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mercredi 21 janvier 2026

THE RAINMAKER


Oh d’un simple geste oh d’une simple pensée
Il fait tomber la pluie sans qu’on sache comment
Il est donc maître de tant de joies et tourments
Pour celles et ceux qui tentent les odyssées

Qui cherchent la gloire future ou bien passée
Nul ne peut connaître le lieu ou le moment
Où va se dérouler le grand déferlement
De son divin courroux de sa haine empressée

Que cherche-t-il que veut-il ou quel est son but
Il ne répondra pas pas que ça le rebute
Non mais parce qu’il n’a pas le temps d’expliquer

Ni l’envie de le faire Ayant le seul pouvoir
Et étant sans aucune obstruction abdiquer
Il ne fera jamais il faut le concevoir

PETITE MARIE


À Francis Cabrel

Ô Marie femme des hommes qui n’en ont pas
Tu verses sur nos cœurs tant de joies tant de roses
Pour nous sortir de la tristesse la névrose
Qu’il nous faut t’honorer oui jusques au trépas

Tu nous offres chaque jour de si bons repas
Qu’avec de si bons vins patiemment tu arroses
Sans jamais provoquer la moindre couperose
Et tu nous fais rêver sans dévoiler d’appas

Un vieil arbre tordu au fond de la campagne
Oh peut faire pleurer qui boit trop de champagne
Mais tu surgis alors pour le réconforter

Ton amour est si grand que même l’océan
Ne pourrait le noyer que le feu emporté
Par Énée ne pourrait le brûler méchamment

mardi 20 janvier 2026

UN COLLIER DE TUBÉREUSES


Ah mais quel plaisir que d’être accueilli ainsi
Par un collier de fleurs oh oui de tubéreuses
Au si doux parfum et par quelques chaleureuses
Étreintes vous laissant l’esprit fort adouci

Et ne laissant aucun cœur triste ou endurci
Ne sois point ingrat face à cette plantureuse
Amitié laisse-toi porter par la fiévreuse
Ivresse que l’on t’offre et dis aussi merci

Peut-être n’ont-ils pas d’argent ou de richesses
Mais ils te tendent ce collier avec noblesse
Sans arrière-pensées sans rien te demander

Si tu ne respecte pas ou ne comprends pas
Cela tu es perdu l’on peut te commander
De baisser les armes en réglant ton compas

lundi 19 janvier 2026

LE JUGE ET L’ASSASSIN


À Bertrand Tavernier

Ô toi qui crois que tout le monde peut changer
As-tu déjà croisé oh le mal absolu
Oui celui qui naît dans les esprits dissolus
Et les esprits faibles ignorant ses dangers

Pouvant à la fois Dieu et diable louanger
L’on en vient à douter tels des irrésolus
De leur entendement pourtant bien vermoulu
Trimardeurs chemineaux marginaux étrangers

Nul ne pourra jamais voir tout ce qu’ils ont vu
Ni comprendre de ce dont ils sont dépourvus
Méfie-toi des chemins et de leurs carrefours

C’est là qu’ils t’attendent dans le plus grand des calmes
Comme un bon boulanger assis près de son four
Comme des assassins qui attendent leurs palmes

dimanche 18 janvier 2026

LES FESTINS DE SATURNE


Jupiter estime-toi heureux de n’avoir
Pas été dévoré par ton père Saturne
Lui qui était d’humeur pour le moins taciturne
Depuis les oracles qu’il lui fallait savoir

Bien difficile pour nous de le concevoir
Mais il y croyait dur comme fer Sa nocturne
Compagne ta mère parvint par le Vulturne
Guidée à le tromper sans qu’il puisse prévoir

Tu réussis plus tard à lui faire cracher
Tes frères et sœurs Par la revanche alléchés
Vous le détrônèrent et gagnèrent la guerre

Pour établir votre règne Oh quelle grandeur
Chantée oui par tous les poètes de naguère
Dont je me veux ici le piètre ambassadeur

samedi 17 janvier 2026

LE VASE D’ALBÂTRE


Une pécheresse s’approcha un beau jour
Du plus grand des seigneurs pour lui laver les pieds
Sans aucune forme de triste inimitié
Les arrosant de ses larmes cherchant secours

Pour sa repentance Lui qui n’était qu’amour
Ne la repoussa point ayant d’elle pitié
Et fit la leçon à Simon qui la châtier
Désirait honteux oh de la voir dans sa cour

Le parfum qui dormait dans son vase d’albâtre
Réchauffa les cœurs et cette femme opiniâtre
Dont nul ne connaît le nom fut emplie de joie

