vendredi 10 juillet 2026

GIRL


À Lukas Dhont

Danse danse danse jusqu’au bout de la nuit
Toi qui ne voulais plus être un simple garçon
Ah tu te maquilles mais comment les soupçons
Éviter Changer de quartier d’amis et puis

Les médecins disent de prendre ton ennui
En patience voilà une bonne leçon
Il est des choses qui oui de toute façon
Prennent du temps Danse en attendant ce qui suit

Changer de corps est un luxe peu accordé
Même si de tristes et pauvres attardés
Voudraient t’en empêcher Un jour un jour viendra

Où tu pourras marcher dans la rue tête haute
Laissant dans un vieux sac honte gêne embarras
Oh vas-y maintenant danse ris ris et saute

mardi 7 juillet 2026

LA PUISSANCE DE LA PRIÈRE


Il n’est de force plus grande que la prière
Oui mais réfléchis bien avant de demander
Quoi que ce soit car il n’est point recommandé
De se laisser guider par ses envies primaires

Cette force est immense aujourd’hui comme hier
Oh un homme à genoux face au monde bondé
Est intouchable et ne peut être dénudé
De la moindre force brisé par les chimères

Dieu sonde les cœurs et entend toutes les voix
Qui s’adressent à Lui Toi aussi Il te voit
Quand tu imagines les plus ignobles plans

Pour te faire gravir les sociaux échelons
Un à un accéder tel le royal milan
Aux sphères célestes peuplées des anges blonds

dimanche 5 juillet 2026

UN JOUR AVANT LA FIN DU MONDE


Oh c’est ton dernier jour mais tu ne le sais pas
Le cours de la bourse vient de très fort chuter
Tu dis que tu es prêt à de nouveau lutter
Pour offrir aux enfants un tout simple repas

Alerte à la radio mais tu n’écoutes pas
Tu croises le voisin et tu veux l’insulter
Il s’enfuit en courant en semblant dévasté
Il fait chaud c’est l’été dur d’aligner les pas

Tiens les rues sont vides tiens les rues sont vides
Un mec en costume vert au regard livide
Hurle comme un dément qu’il est temps de prier

Pas besoin de prier quand on peut travailler
Tiens c’est amusant on dirait qu’un deuxième
Soleil est apparu Ce n’est pas ton problème

jeudi 2 juillet 2026

MONSEIGNEUR BIENVENU


Il est des êtres qui changent les existences
Par un simple geste de pure humanité
Faisant bien fi des ors et des difformités
Du corps ou de l’esprit offrant à tous leur chance

Monseigneur Bienvenu vivait dans la constance
Incompris par ses plus proches Calamités
On lui promettait mais c’est sans aménités
Qu’il donnait pardonnait en toute circonstance

Nous pouvons tous sauver du bagne des enfers
Un vieillard un enfant nous avons tous souffert
Au moins une fois ne l’oublions surtout point

Lève la tête quand tu marches dans les rues
Et tu les verras les misérables aux poings
Déchirés au regard plus lourd qu’une charrue

LA SAUDADE


Il est un sentiment ah propre au Portugal
Semblant sourdre au sein de chaque rue de Lisbonne
Ni mélancolie qui aux larmes vous abonne
Ni morosité qui de l’ombre se régale

Non vraiment c’est une sensation sans égale
Oui mêlant tristesse et douceur joie vagabonne
Porte ouverte à toutes les rêveries si bonnes
Quand elle vous assaille oh c’est un plat frugal

Un morceau de morue qui fait bondir le cœur
Le souvenir d’une fille au regard moqueur
Au fond d’un beau village écrasé de soleil

Il te faut la vivre si tu veux la comprendre
Tout comme celui qui n’a jamais vu d’abeille
Ne peut s’imaginer des ruches les méandres

mardi 30 juin 2026

LA LEELA


Tout dans l’univers n’est rien d’autre qu’une danse
Une expression de joie un jeu interminable
Sans début ni fin des dieux indéracinables
Écoute au fond de toi c’est là qu’est la cadence

Quand tu l’as compris c’est vraiment une évidence
Ne pas la suivre oh en devient déraisonnable
Et s’y opposer ah est plus qu’impardonnable
Au grand jamais n’ose en avoir l’outrecuidance

Abandonne-toi donc toi toi et ton ego
Toi et ce que tu crois être toi vil nigaud
Tu es là pour servir les sens du grand Seigneur

Lui qui t’aime d’un si pur amour pur amour
Étant de ton cœur le gardien et le soigneur
Savoure ainsi ce qu’Il te donne et son humour

dimanche 28 juin 2026

SOISSONS


C’est à Soissons que tout a vraiment commencé
Par un beau soir d’été ou un matin d’hiver
Cela nul ne le sait car non aucun trouvère
Ne l’a onc notifié dans ses vers cadencés

Nous laissant pour le moins oh décontenancés
Historiens amateurs dont le seul univers
Est celui des dates un plaisir oui pervers
Quand un peu l’on y songe y avez-vous pensé

C’est à Soissons que le grand ou petit Clovis
A bâti sa légende une nation sans vices
Mais tout cela encore est assez inexact

Quand tout n’est que brume quand tout n’est que poussière
Nos yeux sont voilés par la vile cataracte
Et l’on ne peut être sûr de rien Ah poussière

Nombre total de pages vues