vendredi 2 octobre 2026

LA SAINTE PAUVRETÉ


Il n’y a rien de plus saint que la pauvreté
Quand elle est choisie bien entendu oui car elle
Est un monstre affreux quand telles des sauterelles
Elle s’abat sur nous avec méchanceté

Oh dans la pauvreté c’est sans naïveté
Que l’on voit le monde les faces noires grêles
Les largesses fausses l’amitié froide frêle
L’amour pur qui est la plus grande rareté

Laisse tes richesses dans un coin oublie-les
Plonge donc dans la boue au loin de tes palais
Et marche dans les pas de tous les miséreux

Assieds-toi dans la rue tends la main tends la main
Et compte les crachats et les dons généreux
Si quelqu’un la saisit suis-le et en chemin

LE DÉSERT DES TARTARES


À Valerio Zurlini

Au milieu du désert les soldats oh attendent
L’ennemi qui ne vient pas non qui ne vient pas
Pourquoi ne vient-il pas pourquoi ne vient-il pas
Je veux être un héros que mon âme se tende

Que s’ouvrent pour moi les portes que se distendent
Les hauts monts empêchant le sang et le trépas
De s’abattre sur nous nous qui marchons au pas
Inlassablement Oui je veux que l’on m’entende

Je veux que les démons écoutent ma prière
Me couvrent de gloire au sein de la poudrière
Que je sois colonel ou bien mieux général

Que de belles statues à ma fière effigie
Soient érigées partout résistant au mistral
À la pluie et au temps Donnez-moi la magie

LE JUIF ERRANT


Pour avoir refusé un instant de repos
Au porteur de la croix un Juif fut condamné
À l’éternelle errance au tumulte effréné
Il fut marqué dans la chair à même la peau

Pas pour qu’on le tue mais pour que tout le troupeau
Nullement n’y touche qu’il soit abandonné
Rejeté de partout que les rats déchaînés
Le chassent de leur trou rongeant ses oripeaux

Peut-être croiserez-vous son abject chemin
Surtout abstenez-vous de lui tendre la main
Car vous seriez alors vous aussi réprouvé

Son calvaire prendra pourtant bien un jour fin
Car notre Seigneur veut voir le Diable privé
De son festin d’âmes le voir gémir de faim

mercredi 30 septembre 2026

LE MURMURE DES ÉTOILES


Entends-tu le murmure étouffé des étoiles
Résonner dans ton doux sommeil ton doux sommeil
C’est un souffle discret enrobé de vermeil
Telle une armure pour un chevalier de toile

C’est le crépitement du feu au fond d’un poêle
Auquel tu ne prêtes nul égard le soleil
Qui te maintient en vie celui qui te réveille
Mais que tu ignores tout au fond de ta moelle

Non tu ne l’entends pas car tu ne le mérites
C’est un don du ciel réservé aux élites
Car il contient en lui les plus anciens secrets

Les secrets sur lesquels repose l’Univers
Et les remettre en de mauvaises mains serait
Criminel Et pourtant ils sont là dans ces vers

ZACHÉE


Tout le monde riait du si petit Zachée
Perché dans son arbre pour entrevoir Jésus
Le Maître s’arrêta pourtant disant Salut
Laissant la plupart des gens fort estomaqués

Comment un tel traître digne d’un bal masqué
Pourrait-il accueillir le plus grand des élus
Dans sa riche demeure aux murs point vermoulus
Certes mais dorés grâce aux impôts escroqués

Le Seigneur n’était pas venu sur cette terre
Pour ceux qui méritaient d’être dépositaires
De la moralité mais pour les plus perdus

Pour les plus perdus qui coupables repentants
Étaient prêts à franchir des pas le plus ardu
Tel était son rôle et c’était réconfortant

LE VOILE DE MAYA


Quand se lèvera-t-il le voile de Maya
Le voile de Maya qui recouvre tes yeux
D’illusion d’ignorance un filtre fort affreux
Troublant ton bel esprit déchaînant sa furia

Car tu es bien perdu errant comme un paria
Dans le vaste monde d’un air cadavéreux
Sans t’en rendre compte en étant même joyeux
Je suis triste pour toi mieux vaut la malaria

Tu crois être maître tu n’es qu’un serviteur
Tu crois tenir les fils oh tu n’es qu’un acteur
Un acteur maléfique et très peu perspicace

Tu cours à ta perte les démons rient de toi
Tu es leur idiot tu es leur jolie bécasse
Déchire le voile et enfin réveille-toi

mercredi 23 septembre 2026

PERSÉPHONE


Ô toi qui règnes sur les Enfers ténébreux
Fille du saint Zeus de la sainte Déméter
Qui au printemps reviens faire fleurir la terre
Écoute donc mes chants eux qui sont si nombreux

Emporte-les prends-les dans le monde scabreux
Pour égayer cette longue nuit solitaire
Aux côtés d’Hadès ce dieu autoritaire
Qui te prit pour femme en son pays si ombreux

Je te sais mon amie car tu aimais mes jeux
Dans l’univers neigeux dans l’univers neigeux
Qui était le jardin de ma plus tendre enfance

Tu me regardais de tes immenses yeux
Alors que je courais nu sans nulle défense
Parmi les rennes et les ours blancs impérieux

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