Quand le brave Jésus pardonna ses péchés
Quand elle sut qu’elle ne serait plus la proie
De l’ignoble démon par les peurs alléché

lundi 12 janvier 2026

LA HAINE


"La haine, c’est la colère des faibles."
Alphonse Daudet

Il est un sentiment qui assèche les cœurs
Oh aussi sûrement que le soleil craquèle
La peau et les esprits Il n’est point sans séquelles
Et qui le défie n’en sortira point vainqueur

La haine la haine n’est qu’un vil arnaqueur
Qui te fait croire fort un puits au fond duquel
Il n’y a jamais d’eau elle vous ensorcèle
Vous fait perdre raison dans un rire moqueur

Elle a poussé tant de nos frères à commettre
Tant d’irréparables erreurs devenant maître
De toutes leurs actions de toutes leurs pensées

Que tu haïsses ou l’ami ou l’ennemi
C’est du pareil au même un brin une pincée
Tu es à elle pour toujours pas à demi

L’ADOUBEMENT


Je me souviens du jour de mon adoubement
J’ai posé le genou en terre face à Dieu
Et ses serviteurs et un sourire radieux
A illuminé mon âme un déferlement

Avec sérieux je me suis levé purement
Conscient de la tâche et du rôle point odieux
Qui m’attendaient Un son pour le moins mélodieux
S’est alors élevé un retentissement

Oh ai-je été digne de cet honneur insigne
J’ose l’espérer oui car aucun trompeur signe
N’est venu ombrager ma blanche conscience

Durant ces années le démon a bien tenté
De me salir avec beaucoup de répugnance
Mais son zèle ne fut qu’un échec patenté

LES VESTALES


Pures comme la neige ardentes comme un feu
Les vestales dansent pour élever nos âmes
Pour nous éviter bien des tracas et des blâmes
Leur peau est si douce et leurs cheveux si soyeux

Qu’un simple frôlement peut nous rendre joyeux
Pour dix longues années en avivant les flammes
D’un désir cristallin et chaste qui proclame
Notre foi en le Très-Haut aux yeux mystérieux

Prie pour les rencontrer tu seras exaucé
Malheur à toi si tu devais les offenser
Car leur colère te poursuivrait pour toujours

Accepte leurs jeux ces filles de la déesse
En illumineront avec grâce tes jours
Oui fais donc preuve de courage de hardiesse

dimanche 11 janvier 2026

THANATOS


Le jumeau d’Hypnos nous tenant oui par la main
Nous pilote sur la route vers le final
But ce qui doit être en somme le terminal
Ah s’endormir en paix à l’ombre d’un chemin

Se perdre en un rêve sans fin sans lendemain
Entouré d’un voile pur net et virginal
Comme un voilier ancré tout au bord d’un chenal
Ne pensant plus à la mer aux reflets carmin

Thanatos prends une mèche de mes cheveux
Offre-la à Hadès dont l’esprit est nerveux
Et imprévisible pour que je me repose

Déploie tes ailes pour me porter oh là-bas
Comme une goutte de rosée qui se dépose
Sur un pétale de rose Oh là-bas là-bas

L’EMPYRÉE


Bienheureux celui qui peut gagner l’empyrée
Et y purifier son âme en ses feux ardents
Oh après une vie parsemée d’incidents
Dans les confins glacials de l’onde hyperborée

Très fort ballottée par d’innombrables marées
Méprisé raillé par le monde décadent
Depuis toujours grondant jamais accommodant
Oui heureux ce héros aux ailes empourprées

Heureux ce héros qui a su briser ses chaînes
Au fil de l’épée face aux plus antiques chênes
Arbres sacrés témoins de la gloire des âges

Heureux ce sage qui a laissé ses pensées
Naître et se fortifier au sein d’un ermitage
Tout comme les vers saints d’une grande odyssée

L’ANTRE DE LA FOLIE


Il est tout au fond de tes plus vieux souvenirs
Une image qui peut réveiller ta folie
Et te mener en son antre une anomalie
Semblant insignifiante un démon à honnir

À tout moment il peut surgir sans prévenir
Avec ses armes et toute sa panoplie
Pour te dévorer l’âme oh jusques à la lie
Effaçant tout espoir oui d’un bel avenir

Bien peu nombreux sont ceux pouvant lui échapper
Quand ses crocs acérés veulent vous écharper
Vous mettre en pièces vous priver de la raison

