vendredi 19 octobre 2012

LE DAMNÉ



Cela fait bien longtemps
que je ne reconnais
plus les gens

Je vis dans un brouillard
entouré d'ombres
qui me sourient

Le temps qui passe
n'a aucune prise
sur moi

Ma vie est
un manège
qui tourne sans fin

Je vis et revis
inlassablement
les mêmes vicissitudes

Je ne trouve
de repos
nulle part

Même au sein
des couches
les plus moelleuses

Mourir
tout comme aimer
m'est interdit

Mes jours
et mes nuits
sont interminables

La peur et l'angoisse
nouent ma poitrine
à chaque instant

Je mange sans goût
je bois sans soif
sorte de Tantale moderne

Être insignifiant
perdu au milieu
des insignifiants

Je marche sans but
dans des villes
fantomatiques ou surpeuplées

J'arpente les mers
gravis les montagnes
chevauche les continents

Où que je sois
je suis seul
sans savoir pourquoi

Quelles atrocités
ai-je bien pu
commettre

Pour être ainsi
condamné
même le sort

De Prométhée
sur son rocher
me semble enviable

J'espère
un Héraclès
pour chasser

L'aigle assoiffé
qui me tourmente
et briser mes chaînes

En attendant
la course folle
continue

Et m'emporte
vers de nouvelles
souffrances


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