mercredi 7 janvier 2026

LE SUICIDE DE SÉNÈQUE


Après avoir fâché le divin empereur
Néron Sénèque fut oh prié de mourir
Dignement de sa main propre sans coup férir
Ce qu’il accepta oui sans la moindre terreur

Il s’ouvrit les veines mon Dieu mais quelle horreur
Son sang coula longtemps dit-on venant nourrir
Un peu plus la haine et quelques âmes meurtrir
Le courageux n’ayant commis aucune erreur

Au fond d’une bassine il finit par se taire
Après avoir dicté à tous ses secrétaires
Ses ultimes pensées aujourd’hui oubliées

Quelle étrange façon d’ainsi quitter les siens
Sa femme Paulina sa plus fidèle alliée
Et ses proches amis le rêve stoïcien

NUREMBERG


Il règne à Nuremberg une odeur fort fétide
C’est par le crime qu’ils ont puni d’autres crimes
Sous le couvert de la Loi Ah ces quelques rimes
Ne leur plairont pas mais c’est pourtant bien limpide

Oh c’est ainsi depuis toujours le cœur livide
Des victimes s’est tu sans que Dieu ne s’exprime
Derrière les rires que les vainqueurs compriment
Nulle justice rien que vengeance putride

Décorés déguisés les juges ont parlé
Très fort vindicatifs et le sort fut réglé
Inscrit dans les livres sans aucune objection

Tout qui contesterait cela serait pendu
Sur la place publique avec délectation
Par les simples d’esprit étant si répandus

lundi 5 janvier 2026

ITINÉRAIRE D’UN ENFANT GÂTÉ


À Jean-Paul Belmondo

L’on peut tout posséder et être malheureux
Aussi vrai que chaque homme est seul finalement
Perdu au sein de la mer de ses sentiments
Bercé de nostalgie de rêves vaporeux

Nous croyons tous qu’un jour oh oui un chaleureux
Abri nous trouverons mais c’est égarement
Car la route est devant nos yeux infiniment
Et tenter le destin est vraiment dangereux

Je prie pour toi lecteur d’être plus qu’un artiste
Bien plus qu’un acteur qui ne joue qu’un rôle triste
Car derrière les feux et les flashs c’est le vide

Voici que se dessine une île dans tes songes
La rejoindras-tu en suivant ton cœur avide
D’aventures et de festins pleins de mensonges

dimanche 4 janvier 2026

VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU


À Miloš Forman

Si tu crois retrouver là-bas la liberté
N’aie aucune illusion d’après les infirmiers
Les usurpateurs ne tiennent pas le premier
Mois et supplient qu’ils soient au plus vite écartés

Rendus à leur prison oubliant leur fierté
Et leur amour-propre dont ils sont coutumiers
Pourtant tout en pleurant pour un simple sommier
Bien loin de cet enfer laissant déconcerté

Quelques électrochocs de faible intensité
Les remettent d’un coup de leur simplicité
D’esprit et oh dans le seul pur et droit chemin

Qui choisit un jour le mal doit y faire face
Et doit le regarder sans le voiler des mains
Dans le blanc des yeux tel le grand saint Boniface

ORESTE


Oh reste encore un peu auprès de moi Oreste
Ne laisse pas ton cœur guidé par la vengeance
Te perdre pour toujours Laisse la sombre engeance
Bien s’asphyxier oui de manière preste

Sans sur elle lever la main Pense aux agrestes
Joies de notre enfance et avec quelle obligeance
Mère caressait nos cheveux sans négligence
Je t’en prie ne la tue pas toi mon frère Oreste

Je sais qu’il est trop tard que le destin perfide
Doit ainsi s’accomplir qu’un jour une sylphide
Te prendra par le bras pour que tu nous reviennes

Mais je sais aussi les souffrances qui t’attendent
Quoi que tu fasses je veux que tu te souviennes
De nos temps heureux et que ma voix tu entendes

LES MOUETTES


Ah j’aime regarder les mouettes qui dansent
Sur le fleuve en hiver J’en oublierais presque
Que derrière leurs cris oh et leurs arabesques
C’est la faim et le froid qui dictent la cadence

Leur sort est entre les mains de la providence
Tout autant que le nôtre en cette grande fresque
Qu’est l’existence Comme un ange pittoresque
Chacune d’entre elles semble en la confidence

De tous les secrets de toutes les prophéties
Parfois après de bien pures acrobaties
Elles se posent face à moi tout en silence

Nos regards se croisent oui et nous savourons
L’espace d’un instant la douce nonchalance
Des cœurs qui ont trouvé la paix loin des jurons

L’IVRESSE DE NOÉ


Il a trop bu Noé et il s’est dénudé
Ce qui fit sourire son fils dernier né Cham
Le fourbe s’empressa d’en faire un mélodrame
En montrant son corps à ses frères bien guindés

Qui le recouvrirent d’un manteau échaudés
Par ses sarcasmes Cham fut condamné au dam
Et sa postérité avec lui Oh quel drame
Pour eux eux qui n’étaient point des dévergondés

Ils habitèrent le pays de Canaan
Sans trop se souvenir de cela Leurs cabanes
D’abord de bois brut se firent vite de pierre

Et ils régnèrent sur cette terre de miel
Durant des siècles sans onc plisser les paupières
Non sans vénérer tous les dieux qui sont au ciel

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