Seuls les plus courageux et les plus combatifs
Parviennent à sauver leur honneur leur blason
Face à cette fureur aveuglant les chétifs

samedi 10 janvier 2026

BODY BAG


Ah ils s’imaginent les honneurs et la gloire
Mais c’est dans un body bag oh qu’ils finiront
Ces pauvres fous qui à la guerre s’en iront
Pour délivrer le monde et écrire l’Histoire

C’est ainsi depuis la nuit des temps la mémoire
De nos ancêtres morts sans raison sur le front
Étant là pour nous le rappeler Les poltrons
En cauchemarderont décrochant leur mâchoire

Et les preux fonceront la tête la première
Tout en le sachant eux qui cherchent la lumière
Et qui croient que l’horreur oui a vraiment un sens

Je les vois déjà en train de fanfaronner
Après la victoire fiers de leur puissance
Alors que seule la chance a tout façonné

jeudi 8 janvier 2026

PETER KÜRTEN


Quelle épopée nous a fait vivre ce Kürten
Oh mais une épopée sanglante et meurtrière
Qui fait encor trembler au sein de nos chaumières
Il nous nargua ainsi en pur croquemitaine

Des soirs des mois des ans déchirant l’abdomen
De ses proies avec sa malice coutumière
Et grande perversion Mais un jour la lumière
Se fit en l’esprit d’un valeureux capitaine

Qui le confondit le mena à l’échafaud
Où la Mort l’étêta de sa très noble faux
Ce démon s’en moquait continuant à rire

Car il savait oui il savait qu’on parlerait
Toujours aujourd’hui de lui que j’allais écrire
Ces quelques lignes sans même le faire exprès

HYMNE À LA NUIT


À Novalis

Ô belle et grande nuit je sais que tu m’attends
Tout comme tu attends tous nos frères humains
Au détour d’un songe oh au détour d’un chemin
Dans un nuage à la fois sombre et éclatant

Je pense à Sophie qui éclaira ta vie tant
Toi jeune poète aux joues et au teint carmin
Toi qui versas sur sa bouche au goût de jasmin
Tant de larmes et tant de baisers haletants

Ô douce nuit qui nous enveloppe avec soin
Quand la raison s’endort je me sens le besoin
De te rendre hommage en ces quelques pauvres vers

En espérant bien sûr que tu les entendras
Par un beau soir d’hiver par un beau soir d’hiver
Quand le tumulte se taira oui s’éteindra

mercredi 7 janvier 2026

LE SUICIDE DE SÉNÈQUE


Après avoir fâché le divin empereur
Néron Sénèque fut oh prié de mourir
Dignement de sa main propre sans coup férir
Ce qu’il accepta oui sans la moindre terreur

Il s’ouvrit les veines mon Dieu mais quelle horreur
Son sang coula longtemps dit-on venant nourrir
Un peu plus la haine et quelques âmes meurtrir
Le courageux n’ayant commis aucune erreur

Au fond d’une bassine il finit par se taire
Après avoir dicté à tous ses secrétaires
Ses ultimes pensées aujourd’hui oubliées

Quelle étrange façon d’ainsi quitter les siens
Sa femme Paulina sa plus fidèle alliée
Et ses proches amis le rêve stoïcien

NUREMBERG


Il règne à Nuremberg une odeur fort fétide
C’est par le crime qu’ils ont puni d’autres crimes
Sous le couvert de la Loi Ah ces quelques rimes
Ne leur plairont pas mais c’est pourtant bien limpide

Oh c’est ainsi depuis toujours le cœur livide
Des victimes s’est tu sans que Dieu ne s’exprime
Derrière les rires que les vainqueurs compriment
Nulle justice rien que vengeance putride

Décorés déguisés les juges ont parlé
Très fort vindicatifs et le sort fut réglé
Inscrit dans les livres sans aucune objection

Tout qui contesterait cela serait pendu
Sur la place publique avec délectation
Par les simples d’esprit étant si répandus

lundi 5 janvier 2026

ITINÉRAIRE D’UN ENFANT GÂTÉ


À Jean-Paul Belmondo

L’on peut tout posséder et être malheureux
Aussi vrai que chaque homme est seul finalement
Perdu au sein de la mer de ses sentiments
Bercé de nostalgie de rêves vaporeux

Nous croyons tous qu’un jour oh oui un chaleureux
Abri nous trouverons mais c’est égarement
Car la route est devant nos yeux infiniment
Et tenter le destin est vraiment dangereux

Je prie pour toi lecteur d’être plus qu’un artiste
Bien plus qu’un acteur qui ne joue qu’un rôle triste
Car derrière les feux et les flashs c’est le vide

