jeudi 26 mars 2026

CHARON


Ô imperturbable nocher toi qui traverses
Depuis la nuit des temps l’infernal Achéron
Quand te reposeras-tu Le son du clairon
Appelle les âmes oh entre deux averses

Auprès de toi qu’elles jamais ne tergiversent
En versant l’obole car tu n’es fanfaron
Ni généreux Payez sans quoi ses avirons
Ne se mettront en branle engeance si perverse

Mais un jour viendra oui où toutes ces pièces
Jetées par-dessus bord ah sans délicatesse
Et avec mépris par cet étrange Charon

Formeront un beau gué permettant de passer
Les pieds presque au sec et sans le moindre affront
D’un côté de l’autre sans peur ni grimacer

mercredi 25 mars 2026

L’ÉTUDIANT PERPÉTUEL


Il est assis là là tout au fond de la classe
Ses cheveux grisonnants attirant l’attention
Des jeunes étudiants Avec la prétention
Qui est celle de leur âge leurs yeux de glace

Le scrutent de haut en bas en gagnant leur place
J’espère ne jamais je n’en ai l’intention
Finir ainsi disent-ils sans prévention
Ce qui le fait sourire et son esprit replace

Oui pourquoi suis-je là oh pourquoi suis-je là
Se demande-t-il en voyant les falbalas
Des filles qui pourraient vraiment être les siennes

C’est dans les livres qu’on trouve la connaissance
Pas dans l’agitation si académicienne
Qui assène sans joie ses tristes ordonnances

mardi 24 mars 2026

AMPHITRITE


Ô Amphitrite toi qui ceins les océans
De tes bras à la peau si fine si soyeuse
Écoute ce chant à la mélodie joyeuse
Qui de ma gorge monte en un souffle géant

Oh grâce à toi il n’est ni de gouffre béant
Ni aucune vague d’écume pourvoyeuse
Qui puisse nous troubler La mouette rieuse
Crie ton nom tout comme l’albatros bienséant

Quand tu parais sur ton char au large des côtes
Le marin oui sait qu’il pourra la tête haute
Terminer sa journée et retrouver la terre

Les fiers hippocampes tes servants dévoués
Dansent autour de toi tels de durs militaires
Prêts à combattre à tout moment et enjoués

lundi 23 mars 2026

LE PROCÈS DE JÉSUS


Levez-vous accusé levez-vous accusé
Accusé qui n’avez rien à vous reprocher
Levez-vous levez-vous comme un rogue rocher
Qui après la marée croit pouvoir nous ruser

Dans quelques instants les questions vont fuser
Et nous savons que vous misérable nocher
Ne pourrez éviter les écueils décochés
Par nos fins magistrats qu’on ne peut abuser

Levez-vous condamné levez-vous condamné
Vous savez le chemin vous le discipliné
Ah votre Dieu vous a vraiment abandonné

Quelle délectation que de voir le vinaigre
Vous monter jusqu’au nez vous monter jusqu’au nez
Et les clous transpercer vos paumes bien trop maigres

NOLI ME TANGERE


Non ne me retiens pas non ne me retiens pas
Ne pose pas tes mains sur mes si maigres bras
Tu te perdrais et me mettrais dans l’embarras
Non ne me retiens pas non ne me retiens pas

Il est temps pour moi de mener au loin mes pas
De quitter pour toujours le triste humain fatras
Et d’oublier pour de bon tous ces scélérats
Qui m’ont sur une croix cloué pour le trépas

Un jour je reviendrai un jour je reviendrai
Oui et à toutes tes questions je répondrai
Mais il n’est pas venu encor ce moment-là

Tu m’attendras oh je le sais pour ton malheur
Tu vieilliras au fond d’une belle villa
Cœur et seins privés de toute pure chaleur

LE JARDINIER


Je créerai pour toi un jardin luxuriant
Où rien ne manquera jamais où coulera
Un fleuve de miel où vivront en paix cobras
Et mangoustes oui où tout sera vraiment riant

Où l’amour ne sera plus guère contrariant
Encore plus beau oh que ceux de l’Alhambra
Où il n’y aura nul besoin de caméras
Pour la sécurité du ponant à l’orient

Les gens qui vivront là ne connaîtront ni peur
Ni faim ni tracas ni ennui Quelle stupeur
Quel émerveillement quand tu y entreras

Les mondes affreux et anciens tu oublieras
Ils sombreront avec leurs armées de démons
Au fond de l’océan transformés en limon

vendredi 20 mars 2026

CHARMION ET IRAS


Jamais l’on ne vit plus grande fidélité
Que celle des belles Charmion et Iras
Qui ont quitté ce monde avec oh tant de grâce
Choisissant de suivre leur pure déité

Cette reine qui sut avec subtilité
Faire connaître son nom au destin vorace
Dans le vrai inconnu sans aucune cuirasse
Gardant sur leur âme chaste pudicité

Une armée de serpents oui les a assaillies
Mais elles n’ont bronché Des images vieillies
Qui inspirent encore aujourd’hui les artistes

Qu’ils soient peintres sculpteurs ou vulgaires poètes
Semblent surgir du fond d’une pâle améthyste
Semblables au doux chant du plus fier des prophètes

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