mardi 24 mars 2026

AMPHITRITE


Ô Amphitrite toi qui ceins les océans
De tes bras à la peau si fine si soyeuse
Écoute ce chant à la mélodie joyeuse
Qui de ma gorge monte en un souffle géant

Oh grâce à toi il n’est ni de gouffre béant
Ni aucune vague d’écume pourvoyeuse
Qui puisse nous troubler La mouette rieuse
Crie ton nom tout comme l’albatros bienséant

Quand tu parais sur ton char au large des côtes
Le marin oui sait qu’il pourra la tête haute
Terminer sa journée et retrouver la terre

Les fiers hippocampes tes servants dévoués
Dansent autour de toi tels de durs militaires
Prêts à combattre à tout moment et enjoués

lundi 23 mars 2026

LE PROCÈS DE JÉSUS


Levez-vous accusé levez-vous accusé
Accusé qui n’avez rien à vous reprocher
Levez-vous levez-vous comme un rogue rocher
Qui après la marée croit pouvoir nous ruser

Dans quelques instants les questions vont fuser
Et nous savons que vous misérable nocher
Ne pourrez éviter les écueils décochés
Par nos fins magistrats qu’on ne peut abuser

Levez-vous condamné levez-vous condamné
Vous savez le chemin vous le discipliné
Ah votre Dieu vous a vraiment abandonné

Quelle délectation que de voir le vinaigre
Vous monter jusqu’au nez vous monter jusqu’au nez
Et les clous transpercer vos paumes bien trop maigres

NOLI ME TANGERE


Non ne me retiens pas non ne me retiens pas
Ne pose pas tes mains sur mes si maigres bras
Tu te perdrais et me mettrais dans l’embarras
Non ne me retiens pas non ne me retiens pas

Il est temps pour moi de mener au loin mes pas
De quitter pour toujours le triste humain fatras
Et d’oublier pour de bon tous ces scélérats
Qui m’ont sur une croix cloué pour le trépas

Un jour je reviendrai un jour je reviendrai
Oui et à toutes tes questions je répondrai
Mais il n’est pas venu encor ce moment-là

Tu m’attendras oh je le sais pour ton malheur
Tu vieilliras au fond d’une belle villa
Cœur et seins privés de toute pure chaleur

LE JARDINIER


Je créerai pour toi un jardin luxuriant
Où rien ne manquera jamais où coulera
Un fleuve de miel où vivront en paix cobras
Et mangoustes oui où tout sera vraiment riant

Où l’amour ne sera plus guère contrariant
Encore plus beau oh que ceux de l’Alhambra
Où il n’y aura nul besoin de caméras
Pour la sécurité du ponant à l’orient

Les gens qui vivront là ne connaîtront ni peur
Ni faim ni tracas ni ennui Quelle stupeur
Quel émerveillement quand tu y entreras

Les mondes affreux et anciens tu oublieras
Ils sombreront avec leurs armées de démons
Au fond de l’océan transformés en limon

vendredi 20 mars 2026

CHARMION ET IRAS


Jamais l’on ne vit plus grande fidélité
Que celle des belles Charmion et Iras
Qui ont quitté ce monde avec oh tant de grâce
Choisissant de suivre leur pure déité

Cette reine qui sut avec subtilité
Faire connaître son nom au destin vorace
Dans le vrai inconnu sans aucune cuirasse
Gardant sur leur âme chaste pudicité

Une armée de serpents oui les a assaillies
Mais elles n’ont bronché Des images vieillies
Qui inspirent encore aujourd’hui les artistes

Qu’ils soient peintres sculpteurs ou vulgaires poètes
Semblent surgir du fond d’une pâle améthyste
Semblables au doux chant du plus fier des prophètes

dimanche 15 mars 2026

ACTÉON


Actéon Actéon chantons donc ton doux nom
Un des rares mortels ayant pu voir les charmes
De la belle Artémis Tes yeux se firent larmes
Quand tu compris ce qui t’arrivait sombre ânon

Toi qui tant poursuivais au son des tympanons
Sans aucune pitié tes proies sans nulles armes
Comble de l’ironie ce sont tes chiens d’alarme
Qui te dévorèrent au fond d’un cabanon

Toi devenu muet comme un petit poisson
Métamorphosé en cerf au temps des moissons
C’est du moins ce que nous révèle la légende

Toi qui fus formé par le centaure Chiron
Aux fiers arts de la chasse avec moult réprimandes
Toi dont le tombeau fut le grand mont Cithéron

ATHALIE


Athalie Athalie ô reine usurpatrice
Reine meurtrière qui a baigné de sang
Et d’une idolâtrie sans aucun précédent
Le pays le plus saint du démon la nourrice

Toi qui as laissé tant et tant de cicatrices
Dans le cœur de l’homme je te vois grimaçant
Face au grand prêtre et au peuple irrité grondant
Connaissant tes actes odieux et tes caprices

Invincible tu te pensais et te croyais
Mais Baal a bien ri quand le fatal maillet
De la Justice s’est sur ton crâne écrasé

Oh oui n’espère rien des serments infernaux
Car ils ont un seul prix ton esprit déphasé
Ainsi que ton corps qui rejoindront le fourneau

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