Voici que se dessine une île dans tes songes
La rejoindras-tu en suivant ton cœur avide
D’aventures et de festins pleins de mensonges

dimanche 4 janvier 2026

VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU


À Miloš Forman

Si tu crois retrouver là-bas la liberté
N’aie aucune illusion d’après les infirmiers
Les usurpateurs ne tiennent pas le premier
Mois et supplient qu’ils soient au plus vite écartés

Rendus à leur prison oubliant leur fierté
Et leur amour-propre dont ils sont coutumiers
Pourtant tout en pleurant pour un simple sommier
Bien loin de cet enfer laissant déconcerté

Quelques électrochocs de faible intensité
Les remettent d’un coup de leur simplicité
D’esprit et oh dans le seul pur et droit chemin

Qui choisit un jour le mal doit y faire face
Et doit le regarder sans le voiler des mains
Dans le blanc des yeux tel le grand saint Boniface

ORESTE


Oh reste encore un peu auprès de moi Oreste
Ne laisse pas ton cœur guidé par la vengeance
Te perdre pour toujours Laisse la sombre engeance
Bien s’asphyxier oui de manière preste

Sans sur elle lever la main Pense aux agrestes
Joies de notre enfance et avec quelle obligeance
Mère caressait nos cheveux sans négligence
Je t’en prie ne la tue pas toi mon frère Oreste

Je sais qu’il est trop tard que le destin perfide
Doit ainsi s’accomplir qu’un jour une sylphide
Te prendra par le bras pour que tu nous reviennes

Mais je sais aussi les souffrances qui t’attendent
Quoi que tu fasses je veux que tu te souviennes
De nos temps heureux et que ma voix tu entendes

LES MOUETTES


Ah j’aime regarder les mouettes qui dansent
Sur le fleuve en hiver J’en oublierais presque
Que derrière leurs cris oh et leurs arabesques
C’est la faim et le froid qui dictent la cadence

Leur sort est entre les mains de la providence
Tout autant que le nôtre en cette grande fresque
Qu’est l’existence Comme un ange pittoresque
Chacune d’entre elles semble en la confidence

De tous les secrets de toutes les prophéties
Parfois après de bien pures acrobaties
Elles se posent face à moi tout en silence

Nos regards se croisent oui et nous savourons
L’espace d’un instant la douce nonchalance
Des cœurs qui ont trouvé la paix loin des jurons

L’IVRESSE DE NOÉ


Il a trop bu Noé et il s’est dénudé
Ce qui fit sourire son fils dernier né Cham
Le fourbe s’empressa d’en faire un mélodrame
En montrant son corps à ses frères bien guindés

Qui le recouvrirent d’un manteau échaudés
Par ses sarcasmes Cham fut condamné au dam
Et sa postérité avec lui Oh quel drame
Pour eux eux qui n’étaient point des dévergondés

Ils habitèrent le pays de Canaan
Sans trop se souvenir de cela Leurs cabanes
D’abord de bois brut se firent vite de pierre

Et ils régnèrent sur cette terre de miel
Durant des siècles sans onc plisser les paupières
Non sans vénérer tous les dieux qui sont au ciel

jeudi 1 janvier 2026

L’HÔTEL OVERLOOK


Encore un peu de place à l’Overlook Hotel
Pour les âmes perdues pour les âmes damnées
Oui toujours place pour de nouvelles fournées
Tu es le bienvenu sombre et triste mortel

Je t’invite à marcher vers ce très bel autel
Cet écrin au milieu de tes peurs surannées
Pour y célébrer ah la fin de tes années
Il t’attend ce n’est point vraiment accidentel

Il t’appelle du fond de ses monts enneigés
Son esprit est puissant terrible et enragé
Viens apaiser sa faim il t’attend Il t’attend

Tu vivras une fête éternelle en son sein
Une formalité un défi palpitant
Pour y goûter faire de toi un assassin

LE SACRIFICE


À Andreï Tarkovski

Une maison qui brûle et c’est la fin de tout
Quand la raison s’envole oh plus aucun espoir
C’est comme une étoile s’éteignant dans le soir
Comme un joueur qui sait qu’en sa main plus d’atout

Le monde est malade et une quinte de toux
Peut emporter la vie comme une balançoire
Regarde au loin voici la grande rôtissoire
Et ses feux dévorants qui brillent de partout

Un arbre mort peut-il retrouver la vigueur
Alors qu’un très puissant et funeste élagueur
S’est attaqué à lui le laissant sans défense

Un enfant grandira-t-il mieux loin de son père
Vraiment comprendra-t-il son sacrifice immense
Qu’il a sauvé ainsi le genre humain J’espère