, peu importe au fond, c’est que nous avons entendu cet appel d’une manière ou d’une autre et que nous y avons répondu. Et il en faut du courage, je ne vous apprends rien, pour laisser ses oreilles et son cœur écouter les doux murmures qu’ils nous envoient directement ou via le Saint-Esprit, les Anges ou tout autre moyen, dans un monde régi presque uniquement par Satan, le maître des illusions qui ne désire que voir nos âmes le servir jusqu’au moment où il n’aura plus besoin d’elles.

Je me souviens de l'une des premières fois où cet appel céleste a retenti au plus profond de moi. C’était vers la mi-mars, il y a plus de vingt ans. J’avais à peine dix-huit ans, ce qui explique sans doute pourquoi j’éprouve tant de tendresse pour nos amis et amies missionnaires qui se retrouvent si jeunes pour la plupart sur la route et sans la moindre expérience ou presque de cette dernière… Il me fallut tout de même quelque temps pour comprendre ce qui m’arrivait exactement, n’ayant reçu de mes parents, paix à leur âme, aucune éducation religieuse. Pour faire court, sachez simplement que je me suis senti envahi, les semaines précédant l’une des expériences mystiques les plus intenses et importantes de mon existence, par une petite voix qui me disait avec insistance qu'il fallait que je parte. Une petite voix, vous vous en doutez, qui s’est vite transformée au fil des jours en un feu intérieur dévorant qui m’empêchait de penser à autre chose. Je menais pourtant une vie plus ou moins normale, calme et tranquille dans mon petit appartement du centre-ville. Partir ? Mais partir où et pourquoi, me demandais-je alors régulièrement ? Je finis toutefois par céder par une sorte de nécessité vitale lorsque le feu se fit bien plus puissant que ma raison et mon esprit. Partir… Je n’avais le choix qu’entre quatre directions, et ce fut le Sud qui l'emporta. Il faut bien comprendre ici qu’il s’agissait pour moi à l’époque d’un véritable grand départ, sans retour probable. Comme au cinéma, j’avais découpé aux ciseaux mes papiers d’identité, mes cartes de banque, abandonné mes clés dans la boîte aux lettres pour le propriétaire pour le jour où il remarquerait que je n’avais plus payé le loyer… Dans les poches, toute ma fortune, à savoir dix ou quinze mille francs, soit trois ou quatre cents euros actuels, qui furent vite épuisés, comme vous pouvez aisément l'imaginer.

Le Sud, donc. D’abord Arlon, puis Luxembourg, puis Thionville, puis Nice, puis Menton. Et ce fut dans une petite ville de Ligurie, Savona, pour ne pas la nommer, que le Seigneur arrêta les Temps, souleva une partie de leur Voile et me montra ce que je devais voir et savoir à ce moment précis, la raison pour laquelle Il m’avait amené là avant que de me faire comprendre qu’il était temps de rentrer chez moi, dans le pays où Il m’avait fait naître.

Tenter de décrire et d’expliquer ce que je vis à cet instant est inutile, comme vous le savez, vous qui avez lu avec foi et attention le Livre de Mormon, puisqu’aucun mot d’aucune langue humaine ne peut généralement traduire avec précision les plus grands mystères et les plus grandes merveilles que Dieu nous réserve. Et qu'Il ne m’a de plus jamais incité à le faire avec grande précision, du moins jusqu’à présent. De toute manière, cela n’a dans l’absolu de valeur que dans le cadre de la Révélation qui m’est personnelle, celle qui me permet aujourd’hui d’affirmer que le Livre de Mormon est vrai, que Joseph Smith est bien un prophète, et que notre Père céleste continue à déverser Sa parole et Ses messages aux créatures que nous sommes afin de nous préparer à ce qui nous attend dans les derniers jours et lors de notre jugement.

Finalement, cette petite aventure aura duré plus ou moins un bon mois. Elle m'a montré et appris quelque chose d'extrêmement important pour nous tous, qui suivons le sentier de la vie avec un cœur pur ou qui désirons le purifier, c'est que le Seigneur est là, à nos côtés, tout le temps, pour nous guider et nous protéger, qu'il a délégué des anges ou d'autres personnes afin qu'ils se placent sur notre route quand nous en avons besoin, que ce soit pour nous proposer un hébergement pour la nuit, s'asseoir à nos côtés, discuter un peu et nous glisser quelques billets dans la poche ou déposer un peu de pain ou une orange sur un banc se trouvant sur notre parcours de la journée.

Vivre de telles expériences ne doit en tout cas avant tout pas nous faire penser que nous sommes exceptionnels, même si nous le sommes bien entendu tous certainement et évidemment encore plus aux yeux de notre Créateur et que les idées qui nous habitent par après nous incitent fortement à le penser, mais plutôt faire naître ou renaître au plus profond de notre être le sentiment que nous ne sommes pas seuls sur ce chemin infini tracé par le Père, débroussaillé par le Fils et fléché par le Saint-Esprit. Car derrière tout manque d’humilité, aussi insignifiant soit-il, se cache au mieux un démon, au pire le Diable lui-même…

 

L’exemple du Christ nous apporte donc entre autres, pour conclure, la certitude que notre vie, aussi pénible soit-elle, mérite vraiment d’être vécue et que nous serons un jour récompensés des efforts et des sacrifices qui nous ont été imposés ou que nous nous sommes imposés pour quelque raison que ce soit, que le chemin est droit et sans détours, et qu’il ne tient qu’à nous de l’emprunter et de le suivre avec persévérance.

 

C’est le discours et le témoignage que je vous transmets aujourd’hui, Frères et Sœurs, au nom sacré du Seigneur Jésus-Christ. Amen.


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