Si aujourd’hui l’on se souvient de cette guerre
Ce n’est pas grâce à ceux qui furent combattants
Dans l’un ou l’autre camp mais grâce aux exaltants
Vers d’un poète aveugle apparemment vulgaire
Sans lui l’on ne saurait rien non de ces deux frères
De sang royal qui ont fiers et impénitents
Causé la mort de tant de pauvres habitants
De la sainte Ilion qui dirait donc le contraire
Ils sont des milliers à périr chaque jour
Sans aucune raison au vil son des tambours
Et nul ne s’en soucie et nul ne s’en soucie
Et ce ne sont pas ces quelques modestes lignes
Qui vont changer quoi que ce soit dans l’inertie
Des cœurs et de ce monde aux fragrances malignes