jeudi 8 janvier 2026

PETER KÜRTEN


Quelle épopée nous a fait vivre ce Kürten
Oh mais une épopée sanglante et meurtrière
Qui fait encor trembler au sein de nos chaumières
Il nous nargua ainsi en pur croquemitaine

Des soirs des mois des ans déchirant l’abdomen
De ses proies avec sa malice coutumière
Et grande perversion Mais un jour la lumière
Se fit en l’esprit d’un valeureux capitaine

Qui le confondit le mena à l’échafaud
Où la Mort l’étêta de sa très noble faux
Ce démon s’en moquait continuant à rire

Car il savait oui il savait qu’on parlerait
Toujours aujourd’hui de lui que j’allais écrire
Ces quelques lignes sans même le faire exprès

HYMNE À LA NUIT


À Novalis

Ô belle et grande nuit je sais que tu m’attends
Tout comme tu attends tous nos frères humains
Au détour d’un songe oh au détour d’un chemin
Dans un nuage à la fois sombre et éclatant

Je pense à Sophie qui éclaira ta vie tant
Toi jeune poète aux joues et au teint carmin
Toi qui versas sur sa bouche au goût de jasmin
Tant de larmes et tant de baisers haletants

Ô douce nuit qui nous enveloppe avec soin
Quand la raison s’endort je me sens le besoin
De te rendre hommage en ces quelques pauvres vers

En espérant bien sûr que tu les entendras
Par un beau soir d’hiver par un beau soir d’hiver
Quand le tumulte se taira oui s’éteindra

mercredi 7 janvier 2026

LE SUICIDE DE SÉNÈQUE


Après avoir fâché le divin empereur
Néron Sénèque fut oh prié de mourir
Dignement de sa main propre sans coup férir
Ce qu’il accepta oui sans la moindre terreur

Il s’ouvrit les veines mon Dieu mais quelle horreur
Son sang coula longtemps dit-on venant nourrir
Un peu plus la haine et quelques âmes meurtrir
Le courageux n’ayant commis aucune erreur

Au fond d’une bassine il finit par se taire
Après avoir dicté à tous ses secrétaires
Ses ultimes pensées aujourd’hui oubliées

Quelle étrange façon d’ainsi quitter les siens
Sa femme Paulina sa plus fidèle alliée
Et ses proches amis le rêve stoïcien

NUREMBERG


Il règne à Nuremberg une odeur fort fétide
C’est par le crime qu’ils ont puni d’autres crimes
Sous le couvert de la Loi Ah ces quelques rimes
Ne leur plairont pas mais c’est pourtant bien limpide

Oh c’est ainsi depuis toujours le cœur livide
Des victimes s’est tu sans que Dieu ne s’exprime
Derrière les rires que les vainqueurs compriment
Nulle justice rien que vengeance putride

Décorés déguisés les juges ont parlé
Très fort vindicatifs et le sort fut réglé
Inscrit dans les livres sans aucune objection

Tout qui contesterait cela serait pendu
Sur la place publique avec délectation
Par les simples d’esprit étant si répandus

lundi 5 janvier 2026

ITINÉRAIRE D’UN ENFANT GÂTÉ


À Jean-Paul Belmondo

L’on peut tout posséder et être malheureux
Aussi vrai que chaque homme est seul finalement
Perdu au sein de la mer de ses sentiments
Bercé de nostalgie de rêves vaporeux

Nous croyons tous qu’un jour oh oui un chaleureux
Abri nous trouverons mais c’est égarement
Car la route est devant nos yeux infiniment
Et tenter le destin est vraiment dangereux

Je prie pour toi lecteur d’être plus qu’un artiste
Bien plus qu’un acteur qui ne joue qu’un rôle triste
Car derrière les feux et les flashs c’est le vide

Voici que se dessine une île dans tes songes
La rejoindras-tu en suivant ton cœur avide
D’aventures et de festins pleins de mensonges

dimanche 4 janvier 2026

VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU


À Miloš Forman

Si tu crois retrouver là-bas la liberté
N’aie aucune illusion d’après les infirmiers
Les usurpateurs ne tiennent pas le premier
Mois et supplient qu’ils soient au plus vite écartés

Rendus à leur prison oubliant leur fierté
Et leur amour-propre dont ils sont coutumiers
Pourtant tout en pleurant pour un simple sommier
Bien loin de cet enfer laissant déconcerté

Quelques électrochocs de faible intensité
Les remettent d’un coup de leur simplicité
D’esprit et oh dans le seul pur et droit chemin

Qui choisit un jour le mal doit y faire face
Et doit le regarder sans le voiler des mains
Dans le blanc des yeux tel le grand saint Boniface

ORESTE


Oh reste encore un peu auprès de moi Oreste
Ne laisse pas ton cœur guidé par la vengeance
Te perdre pour toujours Laisse la sombre engeance
Bien s’asphyxier oui de manière preste

Sans sur elle lever la main Pense aux agrestes
Joies de notre enfance et avec quelle obligeance
Mère caressait nos cheveux sans négligence
Je t’en prie ne la tue pas toi mon frère Oreste

Je sais qu’il est trop tard que le destin perfide
Doit ainsi s’accomplir qu’un jour une sylphide
Te prendra par le bras pour que tu nous reviennes

Mais je sais aussi les souffrances qui t’attendent
Quoi que tu fasses je veux que tu te souviennes
De nos temps heureux et que ma voix tu entendes

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