lundi 26 janvier 2026

SÉGURANT


Poursuivant un dragon un très grand chevalier
Du nom de Ségurant vécut des aventures
Que nul n’a oubliées Où est sa sépulture
Dans nos mémoires dans nos songes singuliers

Il a franchi les murs d’un château aux geôliers
Pervers et monstrueux sans nulle égratignure
Traversé des flammes composées de sulfure
Sans nulle brûlure sur ses pieds ses souliers

Il n’était point courtois oh du moins pas toujours
Se riait bien des pleurs de ses pauvres amours
Mais il fut pardonné oui par ces jouvencelles

Oh même Lancelot au combat l’évitait
Car il avait dans les yeux la belle étincelle
Qui fait se baisser les regards que l’on se tait

LA PORTE


À Maurice Carême

Dessine une porte sur une blanche toile
Et essaie de l’ouvrir Oh si tu y parviens
Tu auras trouvé le plus grand des secrets Viens
Alors avec nous et regarde les étoiles

Naître danser tomber Viens soulève le voile
Oui et observe donc ces mystères anciens
Dont plus personne de nos jours ne se souvient
Pense aux genoux de ta mère et à ce vieux poêle

Qui apportaient chaleur réconfort à cet autre
Ce drap qui recouvrit le bonheur qui fut vôtre
En des temps aujourd’hui oubliés révolus

Cette blanche toile ce n’est que ton esprit
Tout est possible pour qui n’est point dissolu
Pour qui ose tenter de décrocher les prix

dimanche 25 janvier 2026

LES VENTRES AFFAMÉS


Philippiens 3.19

Dirigés par leur ventre ils vont bien à leur perte
Toutes leurs actions sont pour le moins insensées
Les biens et les plaisirs occupent leurs pensées
Alors qu’ils enchaînent leur conscience déserte

Ils n’écoutent pas leur cœur non ni ses alertes
Ils croient que leur âme ne peut être poussée
Dans les feux infernaux Oh quelle traversée
Douloureuse attend ces marionnettes inertes

Ils ont beau s’affubler de costumes précieux
Autant que grotesques oui la porte des cieux
Ne s’entrouvrira point sans profond changement

Le chemin sera long le chemin sera long
Mais saisis la main que l’on te tend gentiment
Sans la mordre même si elle a l’air de plomb

L’ÉGLISE DE SATAN


À Lars von Trier

L’église de Satan eh oui c’est la nature
Un lieu où la mort est présente en permanence
Le règne du chaos sans nulle prévenance
Si tu te crois plus fort c’est la déconfiture

N’espère pas vaincre face à ses créatures
Tu serais dévoré pour ton impertinence
Que cela soit marqué oh dans ta souvenance
Cela t’évitera bien des mésaventures

Laisse les ombres dans leur terrible royaume
Aiguise ton épée coiffe-toi de ton heaume
Si et seulement si c’est un jour d’ordalie

Laisse les ombres dans leur terrible royaume
Car c’est vraiment leur place et laisse leur folie
Effacer leur raison voilà un bel axiome

LA LÉGENDE DE TCHANTCHÈS


À Jean Bosly

Né entre deux pavés le bien brave Tchantchès
A côtoyé les plus fiers des chevaliers
Et quelques empereurs Il fut un bon allié
Vraiment très apprécié Il adorait les chais

Certes un peu trop mais quand la peur approchait
Il était le dernier à s’enfuir s’oublier
Il n’avait honte de se baisser s’humilier
Devant les simples gens pleins de colifichets

Mauvaise tête esprit frondeur et grand gosier
Son grand cœur d’or était fort souvent extasié
Et savait voir delà les sombres apparences

Souviens-toi de lui quand dans la belle Outremeuse
Tu aiguilles tes pas oui songe à ses souffrances
Lui qui ne supportait l’eau même de la Meuse

vendredi 23 janvier 2026

THE GOODBYE PLACE


À Richard Kelly

Tout au fond d’un placard un jeune enfant s’endort
Un ange vengeur s’est chargé de son destin
Son armure de cuir de flammes et d’étain
Ne peut être brisée comme son épée d’or

La lumière se fait oui dans le corridor
Mais il est bien trop tard son esprit s’est éteint
Et la vie l’a quitté il y a trois matins
Il ne reste plus rien qu’un parfum inodore

Il se raconte qu’il a été emmené
Dans un havre de paix un lieu abandonné
Mais je peine à y croire en humant ce réduit

Il se peut que règne parmi nous la justice
Mais ce que nous voyons d’hier comme d’aujourd’hui
Est loin d’être joyeux oh comme un armistice

mercredi 21 janvier 2026

THE RAINMAKER


Oh d’un simple geste oh d’une simple pensée
Il fait tomber la pluie sans qu’on sache comment
Il est donc maître de tant de joies et tourments
Pour celles et ceux qui tentent les odyssées

Qui cherchent la gloire future ou bien passée
Nul ne peut connaître le lieu ou le moment
Où va se dérouler le grand déferlement
De son divin courroux de sa haine empressée

Que cherche-t-il que veut-il ou quel est son but
Il ne répondra pas pas que ça le rebute
Non mais parce qu’il n’a pas le temps d’expliquer

Ni l’envie de le faire Ayant le seul pouvoir
Et étant sans aucune obstruction abdiquer
Il ne fera jamais il faut le concevoir